jeudi 7 juin 2018

LOGEMENTS ADAPTES

Des règles d'urbanisme très contraignantes et coûteuses imposent que tous les logements soient accessibles aux handicapés. Ce règlement est en cours de révision de manière à n'imposer que seulement 10% de ces logements soient ainsi conçus, ce qui soulève un tollé de la part de toutes les oppositions au gouvernement, y compris de la part de celles qui ont claironné haut et fort qu'elles ne s'opposeraient que pour ce qu'ils n'apprécieraient pas et, qu'en contre partie, elles manifesteraient leur accord lorsque les décisions prises par le gouvernement leur paraitraient judicieuses.
De ce fait, je ne comprends pas ces attitudes. Chacun sait que toutes les places de parking ne sont pas accessibles aux handicapés, pourquoi n'en serait-il pas de même pour les logements si la possibilité de choisir offre un éventail aussi varié pour les handicapés que pour les valides.
Il me paraitrait plus pertinent, au lieu de formuler systématiquement des critiques, de demander au gouvernement que l'argent ainsi économisé, lors de la construction de logements, soit utilisé pour d'autres services à rendre à ceux qui parmi nous subissent un handicap.

mercredi 6 juin 2018

CURIEUX ANALYSTE POLITIQUE

En vacances actuellement en Languedoc, je lis sous la plume de Yann Marec, rédacteur en chef adjoint du Midi Libre, dans l'édition du samedi 2 juin, sous le titre "Eaux sombres", une curieuse analyse politique de ce qui se passe en Italie.
Il compare l'association de la Ligue et du Mouvement Cinq Étoiles en Italie à ce qui serait en France l'association entre Marine Le Pen et Benoît Hamon. Mis à part la volonté de créer un Revenu de Base Universel, je ne vois pas où l'on peut trouver une similitude entre le mouvement populiste créé par le comique provocateur Beppe Grillo et le programme sérieux et innovant présenté par Benoît Hamon lors de la dernière élection présidentielle.
Je trouve que cette comparaison est presque injurieuse, car il serait surprenant qu'un seul électeur de Benoît Hamon accepterait d'apporter sa voix à un mouvement analogue à Cinq Étoiles s'il existait en France.
Que l'on trouve de telles approximations et de telles contre-vérités dans les courriers de lecteurs de quelque quotidien que ce soit me surprendrait, mais je le comprendrais, car leurs auteurs ne sont que des amateurs, peut-être pas toujours éclairés, mais qu'un journaliste apparemment confirmé écrive de telles monstruosités me choque.

mardi 5 juin 2018

LOTO DU PATRIMOINE

J'ai toujours eu un avis très partagé sur les loteries et jeux à gratter qui constituent un impôt quasi volontaire.
-Pourquoi volontaire ? Parce qu'ils n'imposent à personne l'obligation de participer.
-Pourquoi quasi ? parce que la grande majorité des gens qui y participent le font pour espérer améliorer leur quotidien qui ne leur convient pas. C'est ainsi que ce pseudo-impôt touche essentiellement les plus démunis.
Mais, pour une fois, avec la manière dont le loto du patrimoine est conçu, cette critique perd une bonne partie de sa valeur car le ticket d'entrée de 15€ est suffisamment élevé   pour espérer que ceux qui y participeront le feront en grande partie pour aider à la sauvegarde du patrimoine.
Ceci étant dit, il faut peut-être chercher d'autres motivations à la création de ce loto.
A y regarder de près, on s’aperçoit que les 18 sites choisis le sont dans des zones souvent délaissées, et sont "harmonieusement" répartis sur tout le territoire, pour que chaque région et territoire d'outre-mer y trouve son compte. Il y a là indiscutablement un geste politique qui cherche à montrer que notre président n'est pas que celui des métropoles et qu'il n'oublie personne.
Voyons maintenant l'aspect financier. D'après Christine Albanel, ancienne Ministre de la Culture, sur les 15€ du billet de participation, 1,5€ reviendront à la restauration des monuments. Il y aurait donc 90% de pertes en ligne.Je n'ai pas d'avis sur la lourdeur du fonctionnement de la machine " La Française des Jeux", mais j'espère que ce surcroit de travail donné par l'organisation de ce loto, va nécessiter le recrutement de personnel.
Je pense aussi qu'au moment où l'on parle d'une privatisation de cet organisme, ce sera un réel cadeau à l'éventuel acheteur, à moins que ne ce soit, pour l'état, un moyen de faire monter les enchères.
Rien n'est donc innocent, y compris lorsqu'il s'agit de propositions, qui somme toute, paraissent anodines.

lundi 4 juin 2018

BENCHMARKING, ET ALORS !

Pour Gérard Colomb, Ministre de l'Intérieur, "les migrants font du benchmarking", ce qui veut dire qu'ils comparent les avantages et inconvénients qu'ils espèrent trouver dans un pays d'accueil.
Bien des élus de gauche se sont émus d'une telle déclaration qui succède à une précédente de Nathalie Loiseau, Ministre des Affaires Européennes qui avait parlé du "shopping de l'asile".
Il me semble qu'il n'y ait pas lieu de critiquer une telle attitude des migrants qui, après avoir connu bien des vicissitudes dans leur pays d'origine et au cours de leur migration , cherchent à aller dans différents pays suivant qu'ils espèrent y trouver du travail, parler leur langue et être bien accueillis..
Plutôt que critiquer les ministre sur le fond, car ont peut espérer qu'il ne font qu'un constat sans arrière pensée, il serait plus pertinent de les critiquer sur la forme de leurs interventions.
Considérons donc qu'il font vis à vis des migrants une constatation qui n'a rien d'infamante, car c'est leur reconnaitre, comme à tout homme, le droit de disposer d'un choix de vie, mais, que deux ministres de la République ne trouvent pour s'exprimer de manière percutante que des expressions anglaises issues du monde des affaires, en dit long sur la manière dont ils perçoivent la marche de la société.

dimanche 3 juin 2018

LA DEMOCRATIE AURAIT-ELLE ATTEINT SES LIMITES ?

