jeudi 27 mai 2021

 GRAND ORAL AU BACCALAURÉAT

J'ai beaucoup apprécié l'article paru dans le journal Sud-Ouest du lundi 24 mai 2021 ou Pierre Mathiot, en parti responsable de la réforme du bac, insiste  sur la nécessité d'un grand oral   et note que la "vraie sanction du bac se mesure un an après selon que les étudiants réussissent ou non dans leurs études".

Le grand oral me paraît être une excellente idée. À quoi bon acquérir des connaissances, si ce n'est par pure satisfaction personnelle, donc égoïste, si on est incapable de les communiquer dans le cadre notamment d'un dialogue ou d'une conférence. Acquérir des connaissances est certes très important et savoir les transmettre, du point de vue sociétal, l'est encore plus.

Quant à la sanction en première année d'études supérieures, c'est une vieille histoire qui a toujours été à l'origine de frustrations et de sélection par l'échec.

Que de dégâts, de rêves brisés mais aussi de carrières mal réussies qui ont eu une incidence sur la qualité des travaux réalisés et parfois sur les individus dont on pouvait avoir la charge car, il y a encore peu, le bac pouvait conduire à des postes d'encadrement et parfois même de formation.

Ne soyons pas trop pessimistes, certains ont réussi leur carrière en découvrant de l'intérêt dans des domaines qu'ils ne soupçonnaient pas et ont même pu parfois avoir des carrières brillantes. Mais, si un bac bien conçu pouvait garantir la possibilité de mener à bien des études supérieures, moins nombreux seraient les gens aigris par leurs échecs.

D'autres voies, très valorisantes, que les études supérieures existent. Il faut les rendre attractives en même temps que le bac doit être conçu comme l'accès aux études supérieures plus que comme un diplôme de fin d'études, à moins que ces deux options soient envisagées et donnent naissance à la mise en place de deux examens différents.

mercredi 26 mai 2021

 L'EUROPE À MARCHE FORCÉE

On a trop critiqué l'Europe pour sa faiblesse et ses difficulté à faire prendre en commun, et à l'unanimité, à ses vingt-sept pays membres, comme les textes l'imposent, des décisions très importantes, pour ne pas saluer ses réactions dans les cas les plus difficiles.

Il semble que ce soit dans les tempêtes que l'Europe agit, avance et sorte de sa torpeur.

En 2020 c'est le coronavirus qui est à l'origine du déblocage de 750 milliards d'euros, premier exemple de réelle solidarité de cette importance entre les vingt-sept pays.

En 2021, ces jours-ci, c'est face à l'acte de piraterie du dictateur biélorusse Loukachenko, se permettant d'arraisonner un avion irlandais reliant deux pays européens, la Grèce et la Lituanie, que les vingt-sept pays européens se sont prononcés d'une seule voix pour interdire l'espace aérien européen aux avions des compagnies biélorusses et inciter fortement les compagnies européennes à ne plus desservir la Biélorussie.

Dans ces deux cas pourtant le pari n'était pas gagné, les pays les plus riches dans le premier cas ont très difficilement accepté l'effort de solidarité qu'on leur demandait et les régimes illibéraux, dans le deuxième cas, n'ont pas osé, par leur véto, afficher leur proximité avec les régimes dictatoriaux.

Ne faudrait-il pas en profiter pour que l'Europe se défasse de ce carcan du vote à l'unanimité.

 PLAINTE DE GÉRALD DARMANIN CONTRE AUDREY PULVAR

Gérald Darmanin porte plainte contre Audrey Pulvar en lui reprochant de "diffamer la police". Cette dernière, après la manifestation des policiers devant l'Assemblée Nationale à laquelle s'était joint le Ministre de l'Intérieur, avait tenu les propos suivants: "Soutenue par l'extrême droite, à laquelle participe un Ministre de l'Intérieur, qui marche sur l'Assemblée Nationale pour faire pression sur les députés en train d'examiner un projet de loi concernant la justice, c'est une image qui pour moi était assez glaçante".

Bravo Monsieur le Ministre de l'Intérieur, vous faites d'une pierre deux coups en vous présentant à peu de frais comme le défenseur des policiers dont vous avez la responsabilité, et comme un parfait serviteur du Président de la République en attaquant celle qui est à la fois à la tête de la liste de gauche aux élections régionales en Île de France et adjointe d'Anne Hidalgo, Maire de Paris et potentielle candidate à l'élection présidentielle.

Pour moi les propos d'Audrey Pulvar ne m'ont pas choqué, mais la justice se prononcera, pas  plus que l'image d'un homme politique choisi par le Président de la République pour occuper un poste de Ministre, manifestant contre les députés qui sont des élus du peuple.

Image surréaliste et qui doit être une première dans notre démocratie.

lundi 24 mai 2021

 COVID-19 LA LUTTE CONTINUE

S'il y a un événement qui montre qu'il ne faut pas baisser la garde dans la lutte contre le covid-19, c'est bien l'apparition d'un foyer de contamination à Bordeaux.

