Le mardi 4 septembre Arte a diffusé deux émissions sur la révolution sexuelle dont la fin de la deuxième partie m'a donné l'impression d'éclairer la politique actuelle d'un jour nouveau.
Les commentateurs ont montré que l'évolution sexuelle et notamment le respect des différences comme l'homosexualité et l'autorisation du mariage pour tous, souvent portés par la gauche, était incompatible avec la droite conservatrice mais ne dérangeaient en rien le néolibéralisme.
Ainsi, partant de cette constatation, si on définit trois termes essentiels du débat politique que sont les problèmes économiques, sociétaux et sociaux, il semble possible de les hiérarchiser pour les trois tendances actuelles de la politique.
-Pour le néolibéralisme: Économie, Sociétal, Social
-Pour la gauche: Social, Sociétal, Économie
-Pour la droite conservatrice: Économie, social, Sociétal
On se rend compte de ce fait que la partie non conservatrice de la droite est compatible avec le néolibéralisme , ce qui renforce ses rangs, mais que la gauche est incompatible avec les deux autres modèles.
Si maintenant on considère la mondialisation où l'économie a largement pris le pas sur l'humanisme, l'éthique et l'équité, on se rend facilement compte que le chemin que doit accomplir la gauche est considérable pour arriver à faire accepter ses valeurs à l'échelon mondial, d'autant plus que ce sont des valeurs essentiellement occidentales, loin d'être partagées par les pays asiatiques ou de confession musulmane.
Il ne faudrait pourtant pas en conclure pour cela que la gauche ne souhaite pas tenir compte des critères économiques, mais elle souhaite que l'économie soit au service de l'homme, de tous les hommes et non de quelques uns, alors qu'elle paraît être la seule a avoir ce souci. Reconnaissons toutefois qu'une partie de la droite n'y est pas complétement indifférente, quant au néolibéralisme, ce semble loin d'être sa motivation principale.
vendredi 7 septembre 2018
HOMMES DE CONVICTION ET POLITICARDS
Dans son soucis de faire de la politique autrement et de réunir "en même temps" des gens de tous horizons, Emmanuel Macron a fait appel à la fois à des hommes de conviction et à des "politicards" confirmés. Mais les premiers commencent à comprendre qu'ils ne font que servir d'alibi au projet néolibéral du Président et, de ce fait, l'un, Nicolas Hulot, a démissionné de son poste de Ministre, l'autre, Stéphane Bern, pourtant ami du Président, menace d'abandonner la mission de sauvetage du patrimoine qui lui a été confiée, faute d'avoir les moyens nécessaires pour accomplir la tâche dont il est devenu responsable.
A l'opposé, comme l'a si bien fait remarquer Jean-Claude Guillebaud dans sa chronique du journal Sud-Ouest Dimanche du 2 septembre, les gardiens du macronisme que sont Christophe Castaner et Benjamin Griveaux, des "politicards" confirmés, issus de la gauche et facilement convertis en échange d'un porte-feuille, prennent de l'importance et sont particulièrement vigilants pour, quelquefois avec des méthodes s'apparentant à de la goujaterie, discréditer ceux qui les critiquent et notamment les journalistes.
La Maison Macron s'affaiblit comme le montrent les sondages, mais elle se resserre sur son noyau dur et elle reste bien gardée.
A l'opposé, comme l'a si bien fait remarquer Jean-Claude Guillebaud dans sa chronique du journal Sud-Ouest Dimanche du 2 septembre, les gardiens du macronisme que sont Christophe Castaner et Benjamin Griveaux, des "politicards" confirmés, issus de la gauche et facilement convertis en échange d'un porte-feuille, prennent de l'importance et sont particulièrement vigilants pour, quelquefois avec des méthodes s'apparentant à de la goujaterie, discréditer ceux qui les critiquent et notamment les journalistes.
La Maison Macron s'affaiblit comme le montrent les sondages, mais elle se resserre sur son noyau dur et elle reste bien gardée.
mercredi 5 septembre 2018
EN MARCHE...ARRIERE
Nicolas Hulot, écologiste militant convaincu vient de démissionner du gouvernement, il est remplacé par François de Rugy, écologiste plus politique, au parcours assez sinueux qui lui a permis de passer d'Europe Écologie les Verts à la gauche pour la primaire présidentielle puis à la République en Marche. Nulle doute que l'écologie, dans le système macronien, devrait souffrir de cette situation.
Laura Flessel a démissionné de son ministère des sports pour raison personnelles, peut-être aussi pour des problèmes fiscaux, mais peut-être encore pour éviter d'être la ministre qui verra disparaître son ministère, puisqu'un récent rapport préconise son remplacement par un comité où siègeraient des représentants de l’État, des Collectivités locales et des professionnels.
