mardi 28 mai 2019

LES ENSEIGNEMENTS DES ELECTIONS EUROPEENNES EN FRANCE

Il semble que l'on puisse émettre les hypothèses suivantes quant aux enseignements à tirer du résultat des élections européennes en France:
- Le RN arrive en tête avec 23,5% des voix ce qui est un moins bon score qu'en 2014, mais il devance LREM d'un point. Son électorat est particulièrement fidèle, il se comporte en partie de l'extrême droite et essentiellement des opposants de tous ordres au pouvoir actuel puisque, fait assez incompréhensible, que ce parti veuille quitter l'Union Européenne ou y rester, qu'il veuille garder l'euro ou l'abandonner, son électorat reste le même. Difficile d'y voir une motivation européenne quelle qu'elle soit. Si on ajoute à ces voix celles des souverainistes ne voulant pas quitter l'Union Européenne de DLF on obtient 26,9% des voix.
- LREM arrive en seconde position. Emmanuel Macron manque de peu son pari d'arriver en tête , mais il faut reconnaître que pour le parti au pouvoir ce n'est pas un désastre, sans compter qu'au centre droit l'UDI obtient 2,5% des voix ce qui ferait au total 25% des suffrages.
- EELV fait un très bon score qui toutefois n'atteint pas celui obtenu antérieurement par Daniel Cohn-Bendit, mais deux listes écologistes, les Animalistes et Urgence Écologique, l'ont concurrencée et privée de 4,2% de voix, ce qui fait un total pour "les verts" de 17,3% des voix.
- LR bien seule n'obtient que8,2% des suffrages. Ce parti qui a tenté de prendre des électeurs tantôt au RN, tantôt à LREM a complètement échoué. Certains de ses membres, et non des moindres, l'on quitté pour essaimer dans ces deux partis. La droite est en plein étiage.
- Pour la gauche les choses sont bien plus compliquées. Le PS associé à Place Publique et à Nouvelle Donne obtient 6,4% des voix. La gauche se présentant en ordre dispersé a privé ce courant de pensée de nombreux sièges au Parlement Européen. Génération's qui n'obtient que 3,2% des voix n'aura aucun siège alors qu'associée au PS, trois députés supplémentaires auraient été élus. Le même raisonnement pourrait se tenir pour le PCF qui avec 2,5% des suffrages aurait pu apporter deux sièges de plus. Quant LFI, malgré la bonne campagne de sa tête de liste, elle semble payer les débordements verbaux de son leader. Ce parti obtient toutefois 6,3% des voix, ce qui lui laisse espérer six sièges. Gageons qu'en l'absence de son leader charismatique et parfois contesté, certains adhérhents de ce parti seraient prêts à rejoindre le PS pendant que d'autres se dirigeraient vers le NPA ou Lutte Ouvriére.. On arriverait alors pour la gauche à un total de l'ordre de 17% de suffrages potentiels, sans compter les verts avec qui de nombreuses proximités existent.
Si maintenant on se remémore la récente élection présidentielle où PS et EELV  avec un candidat  commun n'avait obtenu que 6,5% des voix , on peut noter une réelle et très sensible progression et même concevoir qu'une gauche "reverdie" pourrait atteindre et même dépasser 30% des intentions de vote.
En conclusion, il ne semble pas ridicule de penser que le paysage politique qui se dessine après ces élections européennes est le suivant:
Extrême droite souverainiste, de l'ordre de 26 à 27%
Centre droit, de l'ordre de 25%
Droite, de l'ordre de 8 à 9%
Gauche, de l'ordre de 17%
Ecologistes, de l'ordre de 17%
avec pour ces deux derniers groupes un certain nombre de propositions qui pourraient être communes. 

lundi 27 mai 2019

C'EST DANS LES VIEUX POTS...

