vendredi 31 janvier 2020

BAISSE DU CHÔMAGE

Les chiffres du chômage font apparaître un recul de 3,3 % en un an. C'est une bonne nouvelle qui mérite toutefois d'être analysée plus finement.
Les économistes n'ont cessé de répéter que la France avait fait le choix du chômage, alors que les pays qui avaient réussi à recréer de l'emploi avaient fait le choix des bas salaires et des travailleurs pauvres.
Ces mêmes économistes attribuent cette embellie française à trois mesures prises par le gouvernement:
- le CICE instauré par François Hollande
- le nouveau code du travail
- les nouvelles mesures d'indemnisation du chômage.
Concernant le CICE, ce n'est qu'un déplacement des finances des ménages vers les entreprises, c'est donc l'impôt qui leur vient en aide.
Le nouveau code du travail en étant moins favorable aux travailleurs et en diminuant les risques pour les entreprises en cas de licenciement, a donné la possibilité à ces dernières de se passer plus facilement des services de ses employés, donc d'alimenter le chômage. Mais, d'autres entreprises trouvant le recrutement moins risqué, peuvent à leur tour créer de l'emploi. Le vrai problème est qu'en général le nouvel emploi est moins bien rémunéré que celui que l'on vient de quitter. Il y a donc une forte probabilité de perte de salaire.
Les conditions plus sévères d'indemnisation du chômage, qui ont pour but d'inciter à reprendre l'emploi pour ceux qui se complaisent dans l'inactivité et qui sont minoritaires, a pour corollaire d'obliger ceux qui désirent retravailler d'accepter n'importe quel emploi, fut-il mal rémunéré.
Ainsi, si le CICE a consisté à améliorer la trésorerie des entreprises, il est à craindre que les les deux autres mesures fassent que la France rejoigne le flot des autre pays qui ont fait le choix des travailleurs pauvres au lieu du chômage.
Certains y voient un progrès, ce qui est vrai pour les entreprises. D'autres y voient une régression, ce qui est également vrai pour les travailleurs.
Faut-il donc être sans réserve satisfait de la baisse du chômage ?

jeudi 30 janvier 2020

LREM DÉBUT D'IMPLOSION

Avec la désignation des candidatures pour les élections municipales, LREM donne le spectacle d'un parti dont les positions des adhérents n'ont rien d’homogène.
Deux candidatures à Paris, des candidats dans différentes listes avec ou contre son associé Modem à Bordeaux, deux ministres qui s'opposent à Biarritz, sont des exemples qui se répètent dans un tiers des communes de plus de 50.000 habitants.
Emmanuel Macron qui a voulu donner naissance à un mouvement en créant LREM est en train de se rendre compte que l'on ne constitue pas un parti politique uniquement sur des critères et des ambitions de performances économiques.
Bien évidemment l'économie d'un pays ne peut être ignorée par ceux qui veulent accéder aux plus hautes responsabilités, mais plusieurs voies existent et lorsque ces différentes voies se trouvent représentées à l'intérieur d'un même parti, les conflits deviennent inévitables. C'est ce qui se passe actuellement.
À échéance il ne serait pas impossible que l'on voit réapparaître les vieux clivages droite/gauche autour de noyaux formés par des adhérents de LREM qui manifestent leurs désaccords quand ils veulent, à titre personnel, accéder aux responsabilités.

mercredi 29 janvier 2020

UN GOÛT DE REVENEZ-Y

D'après l'analyse de Bruno Dive publiée dans le journal Sud-Ouest Dimanche du 26 janvier 2020, les anciens Présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande prépareraient et envisageraient leur retour.
Rien ne les arrête, ils sont prêts à revenir à la tête de l'état après qu'Emmanuel Macron se soit grillé les ailes en promouvant les réformes qu'ils ont souhaitées et n'ont pas osé faire
Que Nicolas Sarkozy profite des réformes d'inspiration de droite pour trouver un terrain favorable à l'application de sa politique ne fait pas preuve d'un grand courage, mais que François Hollande , dont pensait-on son ennemi était la finance, veuille profiter d'une telle situation a quelque chose de choquant.
Que d'autres viennent concourir à ce grand débat de l'élection présidentielle de 2022, je pense que la grande majorité des français le souhaitent, mais pas eux. Ils ont fait la preuve le leur incapacité à gouverner et à redresser le pays, une fois suffit.
On peut ne pas être satisfait de la politique actuelle sans souhaiter revivre la décennie 2007/2017.

