vendredi 8 février 2019

R.I.C. OU R.I.P.

Emmanuel Macron cherche à remplacer le R.I.C. (Référendum d'Initiative Citoyenne) par le R.I.P. (Référendum d'Initiative Présidentielle), en essayant de faire croire aux gilets jaunes qu'il les a entendu.
Ne nous y trompons pas, il  n'est pas prêt à organiser un référendum où il mettrait dans la balance sa place de Président de la République.
Il ne va organiser tout au plus un questionnaire sur des sujets qui ne pourront porter atteinte qu'à la marge à la politique qu'il a décidé de mener depuis vingt mois.
En réalité, nous ne dirigeons pas vers un référendum mais vers une consultation qui, de plus, a de bonnes chances d'être dirigée contre les parlementaires en posant notamment des questions sur la diminution du nombre de députés et de sénateurs.
Sûr qu'il est prêt, si le peuple demande la diminution de nombre de parlementaires, ce qui va arriver, à écouter de bonne grâce les voix qui sortiront de ce scrutin. Il n'aurait, ainsi, pas à se confronter à l'Assemblée Nationale et au Sénat.
Si c'était ainsi que devait se dérouler la consultation, la seule voie qui resterait aux électeurs serait l'abstention ou, mieux, le vote blanc, pour éviter d'être les otages d'un Président qui ne ferait que les utiliser pour cautionner ses décisions antérieurement souhaitées.

mercredi 6 février 2019

LA SAGESSE D'OLIVIER FAURE

Devant les piètres résultats attendus par le Parti Socialiste (P.S.) et en raison de l'éparpillement des forces de gauche, Olivier Faure, Secrétaire National du P.S., envisage de ne pas présenter de liste au nom de son parti aux élections européennes.
S'il confirme son intention on pourra alors dire qu'il fait preuve d'une grande sagesse et, s'il n'impose pas que la réunion des forces de gauche, qu'il espère de ses vœux, ne soient pas sous sa direction, il fera également preuve d'une grande abnégation.
Il est à peu près certain que la gauche, qui doit actuellement, en France, représenter de l'ordre du tiers de la population, éparpille ses voix entre trois, voire même quatre ou cinq listes électorales, elle arrivera au mieux en quatrième position en n'étant même pas certaine de dépasser les 5 % de voix nécessaires pour obtenir le moindre siège au Parlement Européen.
Il ne reste malheureusement que quelques mois pour que cette intention se transforme en décision et surtout, qu'Olivier Faure arrive à ressouder toutes les composantes de cette gauche éparpillée.
S'il y arrive, lui que l'on connait à peine et qui a bien du mal à se faire entendre, démontrera alors qu'il est un grand homme politique qui, contrairement à beaucoup d'autres, pense à faire aboutir ses idées plutôt qu'à son avenir à la tête d'un parti en perdition.
L'avenir devrait alors lui en être reconnaissant.

mardi 5 février 2019

L.B.D. LA POLEMIQUE

Le L.B.D? (Lanceur de Balles de Défense), qui a remplacé le flashball, est l'objet de toutes les polémiques à la suite des blessures subies par les gilets jaunes lors des manifestations.
Les forces de l'ordre, confortées par le Conseil d’État, pensent que cette arme est appropriée pour le maintien de l'ordre.
Si l'on en croit les constatations et les pratiques, il apparaît que:
- plus de 9000 projectiles ont été utilisés pendant les manifestations et seulement un tiers l'ont été par des forces de l'ordre compétentes, formées et aguerries au maintien de l'ordre et parmi ces dernières utilisations, il n'y aurait pas eu de conséquences majeures pour les manifestants impactés.
- bien que l'interdiction soit faite aux utilisateurs de viser le visage, c'est pourtant cette partie du corps qui a fait l'objet des blessures les plus graves, œil perdu et machoire fracturée.
- les projectiles utilisés de 40 mm de diamètre correspondent exactement à la taille de l'orbite oculaire.
De ce fait, dans la mesure où les forces de l'ordre ont besoin pour accomplir leur mission de posséder une arme non létale, il serait bon d'exiger que:
- cette arme ne soit mise qu'entre les mains de personnel parfaitement formé à leur utilisation,
- les projectiles soient d'une taille plus importante pour que l'impact soit plus faible, moins douloureux et qu'il ne puisse en aucun cas provoquer des blessures irréversibles comme la perte d'un œil,
- si la victime a été atteinte à la tête que le tireur ne puisse mis hors de cause que si au moment de l'impact le blessé ne soit pas en position verticale.
Il y a peut-être bien d'autres limitations et modifications à apporter pour permettre l'utilisation de cette arme, mais ces quelques recommandations me paraitrait être le  minimum que l'on puisse exiger.

lundi 4 février 2019

AUGMENTATION DES PRIX LE PREMIER FEVRIER

On ne pouvait trouver moment plus opportun pour augmenter les prix dans les super marchés, alors que les gilets jaunes se battent pour augmenter leur pouvoir d'achat.
Cette augmentation est parait-il destinée à améliorer les revenus des agriculteurs pour qu'ils puissent être mieux rémunérés et affronter dans de bonnes conditions la concurrence des grandes surfaces pour les produits qu'ils vendent directement ou sur les marchés.
Vu sous cet angle, certains gilets jaunes comprendront que cela fait partie de la défense des petits revenus, ce qu'ils souhaitent.
Par contre deux problèmes se posent:
- l'augmentation des prix ne doit pas se faire au détriment de ceux qui ne peuvent  consommer que les produits les moins chers.
- rien n'est prévu pour que cet accroissement du chiffre d'affaire des grandes surfaces  soit reversé aux agriculteurs.
Notons en particulier qu'il est difficile de comprendre comment l'augmentation de 10% du prix du  Ricard ait un rapport avec l'augmentation du prix auquel les grandes surfaces paieront le litre de lait aux producteurs.
Encore une fois, cette loi est entourée d'un grand flou entre les mesures qu'elle impose et les raisons pour lesquelles elle a été promulguée.
C'est un peu comme la suppression de l'I.S.F.. On a rendu 4 milliards d'euros aux plus riches en espérant qu'ils investiraient cet argent dans les P.M.E. sans le leur imposer.
Qui peut garantir que l'augmentation des prix de la grande distribution va aller aux agriculteurs? Personne.

