mardi 7 février 2023

 ÉLISABETH BORNE À L'ÉMISSION "L'ÉVÉNEMENT"

Le jeudi 2 février 2023, Caroline Roux recevait Élisabeth Borne pour parler de la réforme des retraites. Après l'entretien avec la Première Ministre, un débat avait lieu entre les représentants de la majorité présidentielle et les différentes composantes de l'opposition.

- L'interview de la Première Ministre: Élisabeth Borne a présenté sa réforme en froide polytechnicienne qu'elle est, sans aucune référence aux manifestations qui se sont déroulées dans le pays, ce qui n'est pas de bon augure.

-Le débat: Constatons tout d'abord que la représentativité de la gauche s'est limitée à la présence d'une représentante de LFI au nom de la Nupes, aucun représentant du PS, du PCF ou d'EELV.                           Ce débat a permis de constater que Gabriel Attal, qui représentait le gouvernement, est un redoutable débateur connaissant parfaitement ses dossiers. Éric Ciotti, représentant la pseudo opposition de droite, avait toute les peines du monde a démontrer qu'il était un opposant en formulant, comme seule critique, la demande d'application d'une mesure sociale plutôt de gauche, à savoir de ramener les durées de cotisations de 44 à 43 ans pour certaines carrières longues. Jordan Bardella pour le RN et Clémentine Autain pour la NUPES ont passé plus de temps à s'invectiver qu'à combattre le projet du gouvernement , ce qui n'a pas manqué de faire apparaître un certain sourire sur le visage de Gabriel Attal. Ces deux opposants ont toutefois eu chacun un moment intéressant, comme une lueur d'espoir noyée au milieu de propos fallacieux, lorsque Clémentine Autain a démontré qu'il s'agissait d'un choix de société et que Jordan Bardella a rappelé que l'accroissement de la performance des outils de production devait aussi profiter aux travailleurs actifs et retraités.

Globalement chacun a essayé de jouer son rôle dans un brouhaha  intempestif peu favorable à un débat serein.

lundi 6 février 2023

 RETRAITE: LE RÉPARTITION SUFFIT ELLE ?

En France nous bénéficions d'un régime de retraite par répartition, c'est à dire que les actif paient par leurs cotisations les pensions des retraités. Le système lorsqu'il a été mis en place comprenait 4 cotisants pour 1 bénéficiaire; actuellement les cotisants sont au nombre de 1,7 pour 1 retraité, c'est à dire que pour conserver le même niveau de pension les actifs devraient cotiser 2,35 fois plus qu'initialement. Est-ce pensable, est-ce raisonnable, est-ce possible ?

Ceux qui sont pour ce régime de retraite, où l'argent circule en vase clos, affirment qu'il n'y a que trois solutions: augmenter les cotisations, diminuer le niveau des pensions ou cotiser plus longtemps et partir plus tard en retraite. Logique indiscutable mais qui tient peu compte de l'évolution des moyens de production qui ont considérablement augmentés et qui permettent de produire des richesses en diminuant la pénibilité de l'activité humaine.

Il faut donc trouver ailleurs un autre moyen complémentaire qui manque pour financer les retraites. tout en notant toutefois que si les salaires étaient plus élevés, l'équilibre cotisation/pension serait plus facile à trouver.

Il y a en France 16,5 millions de foyers payant l'impôt sur le revenu, il manque 12 milliards pour équilibrer les caisses de retraites, ce qui représente une moyenne de 727 € par foyer fiscal. En répartissant justement cet effort de contribution, avec un coefficient d'autant plus élevé que les revenus sont importants, il n'y aurait certainement pas de grosses difficultés pour trouver les financements qui manquent en ne faisant appel qu'au système par répartition

dimanche 5 février 2023

 DÉPOSE DE LA DERNIÈRE PIERRE

On a connu des gestes plus positifs que ceux des deux Ministres, Christophe Béchu et Bérengère Couillard, qui vont honorer de leur présence le début des travaux de démolition de l'immeuble "le Signal" à Soulac suite à la montée des océans qui a mis depuis longtemps cet ouvrage en péril.

Ils vont, ces deux Ministre, profiter de l'événement pour parler du recul du trait de côte. 

N'aurait-il pas été préférable de profiter des travaux de protection entrepris à Lacanau pour parler de la délocalisation des constructions vulnérables à plus ou moins brève échéance.

La visite aurait eu un caractère plus positif  que celle de la démolition d'un bâtiment qui pendant longtemps a été un véritable caillou dans la chaussure de bien des élus.

samedi 4 février 2023

 ET LE GAGNANT EST: LE 49/3

Devant la mobilisation de masse, organisée par tous les syndicats, qui s'amplifie pour lutter contre le projet de réforme des retraites et la volonté définitive du gouvernement d'appliquer cette réforme, la Première Ministre Élisabeth Borne n'aura d'autre choix que d'appliquer l'article 49/3,  elle ne peut avoir une totale confiance en ses troupes et ses alliés du moment, car bien des députés se voient mal retourner dans leur circonscription après avoir voté cette réforme.

Pour les syndicats, le plus dur reste à faire et la paix sociale est entre leurs mains car s'ils abandonnent la lutte après la confirmation par le gouvernement de l'application de la réforme des retraites, ce sera la rue qui se mobilisera spontanément, et de manière incontrôlée, comme ce fut le cas en 2018 avec les Gilets Jaunes.

On a déjà vu des textes votés à l'Assemblée Nationale dont l'application a été remise en cause en raison de fortes manifestations syndicales, comme ce fut le cas pour le CPE.

