jeudi 22 mars 2018

CHOISIR LES HOMMES FORTS D'UN GOUVERNEMENT

Mon manque de vivacité d'esprit ne m'avait pas permis de comprendre comment Emmanuel Macron avait constitué le gouvernement et surtout autour de quels "piliers" il l'avait structuré.
J'avais bien compris qu'il fallait pour ce rôle de vrais hommes politiques qui ne  lui feraient pas de l'ombre et que, pour mener à bien leur tâche, il fallait qu'ils soient entourés de fins spécialistes et techniciens sans ambition politique, mais le choix de ces personnalités essentielle m'avait échappé.
Ce n'est qu'en lisant sur "l'Obs" de cette semaine l'article intitulé "Génération Rocard" que la lumière m'est apparue.
Très tôt, Christophe Castaner avait adhéré au Parti Socialiste en faisant parti des jeunes rocardiens, où il avait une certaine importance.
Si on se remémore par ailleurs qu'Edouard Philippe a toujours été un très proche d'Alain Juppé et que ce dernier a publié en son temps un livre avec Michel Rocard intitulé "La politique telle qu'elle meurt de ne pas être", qui a été très apprécié sur le plan politique car il tentait d'établir une passerelle entre la gauche et la droite, on peut considérer que la boucle est bouclée.
Prenez deux personnages emblématiques, l'un de la partie de la gauche la plus proche du centre,  et l'autre de la partie de la droite également la plus proche du centre, associez-les sous la tutelle d'un habile et ambitieux homme politique, qui ne revendique d'ailleurs pas cette étiquette et vous avez le macronisme, qui va jusqu'à créer LREM en se défendant d'en faire un parti politique, car ce ne serait qu'un mouvement.
Belle performance.

mardi 20 mars 2018

L'OCCIDENT DESUNI

L'empoisonnement d'un agent double russe en Grande Bretagne, montre à travers la réaction hâtive de Teresa May, à quel point l'occident est désorganisé.
Il ne fait aucun doute que cet attentat a été commandité par le Kremlin qui a affiché clairement sa volonté d'être identifié car le produit utilisé pour commettre ce méfait ne peut provenir que de ses services.
Fougueuse, Teresa May voulant montrer ses muscles a réagi avec vigueur sans se rendre compte que c'est ce que souhaitait Vladimir Poutine pour montrer sa force, devant ses électeurs, de manière à les mobiliser pour le scrutin du 17 mars où il parait que sa grande crainte n'est pas de perdre l'élection, mais d'être obligé de constater une faible participation.
Résultat, Teresa May expulse 13 diplomates russes, Vladimir Poutine en expulse 23 et ferme un centre culturel britannique, Donald Trump emmêlé dans ses histoires fait profil bas, Angela Merkel s'occupe avec une attention extrême à former son gouvernement et Emmanuel Macron essaie d'assurer le service minimum.
Bien évidemment, Teresa May ne pouvait rester sans réagir, mais elle l'aurait fait après les élections russes en consultant ses partenaires occidentaux, aurait été la prudence minimum que l'on pouvait attendre d'elle.
Mais où sont les diplomates ?
Vladimir Poutine peut mener la politique qu'il souhaite, partout où il le désire, en Ukraine, dans le Donbass, en Syrie et utiliser son droit de veto à l'ONU. L'occident ne sait que montrer son indignation et lorsqu'il croit le pénaliser en imposant le blocus de certains produits, il lui permet d'améliore sa production dans des domaines où son pays n'avait aucune compétence de manière à ce qu'il arrive lui-même à produire des matières qu'il importait.

UNE GREVE QUI AIDE A REFLECHIR

Les cheminots vont déclencher une grève, que l'on peut qualifier de perlée, en arrêtant le travail 2 jours sur 5. A priori cela devrait causer une gêne aux usagers, et ceci au moins dans l'immédiat.
Mais à y regarder de plus près, il est légitime de se poser des questions.
Des entreprises ont pris la parole pour dire qu'ils allaient s'organiser en essayant de régler les problèmes de productivité en faisant appel au télétravail.
Tient, tient, ne seraient-elles pas bien organisées ? Serait-ce par routine qu'elles oublieraient d'utiliser ce puissant outil moderne qui permet de diminuer les transports, de faire gagner du temps, d'éviter de surcharger le réseau routier et les transports en commun ainsi que d'économiser de l'énergie et donc de réduire les dépenses globales ?
Cela me rappelle le passage aux 35 heures hebdomadaires entre 2000 et 2002, tant critiqué, alors qu'en toute objectivité, certaines entreprises ont reconnu qu'elles en avaient profité pour mieux s'organiser sans perdre de productivité.
Si la grève de la SNCF pouvait avoir une telle action sur l'organisation du travail, ce serait une réelle réussite, et au lieu de retenir des journées de salaire sur la rémunération des cheminots, ils mériteraient d'être récompensés.

