jeudi 20 mai 2021

 LES SOLUTIONS SIMPLISTES DU HAUT COMMISSAIRE AU PLAN

Après avoir rappelé qu'en France les prestations sociales et notamment les retraites sont financées par les actifs et constatant une baisse de la natalité, François Bayrou, Haut Commissaire au Plan, pense qu'il est nécessaire de relancer une politique de natalité et éventuellement de faire appel à l'immigration.

On ne peut dire qu'il fasse preuve de beaucoup d'imagination.

Relancer une politique de natalité est certainement une nécessité, mais seulement après avoir analyser les causes de la dénatalité et non pas en recherchant les moyens de mise en place de mesures incitatives.

Comment croire que les jeunes couples soient enclins à avoir des enfants lorsqu'il y a en France plus de trois millions de chômeurs, que les études supérieures se font de plus en plus souvent dans des établissements privés dont les coûts prohibitifs ne permettent l'accès qu'aux enfants des plus aisés, que se loger est de plus en plus difficile tant les propriétaires situés dans les villes universitaires préfèrent les touristes, locataires d'un jour, plutôt que d'accueillir un étudiant pour l'année scolaire. Certainement que si l'horizon s'éclaircissait et que l'avenir était assuré pour leur descendance, les couples hésiteraient moins à faire des enfants.

Quant à faire appel à l'immigration, ne vaudrait-il pas mieux donner du travail aux émigrés déjà sur notre sol et surtout à la descendance d'anciens émigrés devenus français par leur travail, pour régler en même temps d'autres problèmes pour apporter un peu plus de tranquillité et de sérénité dans certaines zones de banlieues.

Lorsque le chômage sera résorbé, que l'enseignement aura retrouvé la qualité qu'il avait antérieurement, au lieu d'être l'un des plus mauvais d'Europe, et qu'il deviendra, au niveau des études supérieures, accessible à tous, le taux de natalité devrait remonter et nul n'aura besoin de faire appel à l'immigration, elle se fera certainement d'elle même au delà de ce que le Haut Commissaire au Plan pourrait éventuellement souhaiter.

 MANIFESTATION DES POLICIERS, COMPORTEMENTS AMBIGUS

Le 19 mai 2021 les policiers manifestent dans la rue. Rendent-ils hommage à leurs collègues qui ont perdu la vie en opération ou réclament-ils plus de moyens pour accomplir correctement leurs missions ?

En période préélectorale, les hommes politiques ont  bien sur profité de cette ambiguïté pour s'invectiver et créer des polémiques.

Le pouvoir en place dit compatir et vouloir honorer la mémoire des disparus. L'opposition critique cette attitude et prévoit de se joindre à la manifestation pour demander plus de moyens pour les forces de l'ordre.

Alors, que l'on veuille être objectif ou en découdre, on a toutes les bonnes raisons de participer aux manifestations et à critiquer ceux qui y assistent.

Bel exercice de démagogie également partagé par le pouvoir en place et certains opposants.

mercredi 19 mai 2021

 APRÈS LE DÉGAGISME, LA DÉSORGANISATION

En 2016 Emmanuel Macron a créé le mouvement LREM destiné à prendre le pouvoir, sans idéal politique, en faisant appel à des candidats diplômés, voulant le changement mais sans réel projet, bien aidé en cela par François Bayrou, faiseur ou défaiseur de roi, avec son petit parti le Modem, à qui il cherche toujours à donner un rôle charnière, pour peser sur l'avenir du pays. C'était l'époque du "dégagisme". De nombreuses têtes à la direction des partis politiques traditionnels sont tombées, les électeurs les ont fui.

Maintenant à l'approche du scrutin présidentiel de 2022, au lieu d'assister à un débat d'idées, on assiste à de grandes manœuvres, visant par des alliances discutables, à éliminer les candidats dangereux. Ce n'est plus du dégagisme, c'est de la désorganisation.

Dans le chaos ainsi créé, Emmanuel Macron souhaite que l'élection présidentielle ne se fasse pas sur une confrontation de programmes, mais espère que les électeurs lui seront reconnaissant de la manière dont il a géré la crise sanitaire en étant le Chef d'État qui a certainement le plus aidé ceux qui ont perdu leur emploi et peut-être, mais attendons encore, celui qui lors de la troisième vague a le plus été capable de préserver l'économie tout en limitant les risques sanitaires.

