lundi 20 février 2023

 COMBAT DE DUPES

Le débat sur la réforme des retraites est l'exemple même de l'exploitation malhonnête des règles de fonctionnement de l'Assemblée Nationale.

Le gouvernement pour éviter d'être critiqué, en raison de l'application éventuelle du 49/3, a préféré tenter d'empêcher que les débats n'arrivent à leur terme pour pouvoir appliquer le 47/1. C'est la raison pour laquelle le temps imparti pour ces débats a été relativement court et le principal article de la loi, l'article 7 traitant du point essentiel de la durée d'activité, a été positionné en fin d'examen alors que si la volonté avait été d'en débattre sérieusement il aurait du arriver en première position c'est à dire être le premier article de cette loi.

La NUPES voulant empêcher que cette loi soit promulguée a préféré multiplié les amendements pour que les débats n'arrivent pas à leur terme, voulant mettre ainsi le gouvernement en fâcheuse position.

Ainsi le gouvernement et la NUPES poursuivaient le même but: empêcher l'examen serein de la proposition de loi.

Mais, in fine, qui va gagner ? Les sénateurs, majoritairement LR, ne feront que des observations mineures, le temps va s'écouler, la date limite atteinte, le 47/1 va être appliqué et la loi va passer.

Il aurait certainement été préférable que les débats arrivent à leur terme avec confrontation réelle des différentes propositions quitte à ce que ces affrontements se terminent par l'application du 49/3 et le dépôt d'une motion de censure. Seulement voila, aucun parti n'est certain de tirer avantage d'une telle situation.

En conclusion la loi va passer, sauf si la rue l'en empêche, prévision peu probable dans l'état actuel du pays.

 MANIFESTATIONS

Les manifestations contre la réforme des retraites connaissent un réel succès, mais leur répétition fait que les participants y sont de moins en moins nombreux. Comment en serait-il autrement en période d'inflation, et donc de vie chère, lorsqu'il faut faire grève pour aller défiler et de ce fait perdre une journée de salaire.

La comparaison entre la manifestation du samedi 11 février et celle du jeudi 16 montre bien que c'est un problème d'argent qui est la cause de la diminution d'effectifs dans le camp des manifestants. Trois fois moins de manifestants le jeudi que le samedi et,parmi les personnes interviewées le jeudi certaines étaient là "par procuration", un retraité pour soutenir les actifs, car pour lui, manifester ne lui coûte rien, et un lycéen par solidarité avec son père dont le métier est pénible.

On voit là le difficile accord intersyndical où il faut faire plaisir à tout le monde au lieu de choisir la stratégie la plus efficace: le jeudi pour la CGT qui ne conçoit pas une manifestation sans qu'elle ne crée son cortège de nuisances et le samedi pour la CFDT qui veut attirer le plus grand nombre de manifestants.

Faute de s'accorder sur la meilleure solution, trois semaines d'accalmie sont prévues en attendant le 7 mars où les syndicats espèrent mettre le pays à l'arrêt. Ce sera une gène indiscutable pour le gouvernement mais est-ce que cette gène ne va pas être désavouée par la population, notamment si des débordements sont constatés lors des manifestations ?

Les syndicats s'ils veulent rester unis pour être efficaces se trouvent confrontés à un choix particulièrement difficile.

dimanche 19 février 2023

 LE COUP BAS DES LR

Le parti LR cherche à se distinguer de la majorité présidentielle en s'opposant à un article  du projet de loi sur la réforme des retraites, projet de loi qui lui convient plutôt bien.

C'est ainsi qu'il soutient le gouvernement pour faire adopter l'article 7 qui est au cœur du projet pour repousser de deux ans l'âge de départ en retraite, mais pour montrer son pouvoir de nuisance et son indépendance, malgré sa faible représentativité, s'oppose à un article, somme toute d'importance mineure, concernant l'emploi des séniors. Se faire plaisir en empêchant d'imposer d'afficher le taux d'emploi des séniors dans une entreprise alors que l'on a soutenu le projet d'allongement de la carrière des travailleurs quelque chose de puéril. Petite vengeance qui permet au parti, qui espère prendre le pouvoir en 2017, d'effacer d'ores et déjà les quelques traces d'obligations contraignante, pour les entreprises, imposées par Emmanuel Macron.

Nous sommes dans un pays où pour se distinguer tous les coups sont permis, du plus mesquin au plus scandaleux. La culture du compromis n'est vraiment pas la nôtre. 

samedi 18 février 2023

 À QUI LE TOUR ?

Vladimir Poutine s'apprête à conquérir ou soumettre la Moldavie. Des troupes russes s'approchent du pays, des fake news l'inondent pour inciter la population à renverser le pouvoir en place. Il ne lui restera plus, comme il sait si bien le faire, qu'à installer un régime pro russe , préalable à toute soumission, comme c'est le cas en Biélorussie.

L'Ukraine qui est, pour le moment, sa principale cible sera alors encore mieux encadrée sur sa frontière sud. Que peut faire ce pays de 3 millions d'habitants face au 145 millions de russes soumis, sans partage, aux décisions d'un dictateur aux visées hégémoniques ?

Si les occidentaux ne réagissent pas plus rapidement et vigoureusement qu'ils ne le font depuis un an et que, par malheur, Vladimir Poutine arrive à ses fins, l'histoire retiendra la lourde responsabilité des démocraties occidentales  face à la dictature russe, qui peut n'être que la première phase d'une guerre entre ces deux régimes politiques.

