dimanche 6 mai 2018

LA FRANCE, FUTUR PARADIS FISCAL ?

Dans son interview télévisée du 23 avril, Emmanuel Macron avait expliqué à Jean-Jacques Bourdin qu'il souhaitait lutter contre l'évasion fiscale mais que, contre les mouvements de capitaux à l'intérieur de l'Europe, il ne pouvait rien car il s'agissait alors d'optimisation  et non d'évasion fiscale.
Or, quinze jours plus tard, il supprime l'exit-tax qui avait été créée par Nicolas Sarkozy pour juguler l'évasion fiscale.
On peut se demander si notre Président qui se flatte de faire ce qu'il dit, dit toujours ce qu'il pense.
Saluant cette décision, le très libéral journal américain Forbes, qualifie cette mesure favorable aux "hyper riches"
Ainsi, dans son désir permanent d'attirer les investisseurs étrangers en France, on est en droit de se poser la question de savoir si notre Président ne souhaite pas que la France devienne un paradis fiscal en Europe et concurrencer ainsi l'Irlande, les Pays Bas et le Luxembourg.
On aurait espéré que l'harmonisation des dispositions fiscales entre les différents pays de l'Union Européenne se fasse sur d'autres bases.

vendredi 4 mai 2018

LA FUITE EN AVANT

Forte de son succès au débat de l'entre deux tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen doit juger que l'hexagone est trop étroit pour elle et de ce fait essaie de fédérer toutes les extrêmes droites d'Europe en se portant à leur tête.
Il faut dire qu'elle a connu un certain succès lors de la première réunion puisque seuls l'Italie et les Pays Bas manquaient à l'appel.
Les personnalités européennes de cette mouvance politique capables de se comporter honorablement lors d'un débat doivent être assez rares pour qu'un tel leader soit choisi. C'est de ce fait assez réconfortant pour tous ceux qui pensent que les régimes démocratiques, malgré leurs faiblesses inhérentes à leur philosophie, sont toujours les plus souhaitables pour que les droits de l'homme soient respectés.
Si ce n'est une condition suffisante, c'est au moins une condition nécessaire.

QUEL TYPE DE RETRAITE ?

Le 23 avril au cours de son interview télévisée Emmanuel Macron avait manifesté son attachement à la retraite par répartition.
Le 3 mai, il cherche a favoriser l'épargne retraite par le biais d'accords d'avantages fiscaux. Ça peut ne pas paraître contradictoire, mais en réalité cette épargne constituera un complément de retraite pour ceux qui auront les moyens de se le payer. Ils accepteront plus facilement de voir leur retraite par répartition diminuer, si bien que l'on peut craindre que progressivement la part de leur retraite par répartition devienne  de moins en moins importante, si bien que, au bout du compte, la retraite par capitalisation, issue de l'épargne retraite, représentera une part de plus en  grande,au point de devenir prépondérante.
De ce fait, ceux dont les revenus sont les plus faibles ne pourront pas se constituer une épargne retraite, alors que ceux dont les revenus sont plus importants seront aidés par le biais d'avantages fiscaux pour y parvenir. Les plus pauvres, le moment venu seront, encore perdants. Ainsi les inégalités continueront de se creuser.
Ainsi, la parole de notre président ne peut pas être remise en cause, mais par des mesures insidieuses, le signal tranquillisant apporté par son message s'affaiblit.
En l'espace de deux semaines Emmanuel Macron a ainsi complétement altéré l'intransigeance qu'il avait donné l'impression d'avoir  vis à vis d'une part de l'évasion fiscale par l’annulation de l'exit-tax et d'autre part vis à vis de la retraite par répartition en favorisant l'épargne retraite.
Est-ce cela faire ce que l'on dit ? Peut-être, mais il va falloir apprendre à décrypter les messages présidentiels et surtout savoir en faire l'analyse avec une prudence et une finesse extrême.

jeudi 3 mai 2018

REGAIN DE VIOLENCES

1200 hommes vêtus de noir et encagoulés se sont invités aux défilés pacifiques du premier mai à Paris dans le but de propager la violence, de détruire biens publics et privés.
Pour une fois, ils ne s'étaient pas infiltrés dans ce défilé ce qui permet de ne suspecter aucun lien entre les manifestants et les casseurs.
Il est par contre très surprenant qu'une telle organisation de la part de ces derniers n'ait pas alerté la police pour qu'elle intervienne avant qu'ils ne puissent agir.
Mais, la question qui se pose est la suivante : pourquoi actuellement ces casseurs sévissent-ils de manière si importante en France ?
Ils n'interviennent pas simplement pour détruire des biens publics et privés, ils espèrent par leurs actions propager la violence, et s'ils interviennent ainsi, c'est parce qu'ils jugent que le climat est favorable dans notre pays où les relations entre le pouvoir, les syndicats et les citoyens ne cessent de se tendre.
Il serait grand temps que le dialogue se renoue entre le gouvernement et les syndicats, que les consultations soient remplacées par des négociations, que le pouvoir sorte de sa rigidité en exploitant plus que de raison sa force face aux syndicats faibles et désunis et aux partis politiques atomisés.
Quelles que soient les conditions dans lesquelles peut agir un gouvernement, et dieu sait si actuellement ces conditions lui sont favorables, il n'a pas le droit de faire fi de toutes les critiques. Il n'a pas le droit de toujours taper sur les plus faibles et d'accroitre les inégalités même en promettant des jours meilleurs.
Je ne serais pas surpris que le dessin humoristique de Large paru dans le journal Sud-Ouest du 2 mai représentant Emmanuel Macron en Australie lançant un boomerang, avec la légende suivante "vous allez voir...ça fait comme la politique", ne soit pertinent et prémonitoire.