Il faut noter aussi qu'à l'approche des Jeux Olympiques de 2024, le Ministère des Sports a été dessaisi du dossier pour être confié, là encore, à un comité présidé par Tony Estanguet.
Ainsi un ministère risque de disparaitre, un autre s'affaiblit. Les rares barrages qui existent face au néolibéralisme tombent un à un.
Laura Flessel a démissionné de son ministère des sports pour raison personnelles, peut-être aussi pour des problèmes fiscaux, mais peut-être encore pour éviter d'être la ministre qui verra disparaître son ministère, puisqu'un récent rapport préconise son remplacement par un comité où siègeraient des représentants de l’État, des Collectivités locales et des professionnels.
Il faut noter aussi qu'à l'approche des Jeux Olympiques de 2024, le Ministère des Sports a été dessaisi du dossier pour être confié, là encore, à un comité présidé par Tony Estanguet.
Ainsi un ministère risque de disparaitre, un autre s'affaiblit. Les rares barrages qui existent face au néolibéralisme tombent un à un.
mardi 4 septembre 2018
EUROPE: AFFRONTER LE POPULISME
Emmanuel Macron se veut le champion du progressisme pour affronter le populisme, notamment d'extrême droite, en Europe.
C'est une noble ambition mais est-il bien armé ?
Tout d'abord il qualifie de progressisme ce qui n'est en réalité que du néolibéralisme. De ce fait les mesures sociales que le vrai progrès impose sont, souhaitons que ce soit momentané, laissées de coté. Il serait nécessaire, sinon indispensable, qu'avant les élections européennes de vrais signes de progrès sociaux soient donnés pour que la lutte contre le totalitarisme, sous-jacent aux politiques extrémistes, puisse être efficace.
Ensuite, Emmanuel Macron peut se flatter d'avoir évité que la France ne se retrouve dans la situation de l'Italie, de la Hongrie, voire même de l'Allemagne, mais il sait bien que si le R.N (Rassemblement National) est si faiblement représenté à l'Assemblée Nationale, il ne le doit qu'au scrutin majoritaire à deux tours, élément important de la Constitution de la V° République. Il sait aussi que si les élections françaises se déroulaient, comme dans la plupart des autres pays, au scrutin proportionnel, il y aurait, au bas mot, au moins cent députés R.N. à l'Assemblée Nationale.
Enfin il faut qu'il arrive à fédérer autour de lui les Chefs d’États les moins atteints par la percée populiste, pour présenter un projet européen permettant de récupérer les voix des eurosceptiques pour les inciter à prendre part au scrutin, car l'abstention guette, comme de coutume, ces élections européennes, et plus elle sera importante plus les partis d'extrême droite en sortirons renforcés.
Vaste programme qui ne peut commencer que par une inflexion de la politique nationale de la France vers plus de progrès social qui servirait d'exemple en Europe et pourrait rendre crédible ce qu'Emmanuel Macron appelle le progressisme
C'est une noble ambition mais est-il bien armé ?
Tout d'abord il qualifie de progressisme ce qui n'est en réalité que du néolibéralisme. De ce fait les mesures sociales que le vrai progrès impose sont, souhaitons que ce soit momentané, laissées de coté. Il serait nécessaire, sinon indispensable, qu'avant les élections européennes de vrais signes de progrès sociaux soient donnés pour que la lutte contre le totalitarisme, sous-jacent aux politiques extrémistes, puisse être efficace.
Ensuite, Emmanuel Macron peut se flatter d'avoir évité que la France ne se retrouve dans la situation de l'Italie, de la Hongrie, voire même de l'Allemagne, mais il sait bien que si le R.N (Rassemblement National) est si faiblement représenté à l'Assemblée Nationale, il ne le doit qu'au scrutin majoritaire à deux tours, élément important de la Constitution de la V° République. Il sait aussi que si les élections françaises se déroulaient, comme dans la plupart des autres pays, au scrutin proportionnel, il y aurait, au bas mot, au moins cent députés R.N. à l'Assemblée Nationale.
Enfin il faut qu'il arrive à fédérer autour de lui les Chefs d’États les moins atteints par la percée populiste, pour présenter un projet européen permettant de récupérer les voix des eurosceptiques pour les inciter à prendre part au scrutin, car l'abstention guette, comme de coutume, ces élections européennes, et plus elle sera importante plus les partis d'extrême droite en sortirons renforcés.
