samedi 7 avril 2018

LA PHRASE

Au moment où profitant du grand débat sur la réforme de la SNCF, les uns envient les autres en raison de leur statut pendant que les autres jalousent les uns en raison de certains de leurs avantages, c'est Olivier Besancenot qui a le résumé la situation et l'état d'esprit de certains salariés de notre pays en disant qu" on vit dans un monde où ceux qui vivent avec 150.000 euros par mois arrivent à faire croire à ceux qui vivent avec 1.500 euros que la cause de leur problème, ce sont ceux qui vivent avec 2.000 euros par mois ..."
(propos rapportés par le journal Sud-Ouest du mardi 4 avril 2018)

vendredi 6 avril 2018

SNCF, L'ETAT LACHE DU LEST ???

C'est vraiment se contenter de peu que de considérer qu'Elisabeth Borne, Ministre des Transports a commencé à lâcher du lest en précisant que sur certains points de la réforme de la SNCF, l'état n'aurait pas recours aux ordonnances.
Les ordonnances sont faites, dans le respect de la constitution, pour accélérer le processus d'élaboration d'une loi en limitant les débats, ce qui laisse peu la possibilité à l'Assemblée Nationale de s'exprimer.
Mais, dans le cas de la réforme de la SNCF, il est indiscutable que le processus sera long, où est donc l'utilité des ordonnances ? D'autre part, que l' Assemblée Nationale puisse plus ou moins s'exprimer, change-t-il quelque chose lorsqu'un parti y possède la majorité absolue et que cette majorité se comporte comme une chambre d'enregistrement ?
Je ne vois donc pas en quoi les déclarations de la Ministre de Transports pourrait être considérées comme un signe de bonne volonté.

SNCF, VERS LE MODELE BRITANNIQUE

Que n'entend-on parler de la qualité des chemins de fer en Angleterre, plus confortables, plus ponctuels, meilleure restauration qu'en France. Tout cela serait dû à la privatisation.
On oublie un peu vite que pendant dix ans les accidents, y compris mortels, se sont succédés, que les voix étaient dégradées et que ce réseau était l'exemple de ce qui fallait éviter.
Alors que c'est-il passé ? L'état a repris à son compte une partie du problème en restaurant à grand frais les voix et en améliorant le réseau. Il ne restait plus aux sociétés privées qu' à faire circuler les trains pour engranger les bénéfices générés par ce service public qu'elles rendaient à la place de l'état, qui lui s'était chargé des dépenses de la restauration du réseau.
Si ce schéma venait à être celui vers lequel la France devait se diriger, ce que je crains fort, quelle serait la situation à l'échéance de la fin du processus de mise en concurrence ?
L'état devra éponger la dette de la SNCF, restaurer le réseau, ouvrir à la concurrence. Sachant que les entreprises privées sont obligées de faire des bénéfices au risque de disparaitre, seuls les itinéraires rentables les intéresseront. Il restera à l'état, s'il veut toujours que le chemin de fer remplisse correctement son rôle de service public, à exploiter les itinéraires non rentables. Il n'aura même pas la possibilité d'équilibrer ses comptes puisque ce qui sera rentable sera géré par le privé.
Celui-ci pour accroitre sa rentabilité aura comme principal levier la possibilité d'agir sur les salaires des cheminots, car on peut penser qu'au niveau de l'organisation de l'entreprise, ces grandes sociétés privées sauront recruter les meilleurs ingénieurs pour gérer le trafic.

mercredi 4 avril 2018

NOUVEL URBANISME

Le supplément du journal Sud-Ouest du jeudi 29 avril présentant de nombreux projets de construction d'immeubles dans notre région m'a laissé perplexe.
Sous prétexte qu'il faut densifier l'habitat des villes pour limiter les transports, on assiste à la construction d'immeubles énormes regroupés  en zones d'habitat extrêmement denses, et si l'on compare les projets actuels aux HLM qui ont tant de responsabilité dans les problèmes de société, on a l'impression que l'on est passé d'un système ou l'on construisait des "clapiers austères"  pour loger les plus démunis à des "clapiers de luxe" pour loger maintenant ceux qui ont plus de moyens.
Va-t-on recréer l'esprit de village ou la promiscuité ?
Il  est possible que dans un premier temps les choses se passent bien mais aussi que, petit à petit, les  gens qui habitent ces grands ensembles se lassent et aspirent à un habitat plus dispersé, laissant à d'autres récupérer ces vieux logis d'occasion, car il n'est pas certain qu'ils vieillissent aussi bien que les constructions anciennes.
Ce nouveau système d'habitat ne fait pas tout, le comportement de l'individu me parait dépendre, en grande partie, de la manière dont il est logé.
J'en veux pour preuve une vieille histoire. Elle remonte à la construction du nouveau Bordeaux à Mériadec. Cette zone était autrefois malfamée, on n'osait s'y aventurer la nuit  dans les années 1950. Quand le quartier a été rasé, on a relogé  les habitants dans des petits pavillons que l'on pensait provisoires à la limite de Bordeaux et de Pessac. Les gens ont été si contents de se retrouver dans un habitat aussi ouvert qu'ils ont pris grand soin de leurs maisons , et ce qui devait être provisoire est devenu permanent. Ainsi, la preuve était faite qu'en améliorant l'hébergement des gens, en leur donnant de l'espace, on pouvait changer leur comportement.
C'est compte tenu de cette expérience que  la forte densification de l'habitat, que l'on recherche à tout prix pour arriver à une Métropole bordelaise de un million d'habitants, m'inquiète.