Bordeaux, la grande ville la plus épargnée par la pandémie, capitale de la région la moins touchée, voit se développer un important foyer d'un nouveau variant du covid-19.

La réaction immédiate des pouvoirs publics est exemplaire. Vaccination ouverte à tous dans le quartier, commande massive de vaccins par l'ARS et projet d'extension de la vaccination à toute la ville puis à la métropole.

Que dire de plus si ce n'est que le seul recours pour lutter contre la pandémie est le vaccin.

Alors, Messieurs les responsables politiques, Président de la République entête, un peu de courage: imposez la vaccination obligatoire.

Vouloir sauver son pays d'une pandémie n'a rien d'un geste d'autoritarisme démesuré. La démocratie exige à la fois la liberté de chacun et la protection de tous par ceux qui la dirigent.

 PLUS À GAUCHE, TU MEURS !

Emmanuel Macron accorde un PASS Culture de 300 € à tous les jeunes l'année de leurs 18 ans.

Dans la foulée des folles dépenses engagées pour lutter contre le covid-19, Emmanuel Macron peaufine son "image de gauche". Que représente ce PASS Culture dans l'océan des dépenses du "quoiqu'il en coûte"?

En étant un tantinet méchant, on pourrait dire que ces 300 € représentent exactement cinq ans de réduction d'APL de 5 € mensuels que ces mêmes jeunes avaient perdus au début du mandat présidentiel.

Tout en étant critique, ne boudons pas notre satisfaction et, tant mieux si ces 300 € permettent à certains jeunes d'assister à des manifestations culturelles dont ils auraient été obligés de se priver.

Mais, vu sous l'angle de l'image du Président en vue de 2022, le geste est habile. Emmanuel Macron sait que dans le schéma qu'il souhaite voir se réaliser au second tour de l'élection présidentielle, où il rêve d'en découdre avec Marine Le Pen, son principal ennemi sera l'abstention. L'abstention notamment des électeurs de gauche qui l'avaient porté au pouvoir en 2017. De tels gestes, a peu de frais, pourraient convaincre quelques récalcitrants qu'il serait encore le candidat du moindre mal.

dimanche 23 mai 2021

 QUI A PEUR DE L'INFLATION ?

La vigueur de la reprise économique aux États-Unis a provoqué un début d'inflation (4,2%). Les économistes s'alarment. Manque de main d'œuvre. Même en France, malgré le chômage certains ont du mal a recruter, les salaires risquent de croitre, un début, pour certains, de spirale infernale.

Mais est-ce mauvais pour tout le monde ?

Rappelons-nous, dans les années 1970 lorsque pour accéder à la propriété on empruntait à taux fixe avec une inflation galopante. Il devenait possible de se loger, en devenant propriétaire, dans  un logement de bien meilleure qualité  que dans ceux proposés à la location pour un prix rapidement inférieur à celui du loyer que l'on aurait payé si l'on était resté locataire car, contrairement aux remboursements mensuels des prêts contractés, les loyers suivaient l'inflation.

Sans cette inflation, il est à peu près certain que plus de la moitié de  ceux qui sont devenus propriétaires dans ces années là seraient restés locataires. C'était pour eux l'occasion unique de commencer à se constituer un patrimoine.

Alors, bien sur par temps d'inflation les épargnants voient leurs avoirs s'éroder, mais ceux qui n'ont rien ou peu de chose trouvent dans cette situation l'occasion unique d'accéder à certains biens auxquels ils n'auraient jamais pensé avoir pu rêver.

Faut-il alors être inquiet de ce début d'inflation ?   

samedi 22 mai 2021

 DÉCONFINEMENT, UNE IMPRESSION DE DÉJÀ VU

Le 19 mai 2021, première journée de déconfinement, après la troisième vague de la pandémie, ressemble à s'y méprendre à celle du 11 mai 2020 première journée de déconfinement que nous avons connue et qui a conduit à deux autres reprises de la pandémie. 

Peut-être même que sept mois de privation de restaurants, de cafés, de spectacles et d'achat de produits dits non essentiels, se sont traduits par une ruée de consommateurs encore plus importante qu'il y a un an.

Les quelques reportages télévisés que nous avons pu voir permettent de penser qu' aux terrasses de cafés et restaurants les distances de sécurité n'étaient pas toujours respectées et les files d'attente devant les magasins et les cinémas étaient impressionnantes.

Ces conditions de reprise font qu'il y a peut-être lieu d'être inquiet pour le 9 juin lorsque la jauge autorisée dans les salles de spectacles augmentera et que cafés et restaurants pourront servir les clients en salle.

Il ne serait pas étonnant qu'en raison du comportement des clients et consommateurs constaté le 19 mai, le gouvernement envisage d'utiliser le PASS sanitaire d'une manière plus restrictive.

Quoiqu'il en soit, ces images laissent à penser que la liberté ne sera réellement retrouvée que grâce à la vaccination, c'est à dire lorsque 90% de la population aura accepté de se faire vacciner.

Question essentielle: comment atteindre cet objectif, avec l'extension de l'exigence du  PASS sanitaire ou en rendant la vaccination obligatoire ?