En 1991 en Algérie, le FIS (Front Islamique du Salut) obtenait 47% des voix au premier tour des élections législatives. Le gouvernement, ne voulant pas voir un mouvement islamiste au pouvoir, annulait les élections.
En 2005, en France le référendum sur la "Constitution européenne" était rejeté par 55% des électeurs. Par un savant artifice, permettant d'amender les traités existants, en 2007, le traité sur la Constitution européenne était adopté par la France.
Actuellement en Italie, un gouvernement bizarre associant l'extrême droite et un mouvement populiste proche de l'extrême gauche est porté au pouvoir. pour n'effaroucher personne, ces deux partis s'entendent pour proposer un Président du Conseil inconnu issu des milieux juridiques. Le Président de la République italienne refuse d'accepter la nomination du Ministre de l’Économie qui lui était proposé. Le Président du Conseil (homme de paille des deux partis ayant gagné les élections) démissionne, le Président de la République le remplace par un économiste défendant une politique totalement opposée à celle attendue par la majorité des électeurs. L'Italie sera certainement amenée à voter de  nouveau.
Suivant sa sensibilité, chacun pourra être satisfait ou déçu de ces décisions, en apprécier certaines, en regretter d'autres, mais le vrai problème est que dans chacun des cas, les  régimes qui se veulent démocratiques, bien que certain n'en ait que l'aspect, trouvent un moyen pour ne pas respecter les résultats sortis des urnes.
Qu'on le veuille ou non, cela pose un réel problème, d'autant plus lorsqu'on repense à la Grèce où on a vu Alexis Tsipras, élu démocratiquement, appliquer, sous la pression de l'Europe une politique d'austérité contre laquelle, à la tête du parti Syriza, il s'était battu.
Être obligé de se poser la question du respect d'un verdict issu démocratiquement des urnes est pour moi un réel problème qui, je pense, doit être partagé par de nombreux démocrates quelles que soient les déceptions ressenties à l'issu d'un scrutin, même si celui-ci ne les concerne pas et que le résultat est en contradiction avec les idées qu'ils défendent.

vendredi 1 juin 2018

LE MALAISE DE MONSIEUR HULOT

Nouveau film, ce n'est pas "Les vacances de Monsieur Hulot" mais Le malaise de Nicolas Hulot.
Nicolas Hulot est un homme que je respecte car il parait avoir des convictions et surtout œuvrer pour que celles-ci soient reconnues et partagées. Ce n'est pas parce qu'en son temps il a essuyé des critiques justifiées sur la composition de son parc automobile qu'il faut oublier la bonne volonté dont il parait faire preuve.
Mais, actuellement il est confronté à un réel problème. Après avoir été sollicité par trois Présidents de la République pour faire partie de leur équipe gouvernementale et avoir refusé, car il pensait ne pas pouvoir peser sur la politique environnementale du pays et servir simplement d'alibi, il a pensé qu'avec Emmanuel Macron il aurait quelque utilité.
A vrai dire, il ne s'est pas complètement trompé. Il savait bien que toutes ses propositions ne seraient pas suivies, mais il a obtenu quelques succès dont le principal est l'abandon du projet de l'aéroport de Notre Dame des Landes. Il peut en être fier, c'est à mettre à son crédit.
Mais je pense que son malaise est plus profond. Chacun sait qu'au premier tour de l'élection présidentielle il a voté pour Benoît Hamon. Comment voulez-vous qu'après avoir été d'accord avec le revenu de base universel, on puisse se sentir à l'aise dans un gouvernement aux ordres d'un Président qui ne connait que "le chacun pour soi" et la compétitivité entre individus en souhaitant que chacun veuille devenir milliardaire ?
Nicolas Hulot devait penser en rejoignant Emmanuel Macron que le Président ne se changerait pas en une véritable caricature du candidat qu'il était.
Il est l'exemple type de tous ces gens de gauche souhaitant respecter les valeurs de solidarité et d'équité, qui au deuxième tour ont reporté leurs voix sur Emmanuel Macron avec quelque espoir de le voir tenir une politique équilibrée.
Il doit être fortement déçu. Je le comprends. J'ai fait comme lui.    

IL NE RESPECTE PERSONNE

Emmanuel Macron a confié à Jean-Louis Borloo le soin de lui fournir un rapport sur le banlieues.
Non content de n'en tenir aucun compte, il ne s'est pas satisfait de l'ignorer, il a eu l'audace d'avancer cet argument:"Deux mâles blancs qui ne vivent pas dans ces quartiers s'échangent un rapport, ça ne marche pas comme ça" (propos rapportés par Natacha Polony dans le Midi Libre du 27 mai).
Quelle arrogance, après avoir fait remarquer la quasi sénilité du rapporteur en indiquant que le premier plan banlieue était plus vieux que lui, il semble exiger partout, et a priori la présence du sexe féminin ou d'un émigré pour qu'une proposition soit recevable.
N'est-ce pas cela faire preuve de communautarisme en donnant l'impression de porter plus attention à l'origine ou au sexe d'un individu qu'à sa compétence.
Si le rapport sur les banlieues ne lui convenait pas, il aurait été préférable qu'il utilise d'autres arguments et surtout qu'il demande au rapporteur des entretiens au cours de sa mission pour éviter de faire accomplir un travail inutile duquel il ne souhaitait pas s'inspirer pour conduire sa politique.