mercredi 14 octobre 2020

 SERVICE PUBLIC ET RESPECT DES USAGERS

Le projet de fusion entre Veolia et Suez, chargés d'alimenter en eau la plus grande partie de ménages français, contre l'avis du gouvernement semble signifier un changement de comportement dans la délégation de service public.

Jusqu'à ce jour, l'État actionnaire, même minoritaire, dans une entreprise remplissant des missions de service public, arrivait à faire entendre sa voix et à imposer ses choix. De ce fait, en contre partie de la vision capitalistique avide de profit de certains de ses dirigeants, l'État arrivait, tant bien que mal, au moins à imposer un minimum de mesures pour assurer, autant que faire se peut, que le service public soit assuré sans que le profit maximum de l'entreprise soit le seul but à atteindre.

La réussite n'a pas toujours été au rendez-vous, mais au moins dans la pratique une forme de garde-fou existait.

Ne faudrait-il pas envisager de revoir les règles des contrats de délégation de service public dans certains cas comme la distribution de l'eau, du gaz et de l'électricité pour que l'entreprise délégataire accomplisse sa mission en ayant pour priorité la satisfaction des usagers, tout en lui permettant, bien évidemment, de pratiquer des tarifs lui garantissant de fonctionner correctement  sans pour cela que l'accumulation de bénéfices, de pouvoirs et de monopole soit sa principale ambition.

mardi 13 octobre 2020

 LA GIRONDE "EN MARCHE "ARRIÉRE

Lors des dernières élections législatives, la Gironde a connu un raz de marée venant de LREM qui a eu neuf députés élus sur les douze circonscriptions.

Récemment les députés ont du se prononcer à l'Assemblée Nationale sur l'autorisation de réemployer un pesticide permettant de lutter contre le puceron destructeur des betteraves sucrières, substance dont l'utilisation est interdite depuis 2018 pour des raisons environnementales.

Certains députés LREM se sont prononcés contre, d'autres se sont abstenus, d'autre encore ont quitté le parti.

En Gironde sur les neuf députés LREM, trois ont pris leur distance vis à vis de la consigne du parti:

Sophie Panonacle a voté contre,

Bérangère Couillard s'est abstenue,

Benoît Simian a quitté le parti.

Emmanuel Macron, lorsque en 2017, a fait appel aux bonnes volontés pour animer "l'entreprise France", n'avait certainement pas prévu que les députés élus feraient de la politique et surtout y prendraient goût. 

Mais, tout compte fait, aura-t-il besoin des mêmes soutiens en 2022 ?

lundi 12 octobre 2020

 HÔPITAL, LE GRAND OUBLIÉ

Face à la pandémie du covid-19, Emmanuel Macron a, dès le début, dit que "quoiqu'il en coûte" il prendrait les dispositions nécessaires pour en assurer la lutte.

Que constate-t-on actuellement ?

Que des mesures très coûteuses et extrêmement contraignantes pour les individus et catastrophiques pour l'économie sont prises en raison, essentiellement, de l'impossibilité de soigner correctement les éventuels malades faute de place dans les hôpitaux, de lits, de matériel de réanimation et, surtout, de personnel.

S'il s'avérait que cette deuxième vague épidémiologique, ou suite de la première, soit aussi sévère que celle que nous avons connue au mois de mars, nous ne pourrions pas mieux y répondre car des soignants ont démissionné, d'autres sont épuisés et les suppléants ne se présenteront plus.

Peut-être que si le personnel était mieux traité et les conditions de rémunération plus attractives, on pourrait actuellement aborder cette nouvelle vague dans de meilleures conditions.

Il est donc légitime de se demander si les fonds dépensés "quoiqu'il en coûte" l'ont été bon  à escient.

dimanche 11 octobre 2020

 L'ARMÉE AU SECOURS DE LA JUSTICE

J'ai bien trop critiqué le Garde des sceaux Erick Dupond Moretti pour ses attitudes et prises de position si différentes depuis qu'il est Ministre par rapport à ses déclaration lorsqu'il était avocat, pour ne pas reconnaître que son idée d'envisager une collaboration entre son ministère et celui de la Défense me paraît, sous certaines réserves, être une bonne idée.