Paraphrasant ce dicton populaire, certains pensent que c'est avec de vieillles peaux qu'on refait un grand parti politique.
En effet, bien des journaux et émissions politiques, en général bien informés parlent du début d'une intention de refondation du Parti Socialiste.
Mais, qui va s'atteler à cette tâche ? Les noms de Jean-Yves Le Drian, Didier Guillaume, Bernard Cazeneuve, François Hollande et Lionel Jospin  circulent. Que des nouveaux venus pleins d'avenir !
Dans l'état actuel du Parti Socialiste, si ces hommes de bonne volonté arrivent à leur fin, reconstruire un parti important qui pèse sur la vie politique française, le moment venu la plupart d'entre eux sera certainement octogénaire.
On s'est déjà plaint, dans les années 1990, qu'une génération n'avait pas eu droit à la parole. Au train où vont les choses, ce seront pas une mais trois générations qui auront été oubliées.
Dernier détail, mais qui a son importance, il paraît que parmi ces hommes dévoués pour leur pays, certains voudraient créer un parti "macron compatible" ce que d'autres ne souhaitent surtout pas.
Voilà des bases solides pour une reconstruction ambitieuse.

dimanche 26 mai 2019

L'ENORME POUVOIR DE DONALD TRUMP

Dans la guerre commerciale engagée par Donald Trump avec la Chine, la firme Huawei, fabricant de téléphones, se trouve directement impactée par la menace d'être dans l'impossibilité d'exporter ses produits aux États-Unis.
Il se trouve que je me suis trouvé dans l'obligation de changer de téléphone portable. Je me suis donc adressé à différents revendeurs de produits variés ainsi qu'à un opérateur téléphonique. Tous m'ont déconseillé la marque Huawei en raison des décisions de Donald Trump alors qu'il y a peu cette marque avait souvent leur préférence en raison de ce qu'ils présentaient comme un excellent rapport qualité/prix.
Ainsi, en moins d'une semaine, une intention d'intervention de Donald Trump sur le marché de la téléphonie a des répercutions sur la vente de détail dans notre pays.
Parler de l'embargo iranien paraît assez lointain pour le consommateur lambda alors qu'une telle expérience, qui peut être celle de tous les jours de n'importe quel consommateur français, fait toucher du doigt l'énorme puissance sur le plan commercial des États-Unis et par voie de conséquence celle de son Président toujours aussi imprévisible.

samedi 25 mai 2019

LE DEUXIEME DEBAT POUR LES ELECTIONS EUROPEENNES

France 2 organisait le 22 mai 2019, avant les élections européennes, un débat entre les leaders des quinze principales listes ou leurs représentants.
Pendant l'émission l'institut de sondages IPSOS consultait 1037 spectateurs pour apprécier la manière dont chaque candidat avait été perçu et si, par leurs arguments, ils avaient convaincu l'auditoire.
Les résultats donnés en fin d'émission ont été les suivants:
Marine Le Pen                  37%
Yannick Jadot                   37%
Manon Aubry                   37%
Nicolas Dupont-Aignan   35%
Raphaël Glucksmann       32%
Que conclure de tels résultats ?
- Marine Le Pen, qui ne conduit pas la liste électorale arrive en tête malgré une prestation plus que moyenne. Son électorat est certainement très fiable.
- Yannick Jadot récupère les bonnes intentions de tous les auditeurs bien conscients des énormes problèmes environnementaux auxquels il va falloir faire face. Ils ne constituent pas pour cela toujours des électeurs potentiels.
- Manon Aubry fait un score impressionnant pour une jeune débutante. Elle s'est brillamment comportée et l'on peut se demander si Jean-Luc Mélenchon, par ses foucades et son comportement excessif, ne constitue pas pour elle une gêne plutôt qu'un avantage.
- Nicolas Dupont-Aignan, bien installé dans le paysage politique est apprécié des souverainistes de droite qui ne veulent pas franchir la porte du Rassemblement National.
-  Raphaël Glucksmann fait un score plus honorable que prévu en faisant une prestation de qualité et en s'exprimant très clairement avec beaucoup de calme et de sang-froid.
- Bien que ce sondage ne s'apparente en aucun cas à un scrutin, car le cumul des pourcentage dépasse largement la centaine, on perçoit très clairement que la gauche va pâtir de ses divisions entre Yannick Jadot et Raphaël Glucksmann, sans compter les voix qui vont être perdues chez Benoît Hamon qui n'atteindra certainement pas les voix nécessaires pour être présent au Parlement Européen.
- LREM n'apparait pas dans les cinq premiers, ce qui n'est pas significatif du résultat attendu, mais il faut reconnaitre qu'à chaque débat elle a du mal à se faire entendre aussi bien à cause de son manque de vivacité que de clarté dans son expression.
Ce débat aura-t-il une influence sur les résultats dimanche 26 mai ?
S'il en a une on peut penser que la plus importante sera peut-être de permettre à la liste menée par Raphaël Glucksmann de franchir la barre des 5% et de permettre ainsi à des socialistes français de siéger au Parlement Européen.

vendredi 24 mai 2019

STEVE BANNON, CET HOMME EST DANGEREUX !

