mercredi 30 août 2017

PEDAGOGIE

Il est assez courant d'entendre, depuis plusieurs années, les commentateurs politiques dire que les gouvernements, lorsqu'ils prennent des mesures souvent impopulaires, devraient faire preuve de plus de pédagogie. Comme si la pédagogie était un moyen, plus ou moins avouable, de savoir présenter aux citoyens des mesures qu'ils ne désirent pas.
Je préférerais que l'on parle d'explications, de mises en perspective et, surtout lorsqu'une réforme  douloureuse est considérée comme impérative, qu'elle soit associée à une réforme positive qui permette de comprendre et d'accepter facilement la première de ces mesures. Mais, les choses ne se passent jamais comme cela, et les débats actuels en sont un bel exemple.
Pour l'immédiat, c'est l'augmentation de la CSG, la diminution des APL, pour le futur, mais différé, c'est, pour certains seulement, la suppression de la taxe d'habitation. Quant à la sécurisation des revenus, la première phrase du texte de loi n'est pas encore rédigée alors que le document complet relatif à la flexibilité des emplois est déjà bouclé.
Les citoyens français ont été trop souvent trompés pour accepter encore longtemps d'accorder leur crédit à leurs gouvernants, quels qu'ils soient. Ils attendent des actes qui compensent sur le plan social tous les avantages qu'ils sont en train de perdre.

mardi 29 août 2017

DIPLOMATIE

Dans leur ensemble les français sont plutôt fiers d'avoir un Président qui, sur le plan international, essaie de se comporter comme le Président d'un grand pays en parlant d'égal à égal avec les plus grands de ce monde.
Ils l'ont vu aller, courageusement, en Europe de l'est défendre sa position sur les travailleurs détachés.
Voilà pour le fond, quelques satisfactions.
Il en va tout autrement pour la forme. Rarement président aura reçu une réponse aussi cinglante que lui, de la part d'un Chef d'Etat étranger, comme ce fut le cas de la Présidente polonaise.
Les idées sont une chose, la diplomatie en est une autre. On peut être en France le Chef des armées sans être celui de l'Europe.
Je souhaite beaucoup de courage, de finesse et de persévérance à Jean-Yves Le Drian pour assurer avec réussite la bonne marche de la diplomatie française et rattraper ces incartades malheureuses.

lundi 28 août 2017

POLITIQUE ETRANGERE DU PRESIDENT

Il parait que notre nouveau président est bien perçu à l'étranger et qu'il a redoré le blason de la France, c'est une bonne chose.
Recevoir Vladimir Poutine dans les ors de Versailles était certainement très habile, s'afficher avec Donald Trump en lui serrant la main de manière ostentatoire l'était également. Les quelques paroles très fortes qu'il a prononcées à ces occasions montraient clairement qu'il voulait que la France prenne toute sa place parmi les grandes puissances, c'étaient des bonnes choses mais essentiellement des effets d'annonce.
Par contre, la tournée qu'il vient de faire en Europe de l'est, en choisissant soigneusement ses interlocuteurs, pour essayer de réformer le règles qui régissent le détachement des travailleurs étrangers, est une véritable action politique qui peut, si elle réussit, avoir une réelle incidence sur le marché du travail en Europe et des effets bénéfiques pour notre pays.
Lui qui pense que la France est allergique aux réformes, se rendra certainement compte, s'il réussit, ce que je lui souhaite, que la France est derrière lui, car énormément de français qui souhaitent la réussite de l'Europe n'apprécient guère celle qu'il connaissent actuellement.

LA FRANCE EST-ELLE REFORMABLE ?

D'après notre Président il semblerait que la France soit allergique à toute réforme, et pour faire mieux entendre sa voix, il a claironné cette affirmation depuis une tribune étrangère, ce qui me parait d'un goût douteux.
Le vrai souci est que notre Président ne voit qu'une partie du problème. Pour lui la France n'est pas réformable parce qu'elle résiste, mollement, aux réformes anti sociales qu'il cherche à lui imposer. S'il avait commencé son quinquennat par des réformes sociales, puisque, parait-il, il veut une politique équilibrée, il aurait peut-être reçu un meilleur accueil pour les réformes qu'il se  dépêche de réaliser, en quasi catimini, pendant les vacances, moment où les mécontentements ne peuvent s'exprimer dans la rue.
Pour mémoire, je crois utile de rappeler à ce Président que bien des réformes ont été accueillies favorablement, mais peut-être pas par tout le monde, mais au moins par une très grande majorité des français.Ce fut le cas en 1936 des congés payés et des 40 heures hebdomadaires, en 1946 de la Sécurité Sociale, en 1981 des 39 heures hebdomadaires et de la semaine supplémentaire de congé et en 2003 des 35 heures.
C'est quand même curieux qu'étant ni de droite ni de gauche on puisse s'étonner, qu'en étant en réalité, soit disant, et de droite et de gauche, de trouver une certaine résistance, qui me parait bien faible, lorsqu'on oublie la moitié de son programme.