lundi 19 mars 2018

CURIEUSE EMISSION DE TELEVISION

Comme il fallait s'en douter, l'émission d'actualité "C' dans l'air" du jeudi 15mars 2018 traitait de la manifestation des retraités contre l'augmentation de la CSG sans compensation, qui se traduit pour eux par une perte de pouvoir d'achat.
Pour qui est habitué à regarder cette émission, il était difficile de reconnaitre les invités en entendant les arguments qu'ils avançaient et  surtout en voyant les positions qu'ils prenaient.
François Fressoz, journaliste au Monde, habituellement assez marquée à gauche, défendait la position du gouvernement, sans traiter les retraités de nantis, mais en comprenant qu'on leur demande un effort car leur patrimoine serait plus important que celui des actifs. S'est-elle posé la question du patrimoine de ces retraités lorsqu'ils étaient en activité au milieu de leur carrière ?
Raymond Soubie, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, et dont la compétence est reconnue, a défendu les retraités en assénant des vérités que l'on entend rarement:
-l'idée que les retraités sont des nantis est une idée d'économiste qui n'est certainement pas partagée par les actifs,
-les retraités sont par définition moins nantis que les actifs puisque le jour de leur départ en retraite ils perdent en moyenne 25% de leur revenu,
-depuis 1993, sous le gouvernement Balladur, l'écart entre le pouvoir d'achat des actifs et celui des retraités ne cesse de se creuser au détriment de ces derniers,
-les retraités ont pâtis de la solidarité intergénérationnelle en payant la retraite de leurs parents, ils attendent maintenant, fort justement, profiter de cette solidarité.
Quant Yves Thréard, journaliste au Figaro, dont on peut, comme pour tout journaliste, discuter de l'interprétation des faits, mais qui en général les rapporte avec fidélité, il a pris quelques libertés avec le calendrier, en disant que les retraités âges de 80 à 85ans avaient connu les trente glorieuses et n'avaient pas connu la guerre. Il oublie simplement que ces gens-là avaient entre 7 et 12 ans à la fin de la guerre, qu'ils ont connu le rationnement, les cartes d'alimentation, ont fait partie de J.1 et J.2 pour définir leur ration alimentaire journalière, qu'ils ont subi les bombardements et sont descendus dans des abris lors des alertes, pendant leur enfance ou le début de leur adolescence et que cela laisse des traces, car les cellules de soutien psychologiques, que l'on convoque maintenant à chaque incident, n'existaient pas. Ce sont aussi parmi les  hommes de cet âge que se trouvent ceux qui ont connu en Algérie une guerre qu'on a eu l'audace d'appeler pacification, et que certains ont donné jusqu'à 31 mois de leur vie, et parfois leur vie elle-même.
A la fin de cette émission j'ai ressenti un profond malaise et me suis demandé si c'était moi ou les invités de l'émission qui avaient perdu leurs repères.

dimanche 18 mars 2018

MEMOIRE SELECTIVE

Notre Président nous a régulièrement  montré qu'il faisait preuve d'une grande agilité intellectuelle associée à une mémoire que l'on peut qualifier d'impressionnante lorsqu'il s'adresse au pied levé à des interlocuteurs impromptus.
Pourtant, récemment, il semble que sa mémoire ait été prise en défaut.
Lors de son voyage en Inde il a profité de disposer d'une tribune pour fustiger ceux, qui en France, dans son propre parti, commencent à trouver le rythme des réformes trop rapide, en s'excusant d'intervenir depuis l'étranger sur des problèmes internes au pays qu'il dirige, ce qui, a-t-il dit, n'est pas son habitude.
A-t-il oublié que c'est lors de ses voyages à l'étranger, en aout 2017, en Europe de l'est qu'il a regretté que la France ne soit pas réformable et que c'est à l'occasion d'un déplacement à Athènes, en septembre de la même année, qu'il a affirmé vouloir s'en prendre aux "fainéants, cyniques et extrêmes".
Peut-être sont-ce des habitudes regrettables dont il ne tire pas grande fierté et qu'il souhaite faire oublier.

samedi 17 mars 2018

UNE BELLE MANIFESTATION

Elles faisaient plaisir à voir les mines des retraités rassemblés place Pey-Berland avant le départ de la manifestation.
Ils étaient tout heureux d'être aussi nombreux, 5000, peu d'entre eux  y croyaient, chacun craignait que la présence des manifestants soit des plus faible, tant il fallait avoir envie de manifester pour trouver le lieu de rendez-vous.
En effet, aucune information n'avait été diffusée tant par la presse écrite que par la télévision. Seul France-Bleue Gironde, le matin même du 15 mars en avait parlé.
5000 manifestants est une indéniable réussite. Le cortège faisait plus de 500 mètres, et il se pourrait que ce chiffre de 5000 soit sous estimé, car on pouvait se rendre compte que ces retraités avaient quelque peu perdu l'habitude de défiler, peut-être ne l'avaient-ils jamais fait. Le cortège était très large, et les rangs serrés, ce qui donne l'opportunité aux pouvoirs publics de sous estimer le nombre de manifestants.
Les retraités dont on dit qu'ils vieillissent bien, paraissaient pour la plupart en forme pour battre le pavé, mais il faut quand même remarquer que certains accessoires comme canne anglaise ou fauteuil roulant s'étaient invités au rendez-vous pour signifier à quel point le mécontentement est réel face à l'injustice subie par les séniors.
En passant devant la poste, des postiers étaient sortis pour applaudir le cortège, comme si ces retraités manifestaient aussi pour eux par procuration, pour essayer de protéger leur avenir, et peut être aussi parce que cette manifestation leur donne un avant goût de ce qu'il devrait les attendre le 22 mars.
Enfin pour terminer sur une note plaisante, en dehors des slogans traditionnels, une nouvelle formule est apparue: "Brigitte, avec nous !"

vendredi 16 mars 2018

LICENCIEMENT ABUSIF

Deux personnages bien connus du PAF viennent de subir les affres du licenciement. Il s'agit de Julien Le Pers et de Natacha Polony.
Ils réclament, à juste titre, l'un et l'autre des indemnités de licenciement.
Julien Le Pers demande 3,4 millions d'euros, soit l'équivalent de 225 ans de Smic ou de 50 ans de salaire d'un député.
Natacha Polony réclame 700.000 euros, soit 45 ans de Smic ou 10 ans de salaire d'un député.
Mais qu'est-ce qu'il fait que cette dernière soit aussi raisonnable ? Ce doit être l'entrée en vigueur du nouveau Code du Travail qui plafonne les indemnités de licenciement.