lundi 20 novembre 2017

LA "RUE BORDELAISE"

Pour un coût exorbitant, 450 millions d'euros, en première approximation (qu'en sera-t-il à la fin du chantier ?) Bordeaux va se doter d'une magnifique promenade, la "Rue Bordelaise" reliant la gare Saint Jean aux quais de la Garonne avec vue imprenable sur le Pont de Pierre.
Encore une mise en valeur des nouveaux quartiers des bords  du fleuve, mais qu'en est-il en d'autres lieus.
Cet investissement est très significatif des choix de Bordeaux Métropole dont le but essentiel est  d'attirer de nouveaux habitants, pour qu'en dépassant le million d'habitants, le nom ne métropole ne soit pas usurpé et que Bordeaux devienne une "grande métropole européenne".
C'est évident qu'un tel projet ne peut que séduire ceux qui en débarquant du TGV quitteront la gare Saint Jean et auront devant les yeux ce tableau qui devrait être magnifique.
Mais revenons au coût de l'opération, 450 millions d'euros. Rapporté à l'amélioration des transports en commun, cela représente 18 km de voies de tramway. c'est à dire que pour cet investissement on aurait pu desservir Gradignan et Saint Médard en Jalles, et comme certains projets, mal définis, sont déjà programmés, c'est aussi la liaison Mérignac Aéroport qui aurait pu enfin voir le jour.
Vu sous cet angle, il est clair que le souci de nos élus est plus d'attirer de nouveaux habitants fortunés, vu le prix de l'immobilier à Bordeaux, que de rendre plus facile les déplacements des habitants de la métropole bordelaise.

dimanche 19 novembre 2017

CIRCULATION SUR LE PONT DE PIERRE

La ville de Bordeaux à l'air de prendre pour une victoire le fait que la fermeture du Pont de Pierre aux voitures ait permis de "perdre" 3000 véhicules qui n'auraient pris ni le Pont Saint Jean, ni le Pont Chaban-Delmas.
En clair, au moins 3000 automobilistes sont devenus piétons ou cyclistes pendant que d'autres ont choisi l'allongement de la durée de leur temps de parcours domicile travail.
Compte tenu de la surcharge de la ligne A du tramway qui franchit le Pont de Pierre, plutôt qu' à une victoire, ce comportement imposé s'apparente à une contrainte subie de gré ou de force, par ceux qui travaillent. Ne parlons pas de la joie des personnes qui apprécient, pour la promenade, que le pont leur soit réservé.
Pour mener à bien une telle action, sans porter préjudice à ceux dont la nécessité est de se déplacer pour aller travailler, il aurait fallu que l'offre de transport en commun soit plus importante et surtout de meilleure qualité.
Faut-il rappeler qu'avant 1958, lorsqu'il y avait énormément moins de voitures en ville, ce que voudraient revoir les pouvoirs publics, les déplacements dans Bordeaux et sa banlieue ne posaient pas de problèmes car on disposait de 21 lignes de tramway intramuros et toutes les banlieues, même éloignées, étaient reliées au centre-ville de Bordeaux par des lignes directes qui ne se faufilaient pas dans d'anciennes zones pavillonnaires pour aboutir, après maintes contorsions, aux zones de HLM, comme c'est le cas actuellement.

samedi 18 novembre 2017

LES FRACTURES DE LA GAUCHE

Il y avait bien longtemps que la fracture de la gauche sur fond économique était connue, au moins depuis 1983 lorsque François Mitterrand a remplacé Pierre Mauroy par Laurent Fabius pour prendre le virage du libéralisme. Ainsi à partir de ce moment là, sournoisement, deux gauches s'opposaient au sein du Parti Socialiste, l'une tenant de l'orthodoxie en continuité de l'idéologie du Front Populaire de 1936, l'autre résolument tournée vers la sociale démocratie.
L'apothéose en a été l'éclosion du mouvement des frondeurs suivie de l'éclatement du Parti Socialiste avec d'une part Manuel Valls et d'autre part Jean-Luc Mélenchon et parmi tout cela, la recherche d'une nouvelle voie, plus moderne, par Benoît Hamon.
Maintenant l'affaire Tariq Ramadan et la prise de position de Médiapart contre Charlie Hebdo, l'accusant par la voix de son Président Fondateur, Edwy Plenel, de participer à "une guerre contre les musulmans" (voir éditorial de Bruno Dive dans le journal Sud-Ouest du 16 novembre), fait apparaitre une fracture, peut-être plus profonde encore au sein de la gauche car elle touche à l'idéologie, c'est à dire à la manière dont on conçoit la laïcité.
On savait bien, là aussi, que des intellectuels de gauche comme Pascal Boniface, Edgar Morin et Edwy Plenel (voir l'Obs du 9 au 15 novembre), au nom de la laïcité, apportaient leur "caution intellectuelle à Tariq Ramadan". Mais, de là à considérer que toute critique de l'Islam est contraire au respect de la laïcité, est un pas qu'il est inadmissible de franchir, puisque c'est justement cet esprit critique vis à vis d'une religion, le Catholicisme, qui a permis de poser les bases de la loi de 1905, qui est pour la République Française une de ses fondations.
Avec de telles fractures, qui ne sont malheureusement pas les seules, au sein de la gauche, on peut penser que la recomposition d'un parti politique représentant ce courant de pensée prendra énormément de temps, et que les gens de gauche assisteront, encore pendant longtemps, à des combats électoraux auxquels ils participeront par devoir, mais sans aucune espérance de victoire.

