mardi 14 mars 2017

EXPERTS, TECHNICIENS ET POUVOIR POLITIQUE.

Pour avoir fréquenté ce milieu, j'ai beaucoup apprécié l'article de Jean-Claude GUILLEBAUD publié sur Sud -Ouest Dimanche du 12 mars 2017 qui met clairement en évidence le rôle des experts.
Il est fort important que chacun reste à sa place et ait pleinement conscience de ses responsabilités et de ses limites.
Pour un technicien, être sollicité par un homme politique détenant le pouvoir, quel qu'il soit, demande une grande honnêteté intellectuelle, pour permettre une analyse objective des problèmes, et une grande abnégation lorsque les conseils qu'il prodigue ne sont pas suivis. Il faut qu'il ait conscience de pas être le décideur, et que parmi les paramètres qu'un responsable doit prendre en compte, il n'apporte son éclairage que sur une partie du problème et que la synthèse de tous les paramètres revient à l'homme politique, aidé souvent par un collaborateur  capable d'apprécier l'importance relative des données dont il dispose et de savoir les hiérarchiser.
Par contre, il est particulièrement important pour un expert ou pour un technicien, lorsqu'il est sollicité, qu'il sache qu'il doit donner un avis objectif et qu'en aucun cas il n'est chargé de cautionner une décision déjà prise avant toute analyse

lundi 13 mars 2017

FILLON, MACRON DESACCORD SUR LES METHODES

A l'occasion d'un déplacement en Languedoc, Emmanuel MACRON rencontrant des travailleurs en tee-shirt, s'est fait reprocher la qualité de ses costumes Il  a alors prononcé une réplique assez douteuse du genre: "Si vous voulez vous payer des costards, il faut travailler". Il avait surtout, avec un manque de tact incroyable, voulu expliquer que le travail permettait de s'enrichir, certainement peu pour les gens auxquels il s'adressait.
Actuellement, des révélations, non contredites par l'intéressé, nous apprennent que François, en dehors d'autres cadeaux, se fait offrir des costumes d'une valeur de 6500 €. Il n'est donc plus besoin de travailler pour porter ces merveilleuses tenues, mais je crains que cette méthode ne soit pas à la portée de tout le monde.
Je pense, mais je peux et souhaite me tromper, que les interlocuteurs d'Emmanuel MACRON n'avaient pas les mêmes amis que François FILLON. Ils sont certainement tout aussi intéressants, peut-être même moins intéressés, mais à coup sûr moins riches.

PASSEISTES, RINGARDS ET TIMORES

Cette campagne pour l'élection présidentielle est vraiment incroyable et son déroulement imprévisible.
Initialement il y avait l'extrême droite, la droite unie et la gauche éclatée entre ceux que l'on appelait les "archéo-socialistes" et les socio-démocrates. Puis on a vu apparaitre parmi les "gros candidats" ceux qui ont refusé de passer par les élections primaires., Marine LE PEN à l'extrême droite, Jean-Luc MELENCHON à "la gauche de la gauche" et Emmanuel MACRON à ce qui paraissait ressembler à un centre très élargi, et ceux qui s'en remettaient aux voix de leurs électeurs potentiels, et là sont apparus de vraies fractures à droite comme à gauche. A droite sous la pression des événements et à gauche en raison de l'impossible entente entre "les frondeurs" et le reste du Parti Socialiste qualifié de social démocrate par les uns et de social libéral par les autres.
Au fil du temps les différents commentateurs et analystes politiques ont du s'adapter, et le cas le plus intéressant, lorsqu'on regarde l'évolution des commentaires est celui de Benoît HAMON.
Initialement on ne parlait même pas de lui, puis, le sérieux avec lequel il a essayé de bâtir un projet innovant, l'a amené à gagner la primaire de la gauche. Alors qu'il était considéré comme le prototype de l'archéo-socialiste, partisan de la lutte des classes, bien imprégné des théories marxistes, il est devenu utopiste. Maintenant il a franchi une étape supplémentaire, son projet serait simplement irréaliste car il est trop  en avance, il correspondrait à la société telle qu'elle pourrait être en 2050.
Ce serait donc un danger de savoir se projeter dans l'avenir car certains, ou plutôt certaine comme Christine KERDELLANT, n'hésitent pas à brandir le drapeau rouge en disant qu'en cas d'un duel au second tour de la présidentielle avec Marine LE PEN, il serait le seul candidat susceptible de perdre.
Ainsi on ne peut mieux personnaliser l'immense majorité qui a peur de l'avenir, qui accepte parfois contre son gré la loi du capitalisme ultra libéral, qui refuse de se projeter en 2050, qui ne veut pas prendre en compte l'énorme évolution de la société sous la pression de l'économie numérique.
C'est avec une telle attitude que le pouvoir échappe aux politiques pour passer entre les mains d'ensembles plus modernes et plus audacieux comme les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).
Lors des débats des primaires ils n'étaient que trois à essayer de se projeter dans l'avenir: à gauche Benoît HAMON, à droite Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET et chez les Verts Jean-Luc BENHAMIAS. Les deux premiers ont été discrédités par leur propre camp, l'une en essayant de la faire passer pour une illuminée, pour ne pas dire plus, et en lui offrant une place imperdable aux législative, l'autre en lui collant l'étiquette d'apparatchik pendant que le troisième s'est lui même plus ou moins marginalisé par son attitude un peu trop détendue et son aspect dilettante lors des débats.
Pour conclure j'emprunterai simplement à Nathalie KOSCISKO-MORIZET la dernière phrase qu'elle a prononcée lors de la primaire de la droite:" Le recyclage c'est bien pour les déchets, ça l'est beaucoup moins pour les idées"

dimanche 12 mars 2017

REVENANTS ET RECYCLES

Il parait que les conditions politiques actuelles font que notre pays doit être prêt à relever de nouveaux défis. Ce n'est certainement pas le personnel politique que nous avons connu ces dernières décennies et qui a laissé notre situation se dégrader, qui va nous permettre de mener à bien cette tâche particulièrement difficile. Pourtant, que constate -t-on parmi les troupes des candidats le mieux placés pour affronter le Front National ?
L'équipe de François FILLON ne va être constituée que de revenants qui après avoir cru en lui l'ont quitté pour ensuite le rejoindre, montrant ainsi qu'ils cherchent avant tout à faire partie de l'équipe dirigeante quel que soit le programme qu'ils auraient à défendre.
Coté Emmanuel MACRON, ce ne sont pas des revenants, mais des responsables politiques, issus notamment du Parti Socialiste, qui voyant que ce jeune candidat a toute ses chances de réussir, cherchent à se recycler, pour non pas défendre des idées particulièrement nouvelles, mais pour participer à une sorte de synthèse qu'ils n'ont jamais su faire. Souhaitons que leur nouveau leader ne leur donne pas une place trop importante et qu'il, faute de mieux, reste fidèle  aux idées de renouvellement du personnel politique qu'il avait initialement prévu.

samedi 11 mars 2017

TROP C'EST TROP

La presse et notamment "Le Canard Enchainé" et Médiapart" font leur travail et le font bien quand ils révèlent des affaires comme celles qui concernent François FILLON ou celle qui en 1974 traitaient de la feuille d'imposition de Jacques CHABAN DELMAS. Sans eux nous ignorerions tout des pratiques de certains de nos hommes politiques de même que sans les lanceurs d'alertes nous ne serions pas au courant de ce qui se passe en différents endroits sous la pression des lobbies.
Mais il me semble que s'acharner sur François FILLON  au point de lui reprocher d'avoir emprunté de l'argent à Marc LADREIT de LACHARRIERE me parait excessif. Je ne sais si cette pratique est répréhensible par la justice, mais il me semble que bien des gens par amitié aident leurs connaissances dans certaines circonstances sans que le fisc n'en soit informé. Sont-ils pour cela délinquants?
A trop vouloir prouver coute que coute la culpabilité d'un individu, on finit soi même par être suspecté de manque d'objectivité. Il ne faudrait pas que cette attitude fasse perdre du crédit à ceux dont on a besoin pour recevoir une information objective.