mardi 28 janvier 2020

LA SOLIDARITÉ SE PERDRAIT-ELLE ?

Les différentes manifestations qui ont émaillé la première partie du quinquennat d'Emmanuel Macron m'ont permis de constater que :
-lorsque les retraités ont défilé contre la CSG, peu d'actifs participaient à la manifestation. Les plus solidaires applaudissaient parfois sur le bord des trottoirs, tout surpris de voir ces têtes blanches se mobiliser.
- lorsque récemment de nombreuses manifestations ont eu lieu contre la réforme des retraites, bien des personnes d'un certain âge, et visiblement ayant cessé leurs activités professionnelles, s'associaient à ceux que la réforme allait concerner.
Bien que la retraite par répartition soit basée sur la solidarité entre générations, les actifs cotisant pour les retraités, il m'a semblé que la solidarité s'exprimait plus clairement chez les plus âgés.
Au moment où la retraite par capitalisation nous guette, il y a peut-être là un sujet d'inquiétude.

lundi 27 janvier 2020

UN PREMIER MINISTRE MACHIAVÉLIQUE

Ah, il a plusieurs cordes à son arc le Premier Ministre pour faire aboutir ses projets:
- il sait différer les promesses favorables aux citoyens,
- il sait formuler des exigences excessives pour ensuite les adoucir et parvenir à ses fins,
- il sait accorder le dialogue, mais sous de telles contraintes  qu'il ne s'agit plus de tenir compte d'autres propositions que des siennes.
Voyons ce qu'il a su faire en deux ans et demi de pouvoir.
- Différer les promesses:
La taxe d'habitation devait disparaître dès le début du quinquennat. Trois après, ceux qui profitent de cet allègement d'impôt en paient encore un tiers. Les 20% restant qui devaient en être exonérés en 2021 ne le seront partiellement qu'à partir de 2023, sera-t-il encore en situation de décider ?
- Formuler des exigences excessives pour arriver quand même à imposer ses réformes:
C'est le cas de la CSG appliquée aux retraités qui au départ concernait la grosse majorité des retraités et qui ne concerne plus que ceux qu'il considère comme les plus riches et dont une grosse partie n'appartient qu'à la classe moyenne inférieure ou médiane.
C'est aussi le cas de la désindexation des pensions de retraites sur l'inflation qui devait concerner tous les retraités et dont certains sont exclus.
Bel exemple de l'application du vieil adage "diviser pour régner".
- Ouvrir le dialogue sous contrainte:
C'est le cas de la possibilité donnée aux Présidents de Conseils Départementaux d'abandonner la limitation de vitesse sur les routes à 80 km/h pour revenir à 90 km/h, mais avec des contraintes telles que peu de portions de voies de circulation sont éligibles.
C'est aussi le cas pour le financement de pensions de retraites. Il est en théorie possible d'agir sur trois paramètres pour équilibrer les caisses de retraites: soit augmenter les cotisations des actifs, soit diminuer les pensions des retraités, soit encore augmenter l'âge de départ en retraite.
Les deux premières possibilités ont été exclues de la négociation. La troisième qui seule reste possible est justement celle qui a été refusée par les syndicats favorables à la réforme des retraites. Le Premier Ministre autorisera-t-il d'aller chercher ailleurs d'autres formes de financement ? Peu probable.
Ainsi nous avons un Premier Ministre qui n'accepte de revoir sa position que sous des contraintes inacceptables ou lorsqu'il s'agit de conserver un minimum de ce qu'il avait envisageait et qui était peut-être prévu initialement.
Sous un air bienveillant, c'est un homme qui se dit ouvert à la discussion mais qui n'accepte pas que l'on puisse prétendre imposer d'autres propositions que les siennes.
C'est ainsi qu'il conduit ses opposants à se radicaliser, comme ce fut le cas pour les Gilets Jaunes en imposant la limitation de vitesse à 80 km/h et la taxe sur les carburants, ou les syndicats réformistes en imposant l'âge pivot pour le calcul des pensions de retraites.

