mercredi 8 mars 2017

TERMINER LE TRAVAIL

François HOLLANDE, sans le dire, a essayé d'orienter la politique française vers le social-libéralisme, après avoir osé proclamer que son ennemi était la finance.
Emmanuel MACRON, l'un des principaux conseillers du Président de la République, s'il n'en a pas été l'instigateur, a su habilement contribuer à la mise en pratique de cette évolution, il est maintenant candidat à la présidence de la République.
Contrairement à celui dont il a été le Ministre de l'Economie, il annonce clairement ses intentions. Il propose aux français le social-libéralisme, pour ne pas dire plutôt le libéral-socialisme, peut-être pour être moderne, un peu libertaire.
Ainsi pour se référer à une expression française bien connue, pour François HOLLANDE "cela va sans dire" alors que pour Emmanuel MACRON "cela va encore mieux en le disant". Reconnaissons que c'est plus honnête.

lundi 6 mars 2017

ENNEMIE DE L'OMBRE

Il y a longtemps que l'on sait que Martine AUBRY n'a aucune sympathie pour le programme d'Emmanuel MACRON, après avoir dit, dès son émancipation du hollandisme : "Emmanuel MACRON ras le bol".
Actuellement au moment où celui-ci est bien placé dans les sondages pour la course à l'Elysée, elle récidive sur BFM Tv, avec encore plus de violence pour le discréditer.
Il est évident qu'Emmanuel MACRON ne représente pas l'idéal politique de Martine AUBRY, certainement plus près de son père Jacques DELORS que d'elle. Mais, je ne crois pas qu'une attitude aussi négative soit de mise actuellement.
Comme bien des électeurs de gauche, elle pense que Benoît HAMON porte mieux les idéaux socialistes qu'Emmanuel MACRON, et nombreux sont ceux qui regrettent de voir la gauche aller à l'élection présidentielle en ordre dispersé avec l'échec pour seul horizon, mais ils n'y peuvent rien, en dehors de la seule possibilité qui leur est accordée de mettre un bulletin dans l'urne. Par contre, un personnage politique aussi important et aussi influent que Martine AUBRY aurait mieux à faire en essayant de recoller les morceaux dispersés de la gauche et en se présentant elle même au suffrage universel, plutôt que d'essayer de "dézinguer" comme le dit la presse, celui qui malgré tout est certainement , parmi les candidats susceptibles d'être élus, celui qui se situe le plus à gauche.
Si sur le plan des idées, Martine AUBRY n'est certainement pas la fille spirituelle de son père, elle l'est certainement lorsqu'il s'agit de prendre la responsabilité de briguer la présidence de la République.

VENTS ET RISEE

Les conditions dans lesquelles se déroule la campagne pour les élections présidentielles, en raison des problèmes juridiques de deux des principaux candidats, font souffler un grand vent de folie sur ce moment très important de la vie politique française. C'est inquiétant.
Un vent plus léger, tourbillonnaire, souffle sur certains soutiens d'un des candidats inquiétés par la justice, si bien qu'ils y perdent leur repaire, ne sachant plus quel candidat soutenir, passant facilement de l'un à l'autre. Sont-ils des girouettes? D'après Edgar FAURE, orfèvre en la matière, ce serait le vent qui tourne et non pas les girouettes. C'est choquant mais ce n'est pas surprenant.
Un vent encore plus léger, mais plus insidieux, une risée souffle partout dans le monde.Ainsi, l'élection présidentielle française serait la risée du Monde entier. C'est dramatique.

dimanche 5 mars 2017

LA COULEUR EST ANNONCEE

Dans un meeting tenu à Nantes le 26 février, Marine LE PEN s'en est violemment prise aux fonctionnaires qu'elle soupçonne de participer à "des coups tordus" à la demande du "personnel politique" pour "surveiller les opposants et organiser à leur encontre des persécutions". Elle les menace de devoir "assurer le poids de ces méthodes illégales" dans "quelques semaines" quand "le pouvoir politique aura été balayé".
Ainsi elle met en cause l'indépendance de la justice, soupçonne les fonctionnaires d'être au service d'une idéologie politique et d'être des agents du pouvoir.
Il semble pourtant que notre pays a connu sans arrêt des alternances politiques et que les fonctionnaires dont le statut garantit un emploi à vie sont restés à leur place malgré les changements de régimes. Seraient-ils donc alternativement des agents de la droite puis de la gauche?
Ces propos sont particulièrement inquiétants car ils constituent le socle du raisonnement qui vise à organiser, si par malheur le Front National arrivait au pouvoir, la chasse aux sorcières. C'est à ce moment là que les agents de l'état seraient obligés de se soumettre, de se démettre, de démissionner
ou de se révolter. Ne serait-ce pas pour cela que de nombreux élus du F.N., après quelques années , voire quelques mois d'expérience abandonnent leur mandat?

samedi 4 mars 2017

EMMANUEL MACRON EST-IL MODERNE ?

Récemment le journal Sud-ouest a publié une interview du très libéral Nicolas BOUZOU, essayiste spécialisé dans l'économie, au sujet du projet d'Emmanuel MACRON.
Il a trouvé ce projet intéressant et honnêtement chiffré, sauf en ce qui concerne les indemnités de chômage qui ne seraient plus réservées aux seuls salariés licenciés. Est-ce à dire qu'il critique seulement la mesure la plus à gauche proposée par Emmanuel MACRON?
Pour le reste, concernant la modernité du projet, il le trouve moins innovant que ceux de Benoît HAMON, Jean-Luc MELENCHON ou Yannick JADOT. C'est une appréciation qui s'apparