mardi 6 mars 2018

LE PRESIDENT DES FRACTURES

En 1995 Jacques Chirac avait promis de lutter contre la fracture sociale, il ne l'a jamais fait. En 2017 Emmanuel Macron en se présentant tantôt "ni de gauche ni de droite", tantôt "et de gauche et de droite" suivant ses interlocuteurs, donnait l'impression de vouloir être l'homme du consensus qui allait réparer les fractures qui existaient entre les blocs qui traditionnellement s'opposaient.
Il a fait éclater les partis politiques traditionnels, il les a fracturés, on peut en penser ce que l'on veut, mais c'est de la bonne politique, ou tout au moins un sacré sens de l'opportunité.
Mais il a aussi fait éclater la société:
Par sa manière d'exonérer les plus riches de l'ISF, il oppose les pauvres et les riches.
Par la diminution des revenus des retraités il oppose les jeunes aux plus anciens.
Par ses décisions sur l'aménagement du territoire, dont il se défausse auprès des collectivités locales en ce qui concerne le réseau ferré, il oppose les métropoles à la campagne.
Si c'est cela créer des liens sociaux et fédérer une nation en lui faisant entrevoir une amélioration pour tous ses citoyens, des explications s'imposent.
En France il fera bon vivre  a condition que l'on habite dans une grande ville en étant jeune et riche. Quel exploit !

lundi 5 mars 2018

UN PRESIDENT CONTRE "LES VIEUX"

Le journal Sud Ouest du vendredi 2 mars rapporte les propos d'Emmanuel Macron interpelé par un retraité auquel il a répondu:" je sais que je demande un effort aux plus âgés, que parfois certains râlent. Ca ne rend pas forcément populaire, mais je l'assume".
Il n'était vraiment pas nécessaire d'apporter une telle précision, car maintenant que l'on connait ce novice en politique, mais qui a particulièrement vite appris, personne ne le soupçonne de ne pas faire les choses intentionnellement.
Il répète sans cesse qu'il fait ce qu'il a dit lors de la campagne électorale, mais il s'est bien garder de dire aux séniors quelle était la manière dont il allait les traiter, toutes les voix comptent au moment d'un scrutin. Ainsi c'est cette partie vieillissante de la population, démunie de moyens d'action avant 2022, qui est sa cible principale.
Il diminue leur revenu
Il les fait seuls cotiser à l'assurance maladie
Il laisse les établissements de soins qui les accompagne dans un état lamentable.
Pour la première fois un Président ne fait preuve d'aucun scrupule vis à vis de ceux qui ont le moins de moyens de se défendre, et non content de cela il affirme haut et fort être fier de son comportement qu'il assume sans aucun état d'âme.
Il n'a pas été missionné pour cela. Avoir le pouvoir et l'exercer quand on est élu de la République est un devoir, en abuser est une faute.

dimanche 4 mars 2018

SENIORS AU VOLANT

Le titre d'un article du journal Sud-Ouest du mercredi 28 février, traitant de la conduite automobile des personnes âgées m'a choqué, je dois toutefois reconnaitre que ce n'est pas fréquent.
Sophie Carbonel titre ainsi son article:" Vieillir ou conduire, les séniors doivent choisir". Je trouve l'expression particulièrement maladroite car si on choisit de conduire on ne choisit certainement pas de vieillir, à moins que l'auteure de l'article soit suffisamment jeune pour espérer profiter des progrès de la science et de l'intelligence artificielle pour bénéficier des biotechnologies qui l'amèneraient à faire partie des hommes, ou plutôt des "femmes augmentées".
Mais en réalité les dispositions que compte prendre le Préfet des Pyrénées Atlantiques me choquent bien plus en demandant aux familles de signaler aux pouvoirs publics les personnes de leur ascendance qu'elles considèrent comme dangereuses, pour leur interdire de prendre le volant.
Nous sommes en plein domaine de la subjectivité. Si l'on doit vérifier les aptitudes physiques d'un conducteur, ceci doit se faire quel que soit l'âge, bien que je reconnaisse volontiers que le vieillissement n'améliore en rien, bien au contraire, les capacités à la conduite automobile d'un individu.
Si en moyenne un "sénior" est certainement moins bon conducteur, uniquement du point physique qu'un jeune ou qu'une personne d'âge mur, il existe, et c'est heureux, des personnes âgées qui sont moins dangereuses que certains jeunes au volant.
Interdire aux personnes âgées de conduire en raison de leur potentielle dangerosité revient à sanctionner un individu par anticipation, alors qu'on laisse circuler librement dans la nature de potentiels terroristes. D'autre part, je rappellerais à Monsieur le Préfet des Pyrénées Atlantiques que c'est dans son département qu'une mère de famille avait signalé, aux pouvoirs publics,  la dangerosité de son fils qui, n'ayant pas été interné parce qu'il n'avait commis aucun délit et qu'une aucune disposition n'avait été prise pour éviter le risque qu'il faisait courir à son environnement, a par la suite, si je me souviens bien, tué une infirmière et blessé grièvement un médecin.
Si le permis de conduire devait faire l'objet d'une visite, quel que soit l'âge du candidat, celle-ci ne devrait pas être uniquement médicale mais prendre en compte également certains facteurs comportementaux. Quant à la périodicité des contrôles relatifs à ces visites, elle resterait à définir.
Ce n'est pas en simplifiant les problèmes qu'on les résout.
Mais, d'autres voies sont à prospecter maintenant que les véhicules lisent les panneaux de signalisation et que le freinage d'urgence existe sans la participation du conducteur. Pourquoi ne pas exiger que tous les véhicules soient équipés de ces dispositifs. Ainsi s'il s'agit d'éviter qu'un conducteur emprunte une autoroute à contre sens, puisque c'est le cas qui à fait réagir le Préfet des Pyrénées Atlantiques, ces dispositifs seraient parfaitement adaptés en provoquant l'arrêt d'un véhicule dès qu'il se présente face à un panneau de sens interdit.

samedi 3 mars 2018

LES CHIFFRES DU FROID

La vague de froid de courte durée qui vient de toucher notre pays a néanmoins permis aux différents média de nous inonder de chiffres.
Températures de -2, -6, -10°, vents de 20, 50, 70 km/h, températures ressenties allant jusqu'à -20°.
Mais tout compte fait ces chiffres ne m'intéressent pas, ce ne sont que des informations sur lesquelles nous n'avons aucune prise.
D'autres m'intéressent beaucoup plus.
14 millions de français ont froid chez eux, soit parce qu'ils vivent dans des logements mal isolés, soit en raison du coût de l'énergie.
145.000 français sont sans abris.
Des français meurent de froid, jusqu'à quatre dans une seule nuit.
La France, pays de l'électricité nucléaire, est obligée d'importer de l'électricité d'Espagne,  ils sont en surproduction car le climat y est plus clément (merci d'avoir pensé à nous), ou d'Allemagne, oui d'Allemagne, ça ne doit pas être à cause du climat, non, mais Angela Merkel en fermant les centrales nucléaires et en rouvrant ses centrales à charbon peut nous envoyer de l'électricité en même temps que du CO2, car le vent froid venant de l'est a du mal à filtrer l'air qu'il nous apporte.
Mais quel est donc ce pays où dès que le thermomètre atteint des valeurs négatives plus de 20% de la population a froid, où 0,25% couche dans la rue, où chaque nuit on relève des morts et où l'on est en dépendance énergétique ?
C'est celui qui fut le pays des Lumières. Si le XXI° siècle est celui du numérique et de l'électricité, les lumières se sont éteintes.

vendredi 2 mars 2018

EVOLUTION DU RESEAU FERRE

Lorsque l'Etat aura fini de régler le problème du statut de la SNCF, et cela devrait aller assez vite vu l'état dans lequel se trouvent les syndicats et les partis politiques d'opposition, les Régions s'occuperont du réseau des TER. Elles le feront contre leur gré car elles auraient préféré que l'Etat s'en charge, mais, habilement ce dernier va leur "refiler la patate chaude".
Chaque région, dans son coin, va supprimer les lignes non rentables en se rappelant qu'il y a déjà eu un précédent.
Rappelez-vous ; pourquoi la Gironde a tant de pistes cyclables ? Tout simplement parce que les Chemins de Fer Economiques départementaux ont été dans un premier temps remplacés par la CFTA (Chemins de Fer et Transport Automobile), ou rien que le nom montrait déjà que le car allait remplacer le train, pour qu'enfin les voies ferrées soient complètement supprimées.
Ce fut le cas notamment pour Bordeaux - Lacanau, Le Verdon - Facture, Facture - Saint Symphorien.
L'histoire va se répéter. La SNCF va connaitre le même sort que les PTT. Les gares des petites villes vont disparaitre comme les bureaux de poste ont disparus. Les cars vont remplacer les trains. La durée des trajets va augmenter en même temps que les risques d'accidents, notamment en période hivernale. Les cheminots vont avoir des contrats de type CDD ou, CDI pour les plus chanceux, comme certains facteurs, pardon, préposés. Les distances pour aller prendre les transports en commun vont s'allonger comme c'est le cas, en certains endroits, pour aller de son domicile à la boîte aux lettres car le préposé ne dessert parfois qu'un lotissement ou le coin de la rue mais ne se rend plus au domicile de chaque habitant.
C'est encore une pierre de l'édifice du service public qui tombe.

jeudi 1 mars 2018

S.C.N.F.:STATUT VS OPINION PUBLIQUE

Le gouvernement, tout en s'appuyant sur le rapport Spinetta, a choisi la bonne stratégie pour mener à bien la réforme de la SNCF.
Ce rapport comportait deux propositions importantes:
- la révision du statut de la SNCF, notamment en ce qui concerne celui des cheminots
- la suppression des lignes non rentables.
En séparant les deux propositions et en ne traitant que du statut de la SNCF, le gouvernement semble ne prendre aucun risque.
S'il y a mobilisation contre ce projet, et je pense que ce sera le cas, les cheminots seront seuls face au gouvernement, ils pourront simplement utiliser leur pouvoir de nuisance en faisant grève, mais ils ne peuvent compter sur l'opinion publique pour les soutenir. L'Etat à trop laissé se dégrader la situation de la SNCF pour qu'une majorité de citoyens veuille la maintenir en l'état. Il en aurait peut-être été tout autrement si les pouvoirs publics avaient, en même temps, touché au réseau pour supprimer les lignes déficitaires.
Si toutefois une fronde trop importante venait à se faire jour, l'Etat aurait vite fait de rappeler au français que la SNCF coûte à chacun d'entre eux 208€ par an , sans compter la dette qui correspond à 700€ par français, l'heure ne paraissant pas être à la solidarité.
Après quarante ans de dérive, depuis la séparation de la SNCF de RFF (Réseau ferré de France), la situation n'a cessé de se dégrader. Les gouvernements successifs n'ont rien fait pour sauver la SNCF, l'actuel gouvernement arrive à point , non pour cueillir le fruit mur, mais pour jeter le fruit avarié.
Si après la réforme ce fruit redevient appétissant, lorsqu'il sera mur, le privé le cueillera car il deviendra générateur de profit.
La question reste de savoir si cette lente dégradation, connue de tous, était inévitable, fortuite ou intentionnelle.

mercredi 28 février 2018

BITCOIN, MONNAIE LOCALE ET TRAVAIL NOIR

Je suis extrêmement surpris que les monnaies locales soient de plus en plus répandues et autorisées comme le bitcoin. Pour moi, à moins que je sois mal informé  ou que mon analyse soit mauvaise, cela s'apparente à légaliser le travail noir.
Prenons deux exemples.
1° exemple : je dispose autour de mon pavillon d'un jardin que je divise en deux parties, un potager et un jardin d'agrément. Je m'entends avec mon voisin qui peut faire pousser ses légumes dans mon potager et en disposer, en compensation de quoi, il entretient mon jardin d'agrément.
Est-ce de l'échange de services, du troc ou du travail noir ?
2° exemple: je m'entends avec des amis dont deux sont jardiniers et un menuisier de façon à nous rendre mutuellement service. Nous créons alors une monnaie d'échange ML (initiales de monnaie locale). Le premier jardinier utilise mon potager et pour cela me donne 500 ML. Il fournit des légumes au menuisier pour 500 ML, mais en garde une partie pour sa consommation, c'est son bénéfice. Le menuisier fabrique une table de salon qu'il vend au deuxième jardinier pour 500 ML afin de compenser sa dépense pour acheter des légumes. Le deuxième jardinier, pour équilibrer son budget vient entretenir mon jardin d'agrément et je lui donne les 500 ML que m'avait payés le premier jardinier pour utiliser mon potager.
La boucle est bouclée, pour moi, la location de mon potager a payé l'entretien de mon jardin d'agrément. Nous nous sommes rendu service, nous n'avons pas échangé d'argent, l'Etat n'a pas perçu de TVA.
Si par contre, au lieu des ML, nous avions utilisé des euros comme tout le monde, il y aurait alors eu quatre transactions de 500 euros chacune soit au total 2000 euros sur lesquels le fisc en prélevant 20% de TVA aurait perçu 400 euros.
Est-ce normal ? Est-ce irréprochable ? Est-ce tolérable ? Est-ce permis ? Si oui, quelle est la différence avec du travail noir ?