mardi 7 mai 2019

"L'EXPERIMENTATION" A FRANCE TELECOM

Le journal Sud-Ouest Dimanche du 5 mai 2019 traite du procès de France-Télécom où, suite à la manière managériale employée sous la direction de Didier Lombard, dix-huit employés se sont suicidés.
La sociologue Danièle Linhart parle d'expérimentation de nouvelles méthodes de management.
Mais, lorsque ces nouvelles méthodes aboutissent à la mort de certains employés, on peut alors considérer que l'expérimentation a également été faite sur l'homme et sur sa résistance à supporter les contraintes que lui impose sa hiérarchie.
L'expérimentation sur l'homme est en général l'apanage des régimes totalitaires. Ainsi, on a laissé se développer en France ce genre d'expérimentation au sein d'entreprises, non seulement sans intervenir, mais, si l'on en croit Danièle Linhart, le type de gestion si dangereux de France-Télécom est très proche de celui que vivent actuellement la Poste et la SNCF.
Si c'est le cas, et pourquoi ne pas croire une spécialiste, ceux qui pratiquent ou acceptent de pratiquer ce genre de management doivent être sanctionnés de même que ceux qui ont mis en place les textes et règlements permettant à de telles situations de se développer.
Quant au procès en cours il faut souhaiter que les coupables subissent des sanctions exemplaires. Notre culture du respect de la personne humaine ne s’arrête pas à la porte des entreprises. 

lundi 6 mai 2019

PRESIDENT IMPATIENT, MINISTRE RAISONNABLE

Dans ces coups de menton provocateurs dont il a le secret et qui lui plaisent tant, notre Président a prévu la reconstruction de Notre Dame de Paris en cinq ans.
Son Ministre de la Culture, Franck Riester veut privilégier la qualité du chantier à la rapidité, mais en annonçant cela il a cherché à expliquer qu'il n'était pas en opposition avec son Président.
Allez comprendre quand les plus grands spécialistes parlent d'une durée de reconstruction allant de quinze à vingt ans.
Ce problème de délai est bien secondaire par rapport à tous ceux que  le gouvernement doit actuellement affronter, mais ce peut être assez significatif de la manière dont on peut penser que les promesses, notamment celles que la majorité des français souhaitent voir respecter, vont être tenues.

dimanche 5 mai 2019

HORIZON : SORTIR DU NUCLEAIRE

Jamais image n'a été aussi bonne que celle qui fixe un horizon pour sortir du nucléaire, ou tout au moins la diminution de l'importance de l'énergie nucléaire dans la production d'électricité en France. On a parlé de 2025, on propose maintenant 2035 on envisage de passer à 2050. L'horizon est par définition une ligne imaginaire que l'on n'atteint jamais.
Mais pourquoi s'acharner à vouloir se priver d'une énergie non polluante au lieu de mener des recherches pour en limiter les risques et les déchets ?
Rappelons que le 3 février 2016, des chercheurs allemands ont réussi la fission nucléaire qui serait "une énergie propre à ressource infinie".
Rappelons également que la France s'est battue avec succès pour réaliser des essais de fission nucléaire par la création d'ITER, dont les résultats sont attendus pour 2027.
ARTE a diffusé la même année le 20 septembre une émission indiquant que les centrales à thorium et au sel liquide ne présentaient pas de risque d'explosion avec des déchets moins radioactifs à période plus courte.
Pourquoi alors ne pas orienter massivement la recherche vers le traitement des déchets au lieu de vouloir, à tout prix, tout attendre d'énergies dites propres qui polluent la planète avant la moindre production d'énergie.
Il y a là un mystère que je ne comprends pas. Peut-être suis-je mal informé ?

samedi 4 mai 2019

QUEL PREMIER MAI !

Je ne parlerai pas ici des incidents qui ont entaché cette fête du travail, ni de la satisfaction du pouvoir qui, malgré la casse, a trouvé que la journée a été maîtrisée, ni des approximations douteuses du Ministre de l'Intérieur concernant les événements de la Pitié-Salpêtrière, je parlerai du comportement des centrales syndicales et de leur autorité.
Ont avait pris l'habitude, regrettable, depuis un certain temps de voir chaque centrale organiser son propre défilé, au lieu de manifester dans l'unité, mais toutes demandaient à leurs adhérents de battre le pavé et étaient capables d'imposer que la manifestation se fasse en bon ordre.
Cette année, la C.F.D.T. s'est abstenue pendant que la C.G.T. a vu son Secrétaire Général mal traité au point de devoir être exfiltré de la manifestation.
Il se pourrait que le premier mai qui faisait l'objet, jusqu'à maintenant, de la démonstration des forces syndicales, en cette année 2019, en sonne le glas.
Aboutissement logique d'une décroissance de la mobilisation des travailleurs qui ont pendant les trente glorieuses cru pouvoir régler leurs problèmes individuellement et qui ne se sont pas rendus compte que l'on ne peut vivre éternellement sur des acquis sans se mobiliser pour les préserver.
Ceci amène à se poser une question importante et fort gênante: si les syndicats avaient gardé le poids qu'ils représentaient au milieu du siècle dernier, les gilets jaunes auraient-ils existé ?