dimanche 26 janvier 2020

RETRAITES: GRÈVES À CONTRE TEMPS

Les deux plus gros coups portés aux pensions de retraites l'ont été en 1993 par Édouard Balladur lorsqu'il a  désindexé les retraites des salaires et par Jean-Marc Ayrault en 2012 quand il les a désindexée l'indice des prix. À ces moments là, on ne peut pas dire qu'il y ait eu une réelle mobilisation syndicale et pourtant ces désindexations ont eu un effet exponentiel, à tel point que l'on peu considérer que les retraités perdent environ 20% de pouvoir d'achat en 20 ans.
Un troisième coup, moins rude, a été porté par Édouard Philippe lorsqu'il a fixé arbitrairement l'augmentation des pensions à 0,3% alors que l'inflation était de 1,7%, mais rien n'est dit que ce chiffre soit reconduit. Coté syndical, on peut dire qu'il n'y  a eu qu'une protestation de pure forme.
En 2019, lorsqu'il s'est agi de réformer les retraites en regroupant 42 régimes particuliers en un seul régime universel, ce qui ne présageait en rien de la diminution des pensions, certains syndicats ont mobilisé leurs troupes, et cette mobilisation est allée bien au delà de leurs adhérents. Pourtant en 2017, cette réforme était annoncée et paraissait en général bien accueillie.
Le résultat en est plus de deux mois de grève et de paralysie du pays, plus de sept manifestations et, maintenant qu'il s'agit de faire en sorte que cette réforme ne soit pas préjudiciable aux retraités et futurs retraités, les troupes paraissent encore assez mobilisées, mais cela ressemble a des poussées de fièvre, de moins en moins virulentes, alors que l'on est arrivé au moment crucial pour conserver des acquis qu'il serait opportun de défendre âprement dans un système plus juste.
Il y a fort à parier que cette réforme des retraites se fera, pas nécessairement dans de bonnes conditions, que ces batailles sociales désordonnées laisseront des traces dans le milieu syndical et dégraderont encore un peu plus le climat politique qui n'a vraiment pas besoin de cela.

samedi 25 janvier 2020

À CHACUN SA PRIORITÉ

Pendant que Donald Trump est au forum de Davos, Vladimir Poutine est en Israël pour commémorer le 75 anniversaire de la libération des détenus d’Auschwitz.
L'un préfère aller ferrailler avec l'adolescente Greta Thunberg pour essayer de convaincre le monde du bien fondé de son climato-scepticisme, l'autre choisit d'aller au Moyen Orient pour étendre un peu plus son influence dans cette zone ultra sensible du globe.
Donald Trump au retour de Davos ira soutenir les évangélistes et les créationnistes pour lutter contre l'avortement, Vladimir Poutine aura montré, une fois de plus, qu'il est l'un des rares, pour ne pas dire le seul, à parler aux deux irrémédiables adversaires que sont Israël et l'Iran.
Chacun sa priorité !
"America first" repliée sur elle-même laisse le champ d'action politique libre à la Russie et le commerce mondial à la Chine.
La seule motivation de Donald Trump est d'être réélu, celle de Vladimir Poutine est que la Russie retrouve peu à peu l'influence passée de l'URSS.
Quand les américains se rendront-ils compte que confier la politique de la première puissance mondiale à un commerçant ne fait que déstabiliser le monde ?
Il leur reste dix mois pour réfléchir, ce ne devrait pas être suffisant.