Vaste programme qui ne peut commencer que par une inflexion de la politique nationale de la France vers plus de progrès social qui servirait d'exemple en Europe et pourrait rendre crédible ce qu'Emmanuel Macron appelle le progressisme
lundi 3 septembre 2018
LA REFORME REFORMEE
Le grand réformiste, non gaulois, qu'est Emmanuel Macron a posé la question de savoir si la réforme de la perception de l'impôt par prélèvement à la source doit être maintenue au premier janvier 2019.
Mais quelle inquiétude génère-t-elle cette réforme pour atteindre notre Président lui qui a mené au pas de charge plusieurs réformes pendant la première année de son quinquennat, y compris celle de la SNCF qu'il n'avait pas annoncé lors de la campagne électorale.
La différence qui existe entre la réforme qui sera peut-être repoussée et les autres est de deux ordres.
- Ce n'est pas lui qui avait initié cette réforme des impôts, et peut-être ne l'aurait-il jamais entreprise, en laissant le peuple de gaulois dans une situation tout à fait particulière au sein de l'Europe.
- Jusqu'à présent toutes les réformes qui ont été conduites ont provoqué des dégâts sociaux: perte de revenu des retraités, perte de statut pour les salariés de la SNCF, diminution des droits des travailleurs.
Par contre la réforme de la perception des impôts sera légèrement préjudiciable aux entreprises en augmentant leur charge de travail, mais sera soit indifférente, soit intéressante pour les contribuables.
Il est ainsi clair, que conformément à sa ligne de conduite, Emmanuel Macron ne poursuit qu'un but: diminuer les coût sociaux au profit de la performance économique de certains.
Mais quelle inquiétude génère-t-elle cette réforme pour atteindre notre Président lui qui a mené au pas de charge plusieurs réformes pendant la première année de son quinquennat, y compris celle de la SNCF qu'il n'avait pas annoncé lors de la campagne électorale.
La différence qui existe entre la réforme qui sera peut-être repoussée et les autres est de deux ordres.
- Ce n'est pas lui qui avait initié cette réforme des impôts, et peut-être ne l'aurait-il jamais entreprise, en laissant le peuple de gaulois dans une situation tout à fait particulière au sein de l'Europe.
- Jusqu'à présent toutes les réformes qui ont été conduites ont provoqué des dégâts sociaux: perte de revenu des retraités, perte de statut pour les salariés de la SNCF, diminution des droits des travailleurs.
Par contre la réforme de la perception des impôts sera légèrement préjudiciable aux entreprises en augmentant leur charge de travail, mais sera soit indifférente, soit intéressante pour les contribuables.
Il est ainsi clair, que conformément à sa ligne de conduite, Emmanuel Macron ne poursuit qu'un but: diminuer les coût sociaux au profit de la performance économique de certains.
dimanche 2 septembre 2018
UN PEUPLE MAL AIME
Depuis qu'il a été élu Président de la République, et peut-être même bien avant, Emmanuel Macron veut laisser son nom dans l'histoire à la manière du Général de Gaulle, en oubliant qu'au lieu d'un passé glorieux, il n'a que celui d'un banquier.
Pourtant dans une certaine mesure, il a dépassé son modèle. De Gaulle avait osè comparer les français à des veaux, pour faire bonne mesure Emmanuel Macron les a traité d'illettrés, de fainéants, de gens de peu et maintenant de gaulois réfractaires.
Afin que le monde entier sache ce qu'il pense de ceux qui l'ont porté au pouvoir, c'est le plus souvent depuis des tribunes étrangères qu'il dit tout le bien qu'il pense de ses compatriotes.
Il s'agirait, parait-il, d'un trait d'humour, un humour d'un tel degré que nous ne serions peut-être pas capables de le comprendre. Il est vrai que, même au risque de passer pour un inculte, je dois reconnaitre que j'apprécie plus l'humour gaulois que l'humour macronien.
En réalité ce genre de comportement est très significatif de l'écart qui existe entre la classe dirigeante et le reste de la population. Écart qu'Emmanuel Macron veut absolument conservé, même s'il a pu, en son temps, se déguiser en militaire, en handicapé en fauteuil roulant et faire quelques passes sur un terrain de football, pour faire croire qu'il était capable de partager notre quotidien.
Pourtant dans une certaine mesure, il a dépassé son modèle. De Gaulle avait osè comparer les français à des veaux, pour faire bonne mesure Emmanuel Macron les a traité d'illettrés, de fainéants, de gens de peu et maintenant de gaulois réfractaires.
Afin que le monde entier sache ce qu'il pense de ceux qui l'ont porté au pouvoir, c'est le plus souvent depuis des tribunes étrangères qu'il dit tout le bien qu'il pense de ses compatriotes.