jeudi 16 novembre 2017

DEMENAGEMENT DU TERRITOIRE

Les campagnes se désertifient.
Les villages se vident de leurs commerces et de leurs services publics.
Les villes moyennes voient leur centre-ville présenter plus de rideaux fermés que de magasins ouverts.
Et pendant ce temps là, que voit-on dans les grandes métropoles ? Des projets d'extensions pharaoniques comme c'est le cas à Bordeaux, mais ce n'est qu'un exemple, qui a pour ambition de faire passer la population de son agglomération de 700.000 à 1 million d'habitant en moins de 20 ans.
Alors, notre Président peut aller à la rencontre des quartiers défavorisés, des banlieues, des villages et des campagnes promettre quelques subsides, chacun se rend bien compte que ce ne sont que cataplasmes sur jambe de bois et pourtant, les dernières élections ont bien montré, par les votes extrémistes des habitants des zones oubliées, que la France était de plus en plus coupée en deux.
Quelle est la partie de cette France qui gagnera aux prochains scrutins si l'on n'arrive pas à créer, au moins un embryon, de dynamisme économique et de services publics et sociaux dans ces zones sinistrées ?

COUCOU ! LE REVOILA.

Alain Juppé sort du bois. Il vient de faire savoir qu'il appréciait le discours sur l'Europe de notre Président et qu'un éventuel rapprochement sur ce sujet ne lui paraissait pas impossible, avant de twitter pour se reprendre au cas où certaines personnes, comme moi, croiraient à une tentative quelque peu hâtive de rapprochement.
Force est de constater qu'il y a des coïncidences qui peuvent donner lieu à diverses interprétations.
Cette déclaration arrive au moment où un remaniement ministériel va avoir lieu en raison du départ plus que probable de Christophe Castaner, moment également où dans la majorité présidentielle des critiques se murmurent  contre Jean-Yves Le Drian, Ministre des Affaires Etrangères.
Quand on sait qu'Alain Juppé fut apprécié à la fois par la droite et la gauche lorsqu'il occupait ce poste, il n'est pas critiquable de penser que sa déclaration peut s'apparenter à une offre de service.
Petit problème, mais en est-ce vraiment un, le gouvernement ne serait pas alors rajeuni pour autant.

mercredi 15 novembre 2017

L'ALIBI CULTUREL


Laurence Parisot vient de demander à notre Ministre de l'Environnement, Nicolas Hulot, d'interdire la chasse à courre.                                                                                                                                        Je vois déjà les opposants à cette sage demande se mobiliser et brandir "la culture" comme justification à une telle pratique.
Que ce soit pour la chasse à courre ou la corrida, c'est toujours l'héritage culturel qui est invoqué pour justifier des pratiques d'un autre âge dont l'humanité n'a pas lieu d'être fière.
C'est au nom de la culture et de la tradition que l'on bat à mort un âne en Espagne à Villanueva de la Vera, c'est aussi avec ce prétexte que dans certains pays on pratique l'excision, l'infibulation, la lapidation ou l'imputation.
Avec de tels arguments, au Mexique, on pratiquerait encore le sacrifice humain comme le faisaient les Mayas.
Est-ce une raison, par coutume, chez nous de laisser perdurer ces actes barbares ?
Laurence Parisot qui jusqu'à maintenant a porté la parole sur d'autres sujets, avec qui j'ai rarement été d'accord, a parfaitement raison de soulever ce problème de la chasse à courre, qui bien que marginal, ne nous honore pas.

lundi 13 novembre 2017

SALAIRE DES DEPUTES

Il est beaucoup question actuellement de faire des économies sur les rémunérations de nos députés et sur leur nombre à l'Assemblée Nationale.
Ce me semble être plus un geste symbolique qu'une réelle économie importante, mais je pense qu'il faut savoir différencier le nombre de nos représentants et leur rémunération.
Est-il indispensable que 577 députés nous représentent, je ne le crois pas, il ne parait pas que les débats, si impératifs soient-ils nécessitent une telle représentation, par contre peut-être faudrait il prévoir une autre organisation de ces débats qui en permettant, comme il se doit, à toutes les opinions de s'exprimer, dégénèrent, par le biais d'amendements discutables, en véritable travail d'obstruction qu'il ne faut pas confondre avec opposition.
Par contre le travail de député est très absorbant et impose un emploi du temps très chargé, parfois de l'ordre de 70 à 80 heures hebdomadaires. De ce fait leur salaire de 5200€ par mois ne me parait, non seulement pas exagéré, mais peut-être insuffisant. En contrepartie, toute sorte de complément comme les indemnités ou frais professionnels doivent être rigoureusement contrôlés, quant aux avantages conservés en fin de mandat, ils  n'ont certainement pas lieu d'exister.
De même, il ne paraitrait pas anormal que les salaires des attachés parlementaires et leur nombre autorisé par député, soient fixés par l'Assemblée Nationale et que leur statut prévoit certaines sécurités de rémunération à chaque changement de mandat.
Il me semble que pour ce sujet, comme pour bien d'autres, on confonde le bien fondé d'une décision ou d'une situation avec son contrôle.
Ce n'est pas parce que certaines dérives existent, faute de contrôle rigoureux, qu'il faut revenir sur le bienfondé de l'objet qu'elles ont détourné.