mardi 11 mai 2021

 LE RESPECT DE LA QUALITÉ ESTHÉTIQUE DES PAYSAGES

Je ne suis pas un défenseur acharné des éoliennes ni des panneaux photovoltaïques, mais j'ai trouvé très pertinente l'opinion de Mathieu Bernard, rapportée par le journal Sud-Ouest Dimanche du 9 mai 2021, qui prétend, bien que cela ne soit pas dénué de manque d'objectivité, car il est le délégué régional de France Énergie Éolienne, que "l'atteinte aux paysages est une subjectivité".

Comment aménager le territoire sans attenter aux paysages ? On peut considérer que la première habitation a défiguré le paysage, c'était pourtant un exploit. N'oublions pas que la Tour Eiffel devait être démolie et qu'elle est devenue un haut lieu touristique, que l'on s'extasie sur le viaduc de Garabit dont on peut considérer qu'il a défiguré les gorges de la Tuyère, que des moulins à vent hollandais que l'on admire rompent l'horizontalité des paysages de polders et enfin que nous supportons ces affreux pylônes qui qui enlaidissent nos campagnes pour nous permettre de disposer de l'électricité.

Il faut savoir ce que l'on veut, l'éolienne est en soi un bel objet, un mat élégant de 200m, des pales harmonieuses de 70m sont certainement plus agréables à regarder que des hectares de panneaux photovoltaïques alors que l'un comme l'autre sont indispensables, en l'état actuel de nos connaissances, pour exploiter les énergies renouvelables en attendant que la recherche nous permette, peut-être, de nous affranchir de telles atteintes aux paysages, pour que nous puissions conserver la qualité de vie à laquelle la majorité d'entre nous semble attachée. 

N'a-t-on pas trop tendance, du point de vue culturel, à nous extasier sur l'inutile, comme de magnifiques tableaux et sculptures, ou sur ce qui revêt un caractère de dévotion comme les pyramides ou les cathédrales, et de critiquer les efforts qui sont faits pour rendre acceptable ce qui devient indispensable à l'amélioration de l'aspect matériel de notre qualité de vie ?

 LA GAUCHE SE RÉVEILLE ...AUX ÉTATS-UNIS

Depuis que les électeurs de gauche attendent en France que leurs représentants se fédèrent pour présenter un projet crédible, qui aurait pu croire qu'un candidat de 78 ans aurait pu aux États-Unis amener les démocrates, et plus encore un souffle de gauche, au pouvoir. Car, c'est bien de cela qu'il s'agit, Joe Biden, réputé candidat démocrate "centriste", ose s'inspirer des idées de Bernie Sanders, pour proposer une augmentation de la fiscalité pour les plus riches, taxer les entreprises qui rêvent de s'installer dans les paradis fiscaux, et proposer de libérer les vaccins anti covid de la propriété industrielle des laboratoires pharmaceutiques.

En France, les électeurs de gauche attendent toujours une personnalité capable de fédérer "les gauches". Les idées ne manquent pas, Pierre Larroutouru avec "Nouvelle Donne", Raphaël Glucksmann avec "Place Publique" ou Benoît Hamon avec "Génération's", mais le charisme indispensable à tout fédérateur leur manque. Ce charisme dont dispose Jean-Luc Mélenchon, mais ses nombreux dérapages vers des positions extrêmes l'empêchent d'être un véritable leader de toutes les gauches. Les propositions des intellectuels ne manquent pas non plus, les économistes comme Thomas Piketty ou Esther Duflo ou les philosophes comme Cynthia Fleury attendent qu'on les sollicitent.                                                                                             Faudrait-il alors aller chercher Lionel Jospin (83 ans) ou Martine Aubry (71 ans) qui sont les derniers avec les 35 heures hebdomadaires, à avoir porté une réforme de gauche ?

dimanche 9 mai 2021

 L'IMPRUDENT XAVIER BERTRAND

En se déclarant le premier candidat de la droite, ancien LR, à l'élection présidentielle, pour couper l'herbe sous les pieds des candidats potentiels de son ancien parti, Xavier Bertrand n'avait pas pris conscience qu'il deviendrait ainsi le plus exposé à ses opposants, notamment à Emmanuel Macron.

Comble de malchance, un sondage a montré que s'il était présent au second tour de l'élection présidentielle, Xavier Bertrand serait le meilleur rempart contre Marine Le Pen.

Il n'en fallait pas plus pour qu'Emmanuel Macron craigne que, dès le premier tour de l'élection, quelques gens de gauche déprimés et quelques centristes apportent leur suffrage à Xavier Bertrand, pour à la fois empêcher Marine Le Pen d'accéder au pouvoir et lui d'accomplir un second mandat.

La réaction du Président a été vive, il a demandé à Eric Dupond-Moretti, celui que l'on qualifie de "jambe gauche du Président", d'affronter Xavier Bertrand lors du scrutin régional pour tenter de lui faire perdre la région Hauts de France et de ce fait l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle comme il s'y est engagé s'il est battu à ce scrutin.

Pour LREM la lutte contre le RN est donc à géométrie variable. Les stratégies employées en Hauts de France et en PACA ne se ressemblent guère. On peut parier, sans grand risque de perdre, que si Renaud Muselier avait été candidat à l'élection présidentielle, l'accord LR/LREM ne se serait pas fait en PACA. 