vendredi 3 mai 2019

SORTIR DE L'AMBIGUÏTE

Depuis bientôt six mois, chaque samedi, les rues de la capitale et des grandes villes sont occupées par des gens qui expriment leur mécontentement.
Il y a des manifestants, il y a des émeutiers.
En démocratie, lorsque l'on n'est pas satisfait de l'orientation ou des décisions prises par le gouvernement, on peut manifester. C'est un droit. Si ces orientations restent inchangées on doit attendre la prochaine échéance électorale pour exprimer son désaccord et se mobiliser pour proposer un nouveau projet à soumettre à l'approbation des citoyens lors d'un prochain scrutin. Ce sont les urnes qui parlent.
Intervenir violemment dans la rue, casser le mobilier urbain, détruire des biens privés est un délit qui doit être sévèrement réprimé. Lorsque, de plus, ceux qui agissent de la sorte comprennent en leur sein des émeutiers professionnels venant de tous horizons et franchissant nos frontières pour s’immiscer dans notre démocratie, la plus grande sévérité doit être de mise.
Vouloir, pour les forces de l'ordre, avoir une attitude que l'on pourrait qualifier de "moyenne" est d'une sévérité trop grande pour les uns et s'apparente à du laxisme pour les autres.
Le premier souci du Ministre de l'Intérieur devrait être de vouloir isoler les casseurs des manifestants pacifiques et de demander aux forces de l'ordre d'adapter leurs moyens d'action à chaque population.
Les manifestants doivent être canalisés pour qu'ils respectent les circuits qu'ils ont été autorisés à emprunter, les casseurs doivent être combattus à proportion de la violence qu'ils développent.
C'est de cette incapacité à différencier les uns des autres que nait une ambiguïté telle que celle qui est apparue lorsque des individus sont entrés par effraction à l’hôpital de La Pitié Salpêtrière. Avaient-ils des intentions belliqueuses ? Cherchaient-ils un refuge ? Voulaient-ils se faire soigner ?
Le climat est malsain, il permet toutes les interprétations qui vont de la condamnation de certains à la compréhension d'autres, qui peuvent faire partie tantôt des forces de l'ordre, tantôt des manifestants.
Ambiance délétère qui est un poison pour la démocratie.

jeudi 2 mai 2019

"EN MÊME TEMPS"

Emmanuel Macron est l'adepte du "en même temps". Il voulait être "en même temps" de gauche et de droite, baisser "en même temps" les impôts et accroître les garanties sociales, augmenter "en même temps" le pouvoir d'achat des français et équilibrer les comptes publics.
Il a oublié un seul détail, il a été élu Président de la République "en même temps" par 24% des électeurs qui acceptaient inconditionnellement son projet politique et 42% d'autres électeurs qui ne faisaient que refuser le Front National.
Ainsi, pendant 18mois il a gouverné pour satisfaire 24% des français et en mécontenter 76%. Parmi ces derniers, la plupart ont respecté les règles de la démocratie, mais une partie constituée à la fois de ceux qui ont voté pour lui au second tour de l'élection présidentielle, de ceux qui ne l'ont jamais rejoint et de ceux qui se sont abstenus s'est retrouvée dans la rue dès le 17 novembre 2019, constituant un ensemble hétéroclite de mécontents, impossibles à satisfaire tant leurs revendications sont variées et parfois même opposées.
Ainsi ce fameux "en même temps" s'est décomposé pour le moment en deux temps : 18 mois pour les électeurs qui ont apporté leurs voix dès le premier tour de l'élection présidentielle, le deuxième temps,  ensuite pour les autres. Ne sachant trop comment les satisfaire il navigue en essayant "en même temps" de ne pas abandonner sa politique initiale.
Cette opération devant lui paraître très délicate, il découvre ce qu'est le rôle d'un Président de la République: fixer un cap, et celui d'un Premier Ministre : mettre en œuvre la politique fixée par le Président.
S'est-il présidentialisé ou s'est-il caché ? Libre à chacun d'apporter sa réponse.

mercredi 1 mai 2019

JUSTIFICATION DE L' I.S.F.

Si la France n'avait pas de dettes ni de pauvres, si tous les français vivaient décemment il n'y aurait effectivement pas de raisons qui feraient que les fortunes soient imposables, sauf pour ceux qui souhaitent qu'un régime dictatorial impose une égalité absolue de revenus, modèle de société pour lequel aucune expérience satisfaisante n'ait réussi à convaincre la majorité des français, loin s'en faut.
Mais la France n'est pas dans cette situation. Elle a creusé sa dette pendant 45 ans avec des budgets constamment en déséquilibre. Or si un budget est déficitaire, c'est que les rentrées (les impôts), sont inférieures aux sorties (les dépenses).
Rétrospectivement on ne peut réaliser les économies que l'on n'a pas su ou voulu faire, ce qui n'empêche pas d'avoir dès maintenant une attitude responsable en ne dépensant pas plus que ce que l'on peut. Mais, pour le passé, cette dette qui est due au manque de contribution de ceux qui le pouvaient et qui en ont tiré profit, doit être effacée par ceux qui ont profité le plus de la situation, c'est à dire ceux qui sont maintenant les plus fortunés.
Ainsi, sans qu'il soit affirmé que les grosses fortunes doivent toujours être surimposées, il paraît assez évident que ceux qui ont engrangé des biens pendant que le pays s'endettait doivent maintenant puiser dans leurs importantes économies pour remettre le pays à flot. C'est à cela et a cela seulement que doit servir l' I.S.F.
Quand à l'équilibre actuel des comptes, il faut savoir si l'on veut conserver, et pourquoi pas améliorer, le modèle social que nous connaissons actuellement et que bien des pays nous envient encore. Il semble que ce soit le cas. Cela commence par une gestion rigoureuse des deniers de l’État suivie d'un équilibre entre les dépenses et les recettes, quitte à augmenter le montant global des impôts, pourvu que la répartition des efforts demandés aux français soit faite d'une manière équitable.
Il n'est pas sérieux de se morfondre sur l'importance de la dette d'un pays lorsque le montant des économies de ses habitants est cinq fois supérieur à celui de la dette.