mercredi 2 mai 2018

ELLE VEUT RECONSTRUIRE LA DROITE

Elle est jeune et dynamique, elle a du talent, elle est pleine d'ambition. A 29 ans ce n'est déjà plus une novice en politique car elle a été député pendant cinq ans. Vous l'aurez reconnue, c'est Marion Maréchal-Le Pen.
Elle se prépare méthodiquement, vu son âge elle a tout le temps devant elle. Elle intervient aux États-Unis où elle est ovationnée. Elle crée une école à Lyon dans le but de former ceux qui peuvent espérer devenir les cadres de son parti. Quel sera-t-il ? Il aura certainement un nouveau nom, peut-être aura-t-elle elle même abandonné une partie un tantinet encombrante de son patronyme.
Ceux qui croient qu'elle veut prendre la place de sa tante se trompent. Elle est plus ambitieuse que cela. Elle s'affirme sans complexe à l'extrême droite. Elle n'a pas besoin, comme sa tante, d'aller chercher chez Florian Philippot une teinture sociale pour essayer d'associer la carpe et le lapin ou en d'autre termes les corons du nord et les palaces du midi.
C'est toute la droite et l'extrême droite qu'elle vise. Le grand navigateur dans les idées, allant du centre à l'extrême droite, qu'est Laurent Wauquiez n'a qu'a bien se tenir.
En 2022, et encore plus en 2027, il sera complètement ringardisé par sa cadette de plus de 14 ans, lui qui veut se faire passer pour un jeune en politique, alors qu'à 43 ans il a déjà plus de 15 ans d'ancienneté dans le "métier".
Si ce n'est lors de la prochaine échéance présidentielle, je crains fort que ce soit pour la suivante, que l'on voit encore la droite et l'extrême droite s'affronter.
Pour éviter cela il faudrait, ce qui est hautement improbable, qu'Emmanuel Macron prenne un sérieux virage vers la gauche et que ceux qui veulent représenter ce courant de pensée arrivent à  créer un autre assemblage que le PC, le NPA et Génération's comme veulent le faire Pierre Laurent, Olivier Besancenot et Benoît Hamon dont les divergences sont bien trop grandes pour pouvoir espérer proposer un programme de gouvernement.

LE CONFLIT DES CHEMINOTS

Croire que les grèves qui touchent notre pays depuis plus d'un mois concernent uniquement le statut des cheminots est une grossière erreur.
Comment expliquer qu'après avoir connu de tels événements que l'absence intermittente de train pendant plus d'un mois, il y ait encore 40¨% de français qui soutiennent les cheminots.
Qui sont ces 40% de français ? Ce sont ceux qui sont foncièrement attachés aux services publics. Ceux qui ont vu les services postaux se dégrader depuis la disparition des PTT en 1991. Ceux qui sont inquiets de voir les employés de la poste touchés par le burn-out et même les suicides. Ceux qui ont vu les services de l'état devenir des EPIC (Établissement Public à caractère Industriel et Commercial) dont l'adjectif "commercial" est plus significatif que celui de "public".
Et les autres 60% de français, qui sont-ils ? Ceux qui ne voient le fonctionnement de la société qu'à travers le libéralisme, voire l'ultralibéralisme, mais ils ne sont certainement pas seuls. Il y a aussi tous ceux qui, sans idéaux politiques bien affirmés préféreraient avoir des trains à leur disposition, voir leurs commerces mieux fonctionner, voir le tourisme prendre, comme chaque année, son essor au printemps. on les comprend très facilement, certainement mieux que ceux qui jalousent le statut des cheminots et qui pour cela sont contre ce mouvement.
Si bien, que tout compte fait, la manière dont les français soutiennent ou non les grévistes, s'apparente à un référendum biaisé sur le souhait qu'ils ont, ou non, de disposer d'un vrai service public.
Si la question suivante leur avait été posée: voulez-vous que la SNCF reste un service public ? Il est à peu près certain que la réponse aurait été "oui", et peut-être à une écrasante majorité. Mais lorsqu'on mélange intentionnellement le statut des cheminots et celui de l'entreprise, on crée un certain flou qui ne peut que masquer le désir des français de voir chacun d'entre eux disposer des mêmes services de l'état.

mardi 1 mai 2018

LE RAPPORT BORLOO

Jean-Louis Borloo vient de publier un rapport sur les banlieues, après il y a 15 ans avoir été pendant deux ans Ministre de la Ville, autant dire qu'il traite d'un sujet qu'il est censé bien connaitre.
Je n'ai pas la compétence suffisante pour analyser finement ce rapport, dont je ne connais que quelques bribes, mais je note que bien des commentateurs ont l'air de l'apprécier et notamment Jean-Claude Guillebaud dans son article du journal Sud-Ouest Dimanche du 29 avril.
Comme j'apprécie régulièrement les articles de ce grand journaliste lorsqu'il traite de politique et de problèmes de société, j'ai donc tendance à lui faire confiance, et de ce fait souhaiter que le gouvernement s'inspire fortement du rapport Borloo pour apporter un début de solution au problème des banlieues qui gangrène, depuis déjà bien longtemps, la vie de notre pays.
J'espère que le gouvernement qui s'est saisi avec hâte du rapport Spinetta pour réformer la SNCF, saura faire preuve d'autant de diligence pour traiter le problème des banlieues, d'autant plus que cette fois il ne devrait pas avoir à craindre de voir se lever devant lui un front de mécontentement.
Ainsi, si ce rapport restait lettre morte, on pourrait alors se poser la question de la manière dont le pouvoir en place envisage de faire évoluer la société française.