dimanche 3 février 2019

LES EFFETS DU NON CUMUL DES MANDATS

Dans l'euphorie quasi générale et par voix de référendum le mandat présidentiel a été ramené à cinq ans, les élections législatives se déroulent peu après cette élection pour une même durée et le cumul des mandats est devenu interdit.
Je me suis déjà exprimé sur les deux premières mesures qui à mon sens ont été plus démagogiques que pertinentes et je crains qu'il en soit de même pour le non cumul des mandats.
Le mouvement des gilets jaunes a déjà démontré que le fait que les parlementaires soient peu impliqués dans la vie locale a été une des causes de la déconnexion entre le peuple et le pouvoir en place. Maintenant que les partis politiques essaient de constituer leurs listes pour les élections européennes on voit apparaître des leaders qui sont des néophytes en politique. Il est certain qu'il faut bien commencer un jour à s'impliquer dans le débat publique, mais de là a se retrouver subitement tête de liste lorsqu'on sollicite un premier mandat, il y a un pas qu'il ne me paraît pas judicieux de franchir.
Si on se retrouve dans cette situation, c'est qu'il y a au moins deux raisons:
- la  première est que le personnel politique déjà élu ne peut pas se présenter à ces élections européennes et qu'il trouve qu'un mandat national est plus valorisant,
- la deuxième est peut-être la crainte de se faire oublier en siégeant un peu trop loin de Paris.
Quoiqu'il en soit, au  train où vont les choses avec au moins la moitié des listes menées par des néophytes on peut penser que la France ne sera pas représentée au Parlement Européen dans les meilleures conditions.
Reconnaissons, toutefois, que pour le moment, les partis politiques qui ont fait le choix de faire appel à de nouveaux venus sont en général les plus europhobes.
Faut-il s'en consoler ?

LES VERTUS DES ELECTIONS DE MI-MANDAT

Le système politique américain avec ses élections de mi-mandat a montré son efficacité pour contrôler un pouvoir exécutif trop autoritaire. Il est fort dommage que dans ce grand pays l'affrontement entre le pouvoir en place et l'opposition se traduise par un schutdown conduisant à la mise au chômage de 800.000 fonctionnaires et par la perte de 11 milliards de dollars, mais ce ne sont là que des effets collatéraux évitables qui ne dépendent que de la constitution du pays et qui seraient certainement facilement modifiables.
Mais, en dehors de ce problème, force est de constater que lorsque le pouvoir exécutif devient trop autoritaire et ne tient pas compte des revendications venues de tout le pays, il est préférable que des élections prévues permettent de trancher le débat plutôt que de voir la rue occupée par des manifestations pendant plusieurs semaines avec, notamment pour corollaire, les violences qui l'accompagnent.
En France, la simultanéité entre les élection présidentielle et législatives, proposées par Lionel Jospin qui croyait pouvoir en 2002 gouverner confortablement le pays pendant cinq ans, a vraiment été une très mauvaise idée.
Il est temps d'y mettre fin.

vendredi 1 février 2019

LES BONS CHIFFRES DE LA SECURITE ROUTIERE

Les chiffres des accidents et morts sur les routes en 2018 sont en régression par rapport aux années précédentes. C'est une excellente chose.
Le Premier Ministre en tire, peut-être hâtivement, que le passage de 90 à 80km/h sur le réseau  secondaire à deux voies sans séparateur central, est la cause de cette amélioration.
Mieux que cela, il pense que si les radars n'avaient pas été dégradés par les gilets jaunes, les résultats seraient encore meilleurs car les automobilistes, se sachant moins contrôlés, auraient moins respecté les interdits.
Il semble que cette conclusion soit des plus douteuses car on peut tout aussi bien avancer le fait que les manifestations des gilets jaunes entravant la circulation, celle-ci a du diminuer depuis le 17 novembre. Notons d'autre part que sur les 197 vies épargnées, 91 l'ont été avant le 1° juillet, date à laquelle la limitation de vitesse à 80 km/h est entrée en vigueur alors que les mois de vacances sont, en général, les plus accidentogènes.
Je pense qu'aucun statisticien sérieux n'oserait tirer des conclusions de tests réalisés dans des conditions aussi particulières, d'autant plus que bien d'autres paramètres doivent être pris en compte et demander une analyse beaucoup plus fine que ce qu'il est permis de supposer dès la publication des premiers résultats.
Sans nier qu'en certains endroits le passage à 80 km/h peut être approprié, on peut tout aussi bien penser que plus généralement le 90km/h se justifie alors que dans certains secteurs particulièrement accidentogènes 80km/h serait encore une vitesse trop élevée.
Chaque responsable de la circulation routière au niveau départemental serait certainement le mieux placé pour agir d'une manière judicieuse sur l'adaptation de la vitesse à l'état de la route dont il à la charge de l'entretien.