Qu'attendent donc les anciens partis, qu'ils soient de droite ou de gauche, pour proposer des programmes structurés permettant d'identifier une volonté politique de réformer et de prendre en main le pays de manière à ce que le scrutin de 2022 ne se traduise pas par un vote de satisfaction ou de rejet pour donner le pouvoir soit à l'extrême droite, soit à un simple gestionnaire.

mardi 18 mai 2021

 PASS SANITAIRE ET TOURISME

Le PASS sanitaire européen est en cours d'élaboration. Il devrait être imposé à tous les pays de l'Union Européenne, mais en sera-t-il de même pour ces modalités d'application? Chaque pays aura-t-il la possibilité de définir les conditions ou les lieux où il sera exigé ?

Il serait me semble-t-il important qu'un minimum de règles d'application soit imposé pour que la concurrence touristique ne favorise pas le laxisme.

En Europe les pays pour lesquels le tourisme a le plus d'importance, en raison de la part qu'il représente dans le PIB, sont les pays du sud. Il ne faudrait pas que les exigences sanitaires deviennent le principal levier sur lequel ces pays pourraient agir pour tirer avantage d'un manque de précaution sanitaire, ce qui pourrait être extrêmement dangereux pour mener à bien la lutte conte la pandémie.

Souhaitons que l'Union Européenne impose un minimum d'exigences raisonnables,  quitte à ce que certains pays prennent la responsabilité d'être plus intransigeants au détriment des revenus que le tourisme pouvait leur laisser espérer. mais cela ne devrait arriver que si les préconisations de l'Union Européenne n'étaient pas suffisantes pour garantir la sécurité sanitaire des touristes.

De ce fait l'harmonisation du contenu du PASS sanitaire européen sera très importante mais les consignes d'application le seront encore plus et devront faire l'objet d'une grande attention et d'études très sérieuses.

dimanche 16 mai 2021

 L'HYPOCRISIE DU PASS SANITAIRE

Lorsque les différents variants du SRAS CoV 2 n'étaient pas connus, les épidémiologistes pensaient qu'une couverture vaccinale de 65 à 70% pourrait permettre d'atteindre l'immunité collective. L'idée du PASS sanitaire était envisagée dans le but de relancer au plus tôt l'économie pour que les personnes vaccinées puissent profiter des restaurants, cafés, spectacles, etc.

Cette approche avait un aspect inégalitaire puisque bien des personnes voulant se faire vacciner ne pouvaient accéder au vaccin dont la quantité était insuffisante pour satisfaire tous les demandeurs.

Avec les différents variants les choses ont changé, on parle d'une couverture vaccinale de 90% pour que l'immunité collective soit garantie. Autant dire que sans rendre la vaccination obligatoire, cet objectif est inatteignable.

Alors sort le PASS sanitaire imposé pour pouvoir participer à certaines manifestations en espérant que les plus réfractaires iront se faire vacciner pour ne pas être pénalisés. Si ces contraintes ne s'avéraient pas suffisantes, il ne serait pas surprenant que la vaccination devienne obligatoire pour toutes sortes de sorties en public comme la fréquentation des cafés et restaurants.

Ainsi le PASS sanitaire deviendrait une obligation de se faire vacciner.

De ce fait, si 90% de la couverture vaccinale est obligatoire, imposer le PASS sanitaire revient hypocritement à décréter la vaccination obligatoire

 RÉFORMES DE l'ENSEIGNEMENT

Depuis l'après guerre les réformes de l'enseignement se succèdent et malgré cela notre pays est l'un des plus mal noté en ce qui concerne les élèves de CM 2 et de 4°.

Je voudrais profiter de cet situation pour rapporter une des premières expérimentations, dès 1947, dont j'ai eu la chance de profiter dans les classes du premier cycle du second degré au Collège Moderne de Bordeaux.

Il s'agissait de classes dites "Modernes nouvelles". Cette expérience n'a été que de courte durée et je crois bien qu'elle n'a duré que quatre ans, de la 6° à la 3° pour une seule "promotion".