mardi 3 avril 2018

LES CAPITALISTES ATTERRES

En 2011 quelques économistes de gauche se regroupaient sous le nom des "Economistes atterrés", pour attirer l'attention sur la dérive ultralibérale de la société.
Cette dérive est devenue tellement importante et dangereuse que maintenant on pourrait presque s'attendre à voir se créer le mouvement des "Capitalistes atterrés"
En effet devant les exigences sans cesse croissantes des actionnaires, qui demandent, au détriment des salariés, des rendements supérieurs à 15%, certains ardents défenseurs du système capitaliste s'émeuvent et ont peur de voir s'écrouler le système qu'ils ont tant défendu.
Se référant au début du fordisme, ils se souviennent que Ford avait bien compris que pour vendre ses voitures, il fallait que ses ouvriers puissent les acheter. Il semble que cela soit complètement oublié en demandant aux salariés de se satisfaire de rémunérations de misère pour créer des objets et services que seuls ceux qui les exploitent peuvent obtenir.
Bien qu'en France, le problème soit moins caricatural que dans bien d'autres pays, en raison de l'existence d'un salaire minimum, il n'en reste pas moins que les travailleurs pauvres sont légion et que leur nombre ne cesse de croitre.
De ce fait des voix se lèvent et des écrits se publient par ceux qui s'inquiètent, tout en ayant toujours défendu ce système économique, mais qu'ils jugeaient convenable tant que l'ultralibéralisme et le capitalisme débridé n'étaient pas venus caricaturer ce modèle économique qu'ils chérissent tant, jusqu'à penser  que le voir périr commence à ce faire jour.
C'est ainsi que Christine Kerdellant dans "Le  suicide du capitalisme", Patrick Artus dans "Et si les salariés se révoltaient" et Jean Peyrelevade dans "Changer ou disparaitre. Adresse au patronat" tirent la sonnette d'alarme.

lundi 2 avril 2018

DE L'HUILE SUR LE FEU

A la suite de l'attentat antisémite qui a coûté la vie à Mireille Knoll, vieille femme juive de 85 ans ayant échappé à la shoah, une marche blanche a été organisée pour dénoncer l'antisémitisme.
Le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France) avait fait savoir que le Front National et La France Insoumise n'étaient pas les bienvenus, ce qui a provoqué des incidents fort regrettables en cours de défilé.
Cet organisme ne peut être fier de sa décision en envoyant un message d'intolérance au moment où le peuple de France se rassemble autour d'une noble cause. Oublie-t-il que FN et LFI réunis ont représenté 40% des suffrages à la dernière élection présidentielle ? Pense-t-il donc qu'en France il y a 40% d'antisémites ? C'est faire un amalgame injurieux qui ne l'honore pas.
Malheureusement l'IFOP (Institut Français d'Opinion Publique) rapporte par la voix de Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégie, qu'il y aurait quand même 10 à 15% de français peu clairs sur ce sujet.
Mais, ce n'est pas parce qu'à l'extrême droite le fondateur du FN a eu régulièrement des propos antisémites et négationnistes et que sa fille a eu des fréquentations néonazi hors de nos frontières, ou qu'une partie de l'extrême gauche, en prenant fait et cause pour les palestiniens dans le conflit qui les oppose à Israël, a parfois pris de positions antisionistes, que l'on ne doit pas confondre avec l'antisémitisme, qu'il faut considérer que tous les membres de ces partis sont hostiles à la communauté juive.
Ce n'est pas avec des décisions comme celle prise par le CRIF que l'on peut espérer aller vers une amélioration de la solidarité nationale.

dimanche 1 avril 2018

L.F.I.,DANGEREUX MELANGE

Jean-Luc Mélenchon a été honteusement conspué lors de la marche blanche du 28 mars 2018, organisée pour dénoncer l'antisémitisme.
Il n'a jamais mérité cela, d'autant plus que peu de temps avant il avait fait, à l'Assemblée Nationale, une intervention de haute tenue pour rendre hommage au gendarme Arnaud Beltrame victime du terrorisme.
Comment certains peuvent-ils en venir là ?
On a l'impression que La France Insoumise (LFI) a récupéré tous les mécontents qui n'osent pas aller apporter leurs suffrages au Front National, à tel point que certains en viennent à confondre le comportement des deux partis. Il faut dire que la prise de position d'un des membres de LFI, Stéphane Poussier ex candidat aux élections législatives, qui s'est réjoui  de la mort de ce gendarme, que la majorité des français considèrent comme un héros, n'a rien arrangé à l'affaire. Mais comment confondre cet ignoble individu avec des gens comme Jean-Luc Mélenchon, Eric Coquerel ou Clémentine Autun, pour ne citer qu'eux, qui n'ont jamais cessé de lutter contre le racisme et l'antisémitisme.
Il doit manquer à ce parti, pour être clairement reconnu et identifié, d'affirmer plus fermement les valeurs positives qu'il défend et ne pas se contenter de risquer, faute de contrôle de ses adhérents,  de constituer un ramassis de mécontents. Ce sont des valeurs positives qui doivent fédérer les individus, le mécontentement ne suffit pas.
Dans le même ordre d'idée, il est à craindre, en l'Italie qui se voit obligée d'être dirigée par l'association de l'extrême gauche et de l'extrême droite, que le gouvernement ainsi formé devienne un douloureux exemple de ce que la confusion née d'une opposition disparate, peut générer comme risque pour un pays.