vendredi 10 mars 2017

VISION SIMPLISTE DU PAYSAGE POLITIQUE

Il est confortable lorsque l'on veut comprendre un phénomène, et surtout essayer de le faire comprendre de tenter de le simplifier. Il me semble que c'est ce que fait actuellement la plupart des analystes et commentateurs politiques.
Ils nous expliquent qu'à la traditionnelle séparation entre gauche et droite, sans s'y substituer, une nouvelle distinction existe entre ceux qui sont pour une vision ouverte du monde, et donc acceptent la mondialisation, et ceux qui au contraire se renferment à l'intérieur de leurs frontières.
Cette vision permet donc de définir quatre ensembles : la gauche "ouverte" représentée par Manuel VALLS, la gauche "fermée" avec Jean-Luc MELENCHON, la droite "ouverte" de François FILLON et la droite "fermée" de Marine LE PEN. C'est ainsi très simple, il reste à souhaiter l'alliance de la droite "ouverte" et de la gauche "ouverte" pour voir apparaitre Emmanuel MACRON, soit disant porteur d'idées nouvelles.
Ainsi, bien que réducteur, ce raisonnement parait logique et sans faille, à ceci près qu'il prend pour hypothèse qu'il n'y a pas d'autre modèle social que la société capitaliste ultralibérale basée sur toujours plus de travail, de rentabilité, de croissance infinie et de partage des richesses de manière plus ou moins équitable, suivant les cas, mais pour ce qui concerne ce que nous avons connu jusque là, c'était plutôt moins que plus.
Ils oublient ces grands analystes politiques, et je crains que ce ne soit volontaire, qu'il y a une autre vision de la société qui prend en compte l'avènement du numérique, l'énorme puissance de cet outil, la raréfaction du travail, le fait que la croissance ne peut être infinie et qu'au centre de tout débat et de projet politique, l'homme et son bonheur doit occuper la première place.
Il y a pourtant à gauche comme à droite des personnalités qui prospectent cette voie, je pense à Benoît HAMON et à Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. Peut-être oublient-ils quelques aspects du problème, mais j'espère que leur raisonnement constituent les prémices d'une réflexion qui deviendra majoritaire.
Sortons enfin, avec les moyens énormes dont nous disposons, de cet impératif jusque là universellement reconnu qui fait passer le travail pour une nécessité absolue alors que ce n'est qu'un moyen de faire progresser la société et les biens dont elle a besoin. Ne pensons pas qu'il doit être la valeur repaire comme du temps du communisme, ou la règle imposée par le christianisme "tu gagneras ton pain à la sueur de ton front", pensons plutôt à son étymologie qui nous renvoie au supplice du pal.
Cela dit je ne fais aucunement l'apologie de l'inactivité ni de la fainéantise et pense que le travail nécessaire doit être effectué par tous, également réparti et fournir des produits équitablement distribués.
La question n'est pas de rien faire, mais de faire ce qu'il faut avec les outil dont on dispose et que chacun y prenne sa part.

jeudi 9 mars 2017

ALAIN JUPPE JETTE L'EPONGE

Dans son intervention télévisée du lundi 6 mars, Alain JUPPE a parfaitement décrit le paysage politique français ainsi que les  pratiques actuelles de tous les acteurs de la vie publique. Cela n'a rien d'encourageant.
Il a fait remarquer avec beaucoup d'opportunité qu'il ne représente plus ce que les français souhaitent, c'est à dire un président jeune et irréprochable.
Jusqu'au dernier moment on ne pouvait deviner sa décision. Allait-il accepter ou refuser d'être éventuellement candidat?
Après, dès le début de l'affaire Fillon, avoir fait savoir qu'il ne serait pas le dernier recours, puis s'étant ravisé, certainement en raison du désastre qui menace son parti, il avait dit alors qu'il ne se défilerait pas. Mais le spectacle offert par François FILLON le 5 mars au Trocadéro l'a certainement dissuadé, non pas en raison de l'importance de la foule, mais plutôt en raison de la vieille garde sarkozyste qui se bousculait pour apparaitre sur les écrans.
Alain JUPPE est bien trop fin politique pour accepter de gouverner la France si son parti lui impose d'intégrer dans son équipe des gens comme Erick CIOTTI, Luc GHATEL et surtout François BAROUIN dont il s'était rapidement débarrassé en 1995, en même temps que le "juppettes", lorsqu'il était Premier Ministre.
Il a définitivement accepté d'avoir manqué le rendez-vous avec l'histoire à plusieurs reprises, mais il juge certainement que sa sérénité et  celle de sa famille sont à ce prix.
Dans le contexte politique actuel, il est apparu comme un sage.