 LA DROITE SE RECOMPOSE, LA GAUCHE SE DÉCOMPOSE

Ce qui se passe en PACA par la volonté de Renaud Muselier est très important. Sous la pression d'un RN puissant, Renaud Muselier passe une alliance avec LREM pour tenter de rester à la tête de sa région. En France le RN n'est pas aussi puissant qu'en Région PACA, mais si en 2022 le LR n'était pas présent au second tour de l'élection présidentielle, il pourrait se faire que le schéma que nous connaissons actuellement en PACA devienne national et que les plus modérés des LR rejoignent LREM, les plus radicaux le RN et qu'il ne reste au LR que quelques fidèles à ce qui reste des idées de l'ancien RPR.

Ces conditions feraient que la gauche, si elle était unie, représenterait alors une troisième force politique non négligeable. Mais il est fort probable que  ce ne soit pas le cas, car comment envisager sereinement l'union de toutes les forces de gauche lorsque l'on connait l'égo surdéveloppé du leader de LFI, qui n'envisage une union de la gauche que s'il en est à la tête, et la radicalité de bon nombre d'écologistes.

Alors dans ces conditions que restera-t-il comme option pour les électeurs de gauche souhaitant une union qu'ils n'auront pas connue ? Ils pourront soit s'abstenir, soit exprimer leur choix pour l'une des deux droites: ou la droite la plus modérée mondialiste, ou la droite la plus extrême souverainiste.

Ces électeurs voudront-ils éviter le pire ou vivre les années que les États-Unis ont connu sous Donald Trump en espérant que cet épisode réveillerait les consciences ?

vendredi 7 mai 2021

 3 MAI, EST-CE LE DÉBUT D'UNE CRISE DE FOLIE ?

Après plus d'un an de contraintes difficiles à supporter arrive, le 3 mai 2021, le début du déconfinement qui, espérons le, devrait mettre définitivement un terme à tout confinement. L'horizon s'éclaircit, la circulation est redevenue possible et la perspective de prendre des repas  en terrasse des restaurants à partir du 19 mai est devant nous.

Mais il semble que l'euphorie générée par ces bonnes nouvelles puisse nous conduire à la démesure.

Dès le premier jour de déconfinement le bilan en montagne est lourd, cinq morts et un blessé emportés par trois avalanches différentes dans le massif des Écrins. N'y aurait-il pas là un peu de précipitation pour se lancer à l'assaut de l'espace blanc. Dans la restauration les réservations dépassent tout ce que les restaurateurs pouvaient espérer. des gens sont prêts, en raison du couvre feu à 19 heures, à diner dès 16h30 et il y a fort à parier, que parmi ces futurs clients, il doit bien s'en trouver qui regardaient d'un air goguenard ces "Hollandais" attablés en terrasse autour d'un repas dès 17 heures les étés précédents.

Qu'en sera-t-il à partir du 29 juin lorsque nous serons totalement déconfinés? Saurons-nous rester raisonnables pour ne pas risquer un nouveau confinement ou retrouver rapidement des comportements préjudiciables, par un excès de consommation, au réchauffement climatique en attendant que la science et la technique nous offrent d'autres voies de progrès.

 NAPOLÉON

Je n'ai jamais été un admirateur de Napoléon et mes maigres connaissances faisaient que j'avais plus tendance à porter à son crédit la restauration de l'esclavage et les nombreux morts dont il était responsable que la rédaction du Code Civil.

Mais le lundi 3 mai 2021, le journal Sud-Ouest a  publié un éditorial sous la plume de Christophe Lucet que j'ai trouvé remarquable tant il paraissait faire preuve d'objectivité au sujet des activités et décisions de l'Empereur.

En quelques lignes il explique que le contexte du moment ne fait pas de Napoléon un raciste parce qu'il a rétabli l'esclavage, que les guerres napoléoniennes peuvent en partie s'expliquer par le fait que l'Europe entière voulait faire la guerre à la France pour rétablir la monarchie mais que, malgré l'organisation de l'État qui a été un de ces souci, cela ne fait pas de lui un républicain.

Bel exercice de synthèse, sans fioritures, sans mots inutiles.

jeudi 6 mai 2021

 LES "DIX GLORIEUSES" OU LES DIX DANGEREUSES ?

Tirant les leçons du passé, où à chaque guerre ou chaque crise des années heureuses ont succédé, bien des économistes et sociologues pensent que la pandémie, que nous subissons, sera suivie d'un retour des années folles comme après la première guerre mondiale ou des trente glorieuses comme après la deuxième.

Jean Viard parle notamment des "Dix glorieuses".

Le monde aura besoin de souffler dans la joie de retrouver sa liberté. Mais, n'oublions pas que ces années qui ont suivi ces conflagrations ont été à l'origine de bien des débordements et en particulier les trente glorieuses ont une lourde responsabilité dans le réchauffement climatique.

Il ne faudrait pas que d'un revers de main ces dix glorieuses effacent le peu de bénéfice tiré des différents confinements au niveau des émissions de gaz à effet de serre.

Trop de laisser aller pourrait conduire les gouvernements à prendre des décisions répressives qui seraient prises pour autant de privations de liberté et seraient de ce fait potentiellement à l'origine de désordres sociaux.

Espérons que nous saurons exprimer notre joie, et notre satisfaction de sortir de cette douloureuse épreuve, d'une manière raisonnable.