Il s'agirait, parait-il, d'un trait d'humour, un humour d'un tel degré que nous ne serions peut-être pas capables de le comprendre. Il est vrai que, même au risque de passer pour un inculte, je dois reconnaitre que j'apprécie plus l'humour gaulois que l'humour macronien.
En réalité ce genre de comportement est très significatif de l'écart qui existe entre la classe dirigeante et le reste de la population. Écart qu'Emmanuel Macron veut absolument conservé, même s'il a pu, en son temps, se déguiser en militaire, en handicapé en fauteuil roulant et faire quelques passes sur un terrain de football, pour faire croire qu'il était capable de partager notre quotidien.
NICOLAS HULOT: UN REVELATEUR
La démission de Nicolas Hulot du poste de Ministre d’État chargé de la Transition Écologique est un révélateur de ce qu'est le macronisme.
Nicolas Hulot a été sollicité par les trois derniers Présidents de la République pour occuper un poste de ministre. Il a toujours refusé, considérant qu'il ne pourrait pas être suffisamment libre pour faire progresser ses idées, mais il a toujours accepté quelques missions, parfois très importantes, qui lui avaient été confiées. Emmanuel Macron qui disait vouloir faire de la politique autrement est arrivé à le convaincre d'accepter un poste de Ministre d’État, lui qui au premier tour de l'élection présidentielle avait voté pour Benoît Hamon.
Quinze mois après sa nomination, il s'est rendu compte qu'il était à la fois la caution écologique et de gauche du gouvernement, sans pouvoir faire progresser ses idées, pas plus qu'il ne croyait pouvoir le faire avec les Présidents dont il avait refusé les propositions.
Ainsi, il s'est rendu à l'évidence. Emmanuel Macron est un homme politique comme les autres, il emploie les méthodes anciennes qu'il critiquait tant, il n'a rien renouvelé, il cède à la pression des lobbies. Le néolibéralisme est incompatible avec la nécessaire prise en compte du dérèglement climatique. L'économie est le seul fil conducteur du gouvernement actuel. L'affichage de l'écologie n'est qu'une opportunité qui sert à faire croire que les évolutions climatiques catastrophiques sont prises en compte. Ce Président qui se disait ni de droite ni de gauche a mis en place un gouvernement clairement positionné à droite au sein duquel un Ministre de l’Écologie, fut-il Ministre
d’État, n'a pas sa place.
De ce fait, la démission de Nicolas Hulot lui fait honneur. Il ne veut pas, pour conserver un marocain prestigieux, assister impuissant à la défense de valeurs qu'il ne partage pas, et il a par sa démission éclairé d'un jour nouveau, pour certains s'il en était besoin, les réels ressorts de la politique du Président de la République.
Nicolas Hulot a été sollicité par les trois derniers Présidents de la République pour occuper un poste de ministre. Il a toujours refusé, considérant qu'il ne pourrait pas être suffisamment libre pour faire progresser ses idées, mais il a toujours accepté quelques missions, parfois très importantes, qui lui avaient été confiées. Emmanuel Macron qui disait vouloir faire de la politique autrement est arrivé à le convaincre d'accepter un poste de Ministre d’État, lui qui au premier tour de l'élection présidentielle avait voté pour Benoît Hamon.
Quinze mois après sa nomination, il s'est rendu compte qu'il était à la fois la caution écologique et de gauche du gouvernement, sans pouvoir faire progresser ses idées, pas plus qu'il ne croyait pouvoir le faire avec les Présidents dont il avait refusé les propositions.
Ainsi, il s'est rendu à l'évidence. Emmanuel Macron est un homme politique comme les autres, il emploie les méthodes anciennes qu'il critiquait tant, il n'a rien renouvelé, il cède à la pression des lobbies. Le néolibéralisme est incompatible avec la nécessaire prise en compte du dérèglement climatique. L'économie est le seul fil conducteur du gouvernement actuel. L'affichage de l'écologie n'est qu'une opportunité qui sert à faire croire que les évolutions climatiques catastrophiques sont prises en compte. Ce Président qui se disait ni de droite ni de gauche a mis en place un gouvernement clairement positionné à droite au sein duquel un Ministre de l’Écologie, fut-il Ministre
d’État, n'a pas sa place.
De ce fait, la démission de Nicolas Hulot lui fait honneur. Il ne veut pas, pour conserver un marocain prestigieux, assister impuissant à la défense de valeurs qu'il ne partage pas, et il a par sa démission éclairé d'un jour nouveau, pour certains s'il en était besoin, les réels ressorts de la politique du Président de la République.
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