Que faire si cette faiblesse de l'occident donne aux dictateurs l'espoir d'arriver à imposer leur mode de gouvernance dans le monde entier ? Que pèsera l'ensemble des forces militaires des démocraties qui voudront s'engager dans une lutte contre les armées suréquipées des dictateurs chinois, russe, coréen du nord mais aussi  iranien et pourquoi pas turc dont la versatilité est bien connue

jeudi 16 février 2023

 UN PAYS AU BORD DU CHAOS

La France va mal, les chiffres le prouvent, sa dette de 3000 milliards d'euros est abyssale, les taux d'intérêts augmentent, son déficit a toujours dépassé les 3 % exigés par les accords européens, ce déficit s'est envolé en raison d'événements extérieurs: pandémie, guerre en Ukraine augmentation du coût de l'énergie et des matières premières.

Pourtant l'épargne des français se porte bien, 53 milliards d'euros, le patrimoine global des français s'élève à 15.500 milliards d'euros. Malgré cela il y a 9,2 millions de français qui vivent sous le seuil de pauvreté et 1,2 millions de pauvres échapperaient à cette statistique.

La France est donc un pays riche, endetté lourdement, incapable de maîtriser son budget et qui malgré cela connaît un taux de pauvreté de 15 %.

Aux dernières élections législatives aucun parti n'a obtenu la majorité absolue, et malgré que ces élections se soient tenues sous scrutin majoritaire, la composition de l'Assemblée Nationale est proche de ce qu'elle aurait pu être si ce scrutin s'était déroulé à la proportionnelle. Un espoir de débat, certes difficile, mais serein et constructif pouvait naître.

Au lieu de cela on assiste à une majorité qui cherche à s'appuyer toujours sur les mêmes alliés, qui utilise toutes les mesures possibles, en restant toutefois dans la légalité, pour faire passer en force les lois qu'elle propose. Face à cela une opposition de gauche qui cherche à bloquer systématiquement toute proposition en utilisant parfois, par la voix de ses membres les plus extrêmes, des méthodes indignes.

Les débats deviennent impossibles, et bien que les syndicats aient une attitude responsable, le blocage du pays n'est pas à exclure

Si ce scenario se réalisait et que de nouvelles élections devaient se dérouler, qu'adviendrait-il ? Certainement une situation analogue à celle que nous connaissons sans qu'aucun parti n'obtienne la majorité absolue, seul le nom du parti majoritaire pourrait changer, mais rien n'est certain.

On ne serait alors pas sorti de cette situation dramatique.


mercredi 15 février 2023

 RETRAITE: LA RESPONSABILITÉ D'ÉDOUARD PHILIPPE

Rappelons nous des débats sur la réforme des retraites lors du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Une réforme systémique du calcul des retraites n'était par pour déplaire à la CFDT. Les principes généraux étaient les suivants: un seul régime des retraites au lieu des quarante deux existants et calcul de la pension de retraite par un système de points accumulés au cours da la carrière.

Les débats étaient engagés, les accords avec les syndicats étaient loin d'être acquis mais ne paraissaient pas absolument impossibles. Là dessus, Édouard Philippe, alors Premier Ministre a réussi à convaincre le Président d'inclure une clause paramétrique: l'âge pivot de 64 ans pour le départ en retraite avec pénalité avant cet âge et bonus au delà. Un véritable sabotage du projet empêchant tout accord.

Par ailleurs ce même Édouard Philippe avait fortement indisposé les populations rurales avec l'abaissement de la vitesse autorisée sur le réseau secondaire à 80 km/h et des taxes sur les carburants.

Il n'en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres, les gens dans la rue et les ronds points occupés par les Gilets Jaunes. Le pays était désorganisé et en émoi, les violences monnaie courante  les syndicats affaiblis et la réforme enterrée.

Maintenant Édouard Philippe s'est mis en retrait et réussi l'exploit d'être un homme politique apprécié des français en envisageant un brillant avenir en 2027. Espérons que les français se souviendront à ce moment là qu'il a été le principal fossoyeur de la réforme des retraites et qu'il a été celui qui a mis les Gilets Jaunes dans la rue.

 RÉFORME DES RETRAITES: TRAVAILLER PLUS, ARGUMENT FALLACIEUX

Emmanuel Macron, contre ses promesses de 2017, veut repousser l'âge de départ en retraite et évoque le besoin de travailler plus. Argument repris par tous les économistes libéraux, notamment par Nicolas Bouzou, mais qui propose d'expérimenter la semaine de quatre jours. Allez comprendre quelque chose !

Cet argument de travailler plus ne tient pas pour justifier de repousser de deux ans l'âge de départ en retraite.

Pour pouvoir travailler plus, il faut du travail, il faut donc créer des emplois. Une fois ce préalable réalisé, il faut mettre les chômeurs au travail en les formant pour qu'ils puissent occuper les métiers nouvellement créés. Ce n'est qu'à ce moment là que la question de travailler plus, pour ceux qui ont un emploi, se pose.

Essayons de quantifier ce besoin de travailler plus. Suivant la logique du gouvernement il faudrait travailler  2 ans de plus pour une durée de travail actuelle de 42 ans, ce qui représente moins de 5 % de travail supplémentaire. Rapporté à la semaine de 35 heures, cela représente 1 h 40, soit 100 minutes, donc 20 minutes supplémentaires de travail par jour.

Alors travailleurs de bonne volonté, si toutes ces conditions sont réunies, préférez-vous travaille 20 minutes de plus chaque jour ou 2 ans de plus après 62 ans ? Faudrait-il un référendum pour conclure ?

Pour convaincre les français de la nécessité de cette réforme il faudra trouver d'autres arguments surtout lorsque l'on sait que le déséquilibre du budget des caisses retraites n'est pas certain et qu'il n'est, de toute façon, que passager.