Faire appel à l'armée pour encadrer des délinquants en s'assurant que leur peine peut être utile à la société, comme l'accomplissement de tâches d'intérêt général, me paraît aller dans le bon sens, à condition que le personnel militaire encadrant ne fasse pas preuve d'abus de pouvoir, comme des hommes de ma génération ont pu le constater en faisant leur service militaire, et qu'il considère qu'il doit avoir aussi un souci de rééducation

Ne nous réjouissons pas trop vite, mais espérons que cette collaboration permette de ne pas laisser des délits impunis et que les peines appliquées serviront à la fois au délinquant et à la société. Dans ces conditions, tout le monde y gagnera.

samedi 10 octobre 2020

 LES DÉBATS SUR LA GRAVITÉ DE LA PANDÉMIE

Une immense majorité de scientifiques et de chercheurs, dans le domaine de la médecine, pense que le covid-19 est une pandémie extrêmement dangereuse contre laquelle il faut lutter par des mesures préventives sévères car on ne possède ni remède, ni vaccin.

Une minorité de scientifiques, tout aussi diplômés, réfute cette analyse et soupçonnent les gouvernements de profiter de l'événement pour instiller un climat anxiogène.

Sans chercher à m'immiscer dans ce débat scientifique pour lequel je n'ai aucune compétence, je me pose quelques questions.

La quasi totalité des gouvernements cherche à préserver l'économie de leur pays et à la rendre la plus compétitive possible, fusse, bien souvent, au détriment d'une certaine classe sociale. Les dispositions prises pour lutter contre le covid-19 ont toutes des effets néfastes sur la marche de l'économie: chômage, perte de revenu, accroissement de la dette, déséquilibre budgétaire accentué, etc.

Dans ces conditions, je me demande pourquoi de telles  mesures auraient été prises si la minorité des scientifiques qui nient la dangerosité de la pandémie faisaient une bonne analyse des données objectives fournies par les laboratoires et pourquoi ceux qui attendent tout de l'économie de marché ont pris des décisions inutiles visant à l'empêcher de fonctionner ?

vendredi 9 octobre 2020

 QUE VA DEVENIR LA NOUVELLE CALÉDONIE

Il y a des idées originales qui, au moment où elles sont formulées, paraissent bonnes. C'est certainement le cas du projet de référendum sur l'indépendance de la Nouvelle Calédonie qui avait permis de ramener la paix sur l'île.

Prévoir un long délai de réflexion suivi de  plusieurs scrutins laissait supposer, à priori, que la décision qui serait définitivement prise serait indiscutable.

Maintenant que deux référendums ont eu lieu, que constate-t-on ?

- Le premier référendum s'est terminé par la victoire de ceux qui ne réclament pas l'indépendance, 12% de différence avec les indépendantistes.

- Deux ans plus tard, actuellement, le deuxième référendum a confirmé le premier mais la différence s'amenuise pour n'être plus que de 6 %.

À ce compte là, dans moins de deux ans, à l'occasion du troisième référendum, il est fort probable qu'il y ait un quasi équilibre entre les deux positions. Ainsi, à ce moment là, ceux qui gagneront ne pourront se flatter que d'un léger succès qui sera difficilement accepté par les perdants.

Ne se dirige-t-on pas vers de futurs affrontements ?

Ne faudrait-il pas mieux, dès maintenant, réunir les deux camps pour engager une autre procédure avant qu'une crise ne se développe, de laquelle chaque camp sortira perdant ?

jeudi 8 octobre 2020

 SONDAGE PRÉMONITOIRE

D'après un sondage réalisé par l'Ifop Fiducial, si l'élection présidentielle avait lieu actuellement, on assisterait une nouvelle fois à un duel Macron / Le Pen.

C'est particulièrement inquiétant d'autant plus que le parti du Président, LREM se délite et que le Rassemblement National est l'objet de luttes intestines importantes remettant en cause la légitimité de Marine Le Pen pour représenter le parti en 2022.

Quelle catastrophe ! Trois ans et demi n'ont pas suffi, et cinq ans ne suffiront certainement pas, pour que des partis portant des programmes nouveaux et des projet de société trouvent des leaders capables de les représenter.

Plus le temps passe et plus on a l'impression de se diriger vers un duel entre deux personnes et non pas entre deux courants politiques puisque l'un des protagonistes a trahi ceux qui l'ont élu alors que l'autre veut représenter à la fois les  oubliés de la classe ouvrière des régions meurtries par le chômage  et les nantis des régions plus souvent habitées par des rentiers que  par des actifs. 

La France pays des lumières et des débats d'idées se dirige peu à peu vers le modèle qui a si bien été caricaturé par le récent affrontement aux États-Unis entre les deux candidats au poste suprême en novembre prochain.