dimanche 27 août 2017

GLISSEMENT VERS LA REGRESSION SOCIALE

Depuis qu'il est question de réviser le code du travail, que ce soit sous le gouvernement actuel ou sous le précédent, on assiste à une évolution progressive des commentaires de tous les politologues, économistes et journalistes qui s'expriment sur ce sujet.
Pour s'en convaincre, il suffit de regarder assez régulièrement l'émission "C' dans l'air" sur France 5.
Au début, les commentateurs mettaient l'accent sur la nécessité de modifier le code du travail pour le simplifier et surtout y faire entrer la sacrosainte fléxisécurité pour donner plus de liberté aux entreprises et plus de garantie de revenus aux travailleurs.
Les choses ne se présentaient déjà pas très bien du temps de la préparation de la loi El Khomri, mais l'action syndicale permettait d'éviter les dérives trop libérales, car elles n'étaient pas associées aux garanties sociales prévues.
Maintenant que la gouvernement, en la personne de la Ministre du Travail Muriel Pénicaud, propose un texte, les choses évoluent extrêmement rapidement.
La semaine dernière, les commentateurs, tels que Christophe Barbier ou Ghislaine Ottenheimer expliquaient que, pour le moment, le gouvernement traitait le problème de l'emploi de manière libérale, que les premières mesures étaient très marquées à droite, mais que l'automne verrait arriver des lois ou des dispositions beaucoup plus sociales.
Dès le 22 aout, Bruno Jeudy expliquait que les nouvelles mesures étaient clairement de droite et Bernard Vivier insistait sur le fait que le texte n'était pas négociable, que l'Etat ne négocie pas avec les syndicats, mais qu'il les consulte, ce qu'il a fait abondamment.
Mais le moment le plus important de cette émission "C' dans l'air" du 22 aout en a été la conclusion.
Caroline Roux qui animait l'émission, toujours pertinente et souvent malicieuse, a su poser la bonne question à Bernard Vivier, qui rappelons-le est Directeur de l'Institut Supérieur du Travail, en ces termes: Faut-il s'attendre à travailler plus pour gagner moins ? La réponse a été à peu près celle-ci :effectivement, c'est la loi de l'économie mondiale.
Pour ceux qui étaient convaincus que le gouvernement actuel n'était ni de gauche ni de droite, la réponse est éclairante

vendredi 25 août 2017

LE SULTAN A ENCORE FRAPPE

Récemment Recep Tayyip Erdogan s'est permis de donner des consignes de vote, aux turcs résidant en Allemagne et possédant la double nationalité,  en vue des élections législatives allemandes.
A sa demande, les autorité espagnoles ont arrêté, sous un mandat turc, le journaliste turco-suédois Hamza Yalun à l'aéroport de Barcelone.
Emmanuel Macron déploie toute la diplomatie possible pour faire libérer le journaliste indépendant français, Loup Bureau, arrête alors qu'il entrait en Turquie en revenant d'Irak, en possession d'interviews de combattants kurdes.
Décidément ce dictateur, qui veut se donner une apparence de démocrate et ne cesse de détruire ce que Mustapha Kémal avait construit, n'arrête pas de faire payer à l'Europe la bienveillance qu'il a âprement négocié avec Angela Merkel pour retenir les réfugiés à l'intérieur de ses frontières.

POURQUOI TANT DE TERGIVERSATION

Le rôle de l'épouse du Président de la République, qui un jour peut être celui du conjoint de la Présidente, vient d'être défini.
Cette définition a le mérite de la transparence, et pour ma part je trouve cette définition et son coût raisonnable d'autant plus qu'il fait partie du budget de la présidence. J'apprécie aussi que cette définition ne concerne que la mandature actuelle.
Emmanuel Macron a eu raison de vouloir que les choses soient claires, et il est évident que pour le conjoint, qui n'est pas élu, son rôle ne peut être défini qu'en fonction de ses choix, de ses aspirations et de ses compétences.
Ce qui est important pour le citoyen, c'est de connaitre les moyens dont ce conjoint dispose, du coût que ces moyens représentent et quels sont les secteurs dans lesquels il désire s'investir.
Il est dommage que cette volonté de clarté ait été entachée au départ d'une certaine maladresse en parlant de statut de la Première Dame, car un statut devant se pérenniser n'est pas plus opportun que l'existence d'une première dame.
Mais oublions ces maladresses et contentons-nous d'apprécier cette volonté de rigueur et de clarté.