Après avoir pris une large part à la prise du pouvoir aux États-Unis de Donald Trump, Steve Bannon, entré en disgrâce, vient en Europe soutenir les partis anti-européens, qui se cachent sous l'appellation de nationaliste, pour essayer de détruire l'Europe.
Issu de chez Goldman et Sachs il souhaite " faire gagner les droites identitaires et populistes en Europe", et pour ce faire vient conseiller en France le Rassemblement National, ce parti qui, derrière un patriotisme clairement affiché, après avoir sollicité des banques russes n'hésite pas à suivre les conseils du gourou de Donald Trump.
Ainsi, cet individu, bien que ne profitant plus des bonnes grâces du Président de États-Unis, continue par idéologie à lui rendre service en cherchant par tous les moyens à affaiblir l'Europe.
Il serait peut-être temps que ceux qui confondent élections présidentielle et européenne se rendent compte que le 26 mai, compte tenu du nombre de listes électorales en présence, cet élection n'a rien d'un référendum pour ou anti Macron, mais qu'un moment de colère peut avoir de lourdes conséquences en affaiblissant l'Europe et  alimentant ainsi les risques de la voir disparaître et être la proie des États-Unis et de la Chine 

jeudi 23 mai 2019

LREM, CENTRE D'ACCUEIL

Le mouvement LREM s'est constitué au départ essentiellement avec des gens de gauche et s'est trouvé au pouvoir en accueillant des voix venant de toute part, notamment du Parti Socialiste, dont les électeurs refusaient de voter pour Benoït Hamon qui avait remporté la primaire de la gauche.
Pour la constitution du gouvernement, il en est allé tout autrement, les postes les plus importants sont revenus à de vrais responsables politiquesde droite.
Petit à petit ceux qui restaient un peu éloignes de LREM mais qui voyaient leur avenir compromis en restant dans leur parti, mais peut-on parler d'avenir quand on est sexagénaire, comme Jean-Pierre Raffarin et Ségolène Royal se sont laissés séduire.
Situation cocasse, les deux adversaires jurés de la région Poitou-Charentes se trouvent réunis au sein de LREM.
Ce doit être l'influence du climat du département picto-charentais, la Charente Maritime, car je me souviens des propos de Michel Crépeau lors de l'inauguration du pont de l'Ile de Ré alors qu'il était Maire de La Rochelle après avoir occupé plusieurs fois un poste ministériel. Ces propos étaient à peu près les suivants : Le Pont de L'Iles de Ré est le symbole de la politique de la Charente Maritime, ce pont qui est tout en courbe, lorsqu'on le regarde depuis le continent s'infléchit vers la gauche, mais si on le regarde depuis l'Ile de Ré, il s'infléchit vers la droite.
Jean-Pierre Raffarin s'apparenterait alors à un continental et Ségolène Royal à une insulaire.

mercredi 22 mai 2019

LE SABORDAGE DU PARTI SOCIALISTE

Au moment où la liste Place Publique - Nouvelle Donne - Pari Socialiste pour les élections européennes, menées par Raphaël Glucksmann, peine dans les sondages, des personnalités du Parti Socialiste comme Bernard Cazeneuve ou Jean-Yves Le Drian n'hésitent pas à reprocher, à ce leader, des propos qu'il a tenu sur François Mitterrand lors du génocide du Rwanda.
Sans porter aucun jugement sur l'attitude de l'ancien Président de la République ni sur les critiques de celle-ci émises à l'époque par Raphaël Glucksmann, je trouve scandaleux que ces membres du Parti Socialiste, en général bien informés, aient attendu que les listes électorales soient déposées pour exprimer de telles critiques.
Ils n'ignoraient certainement rien de ces propos qu'ils se mettent subitement à critiquer. S'ils pensaient que leur parti ne devait pas s'associer à Place Publique, c'est au moment de la constitution des listes électorales qu'ils devaient s'exprimer.
Maintenant qu'il est trop tard, ils n'ont que le droit de se taire, à moins qu'ils ne cherchent par leur action à porter un coup fatal au Parti Socialiste et à son Secrétaire Général, ce qui n'est pas très gratifiant pour deux hommes qui en général étaient plutôt appréciés de la population, y compris de ceux qui n'avaient jamais envisagé de les voir participer au pouvoir.