Dès la 6°: classe de 24 élèves répartis en quatre équipes. Travaux individuels, évidemment, et travaux d'équipe pour constituer des dossiers sur des thèmes variés proposés par les professeurs de sciences ou d'histoire et géographie. Ces dossiers devaient être présentés oralement depuis la table du professeur devant les autres élèves répartis en hémicycle, suivis de question et réponses, souvent relancées par le professeur qui assistait à l'exercice. Tenue d'un cahier appelé "Cahier de vie" avec textes journaliers décorés et corrigés par le professeur de français. Chaque semaine une demi journée était consacrée à "l'étude du milieu" qui consistait en la réalisation de sorties avec un professeur pour aller visiter des musées, des monuments ou des entreprises ainsi que des sites naturels comme d'anciennes carrières faisant apparaître des coupes de terrain, des bois ou la campagne pour ramasser des champignons ou constituer un herbier. Chaque sortie étai suivie d'un compte rendu ou d'établissement de fiches d'identification des éléments récoltés.

En 5° le travail d'équipe disparaissait mais les sorties faisaient toujours partie du programme. 

En 4° et  3° venaient s'ajouter des demi journées d'atelier où toutes sortes de techniques commençaient à être enseignées: travail du bois et du fer, reliure, pyrogravure, linogravures, eau-forte, électricité, peinture sur porcelaine etc.

Pendant tout ce premier cycle nous bénéficiions de cours de dessin, où différentes techniques et notions nous étaient enseignées comme la perspective ou le pochoir, et de musique où malheureusement le solfège occupait la majeure partie du temps. D'autre part des échanges étaient proposés par le professeur d'anglais avec un établissement de la ville de Bristol

J'ajouterais qu'en dehors des livres destinés à l'apprentissage des langues étrangères, tous les livres nous étaient prêtés et donc gratuits.

Bien que n'ayant pas à cette époque fait partie des meilleurs élèves, je garde un excellent souvenir de ces années. Deux critiques me viennent à l'esprit: l'enseignement de la musique qui m'a paru très austère et qui de ce fait m'a plutôt éloigné de l'envie de connaitre les grandes œuvres musicales et le fait que les échanges linguistiques proposés par l'association "Bordeaux-Bristol" n'étaient accessibles qu'aux élèves dont les familles disposaient des moyens suffisants pour leur permettre de profiter d'une telle opportunité. 

Pour le reste, je ne garde le souvenir que d'une réforme très positive et regrette quelle n'ait connu aucune suite.

samedi 15 mai 2021

À QUI PROFITERA LA CANDIDATURE DUPOND-MORETTI DANS LES HAUTS DE FRANCE?

En présentant Éric Dupond-Moretti aux élections régionales dans les Hauts de France, Emmanuel Macron tente le double pari de lutter contre Marine Le Pen et d'affaiblir Xavier Bertrand.

Ce pari n'est pas sans risque car il est peu probable que les voix qui devraient aller au RN puissent se reporter sur LREM.

Alors que peut-il se passer ?

Tout le monde connait la faconde, la violence des mots et des expressions d'Éric Dupond-Moretti ainsi que sa forte personnalité et sa redoutable efficacité dans les luttes oratoires. Il peut faire sortir Marine Le Pen de ses gonds et ainsi lui faire dévoiler à la fois sa réelle personnalité et le but de son projet. Mais croit-il pour autant pouvoir récupérer les électeurs qu'il peut lui faire perdre ? Certainement pas. Il y a donc une possibilité de voir Éric Dupond-Moretti affaiblir Marine Le Pen et que ce soit Xavier Bertrand qui profite du report des voix que celle-ci pourrait perdre.

C'est en ce sens que le pari d'Emmanuel Macron est risqué, car s'il affaiblit Marine Le Pen en renforçant Xavier Bertrand, ce sera pour lui une mauvaise nouvelle en prévision du scrutin présidentiel.

Une autre hypothèse serait que les voix perdues par Marine Le Pen aille au candidat de gauche, Éric Dupond-Moretti ayant fait comprendre à ces électeurs qu'il faut se réveiller après avoir rêvé, en se rendant compte que leur rêve n'était qu'un cauchemar.

Ne rêvons pas nous non plus !