Une longue lutte devrait commencer. Il serait bon qu'elle ne soit pas que négative et que les syndicats, notamment sous la pression de Laurent Berger, fassent des propositions, non pas pour que la réforme des retraites soit abandonnée, mais pour que celle-ci soit rejetée et qu'une autre plus juste que la version appliquée actuellement voit le jour.

vendredi 3 février 2023

 DRÔLE D'AMBIANCE À L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Le projet de loi sur la réforme des retraites crée une situation inédite à l'Assemblée Nationale.

Dans la majorité, Ensemble, les composantes minoritaires, Modem et Horizons, font doucement entendre leur différence en pensant à 2027 permettant ainsi à François Bayrou de faire preuve d'une certaine tolérance et à Édouard Philippe de montrer son attachement à la rigueur budgétaire. Certains transfuges de la gauche se remémorent leur passé en prévision de l'avenir en formulant des critiques pour rendre la réforme plus acceptable socialement.

Dans l'opposition, à gauche, la NUPES fait front contre la réforme avec notamment une grande détermination pour LFI, mais sachant qu'elle n'a aucune chance de gagner le combat à l'Assemblée Nationale, préfère manifester dans la rue. Le parti LR est bien ennuyé car il veut montrer sa différence avec la majorité pour ne pas être considéré comme son soutien systématique, tout en étant pour la réforme qui correspond à la politique qu'il voudrait mener s'il arrivait au pouvoir en 2027. Préparer le terrain pour lui éviter de prendre une mesure impopulaire lui serait d'un grand secours. Le RN soigne son image de respectabilité et de responsabilité en se faisant discret, tout en étant contre la réforme des retraites mais en se gardant bien de soutenir les manifestations pour ne pas s'associer à la gauche ni se faire reprocher d'inciter à paralyser le pays.

Finalement le pouvoir en place ne craint que la rue, car l'opposition ne s'unira jamais pour faire chuter le gouvernement et en cas de dissolution de l'Assemblée Nationale, de nouvelles élections ne garantiraient à aucun parti de faire mieux qu'au mois de juin, sauf peut-être pour ...le RN.

Un autre problème se pose au gouvernement, qui veut éviter d'appliquer le 49/3, depuis que le Conseil Constitutionnel a émis un doute sur la possibilité d'utiliser le 47/1 pour limiter la durée des débats, car si cet article était utilisé et que le Conseil Constitutionnel interdisait la promulgation de la loi sur la réforme des retraites le gouvernement ferait piètre figure et se trouverait dans une impasse de laquelle il serait difficile de sortir.

jeudi 2 février 2023

 RETRAITE: ENVISAGER UNE NOUVELLE APPROCHE

Le débat qui enflamme le monde politique, et qui fait descendre dans la rue des millions de français, montre que la réforme des retraites ne sera pas acceptée, même si elle peut s'appliquer à la suite de quelques manœuvres du pouvoir. Si la loi est appliquée telle que le gouvernement le prévoit, le débat ne sera pas clos et le pays ne retrouvera pas la paix civile  dont il a particulièrement besoin en ces moments difficiles.

Tout le travail est à reprendre. L'intention manifestée par Emmanuel Macron en 2017 de n'avoir qu'un seul régime de retraite avec le calcul de la pension de retraite par points paraissait être une excellente hypothèse de travail qui méritait d'être étudiée et explorée avec rigueur et subtilité.

Puisque cela n'a pas été possible, pourquoi ne pas partir sur de nouvelles bases totalement différentes au lieu d'essayer d'accommoder des règles vieilles de plusieurs décennies. Les bases de cette réflexion pourraient par exemple être les suivantes:

- Pas d'âge légal pour le départ en retraite mais une durée minimum d'activité.

- Durée d'activité définie à partir de l'espérance de vie moyenne des deux sexes, ce qui avantagerait les femmes.

- Appliquer à chaque tâche un coefficient de pénibilité défini par la médecine du travail, ce qui fait que certaines périodes de la vie d'un travailleur seraient valorisées et et diminueraient ainsi la durée de sa période minimale d'activité.

- Définir la manière de prendre en compte les périodes de chômage.

- Supprimer le régimes spéciaux puisque la pénibilité aura déjà été prise en compte.

- De pas considérer comme période d'activité les périodes d'études rémunérées comme c'est le cas pour certaines écoles préparant à des emplois publics.

- Ne pas différencier secteur public et secteur privé.

Il semble que l'on ne puisse sortir de l'impasse actuelle qu'après un important travail sur le monde du travail en portant une attention toute particulière à la définition de la pénibilité de chaque emploi.


mercredi 1 février 2023

 LE PARTI SOCIALISTE EN ORDRE DE MARCHE ???

Qu'elle était  belle cette photo Nicolas Meyer Rossignol enserrant dans ses bras Olivier Faure pour le féliciter de sa victoire, pour conserver sa place de Premier Secrétaire du Parti Socialiste, après avoir voulu porter l'affaire de son élection discutable devant les tribunaux.

En arrière plan, sur les images diffusées par France 3, on apercevait la silhouette dubitative de Boris Valaud, Président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, et en premier plan une militante, fort excitée, qui paraissait convaincue que le Parti Socialiste avait enfin retrouvé son unité et elle pensait repartir du bon pied.

Pieux espoir qui la réconforte et n'engage qu'elle. Mais bien que la vie politique ait quelques similitudes avec la cuisine, je ne crois pas que ce soit dans les vieux pots que l'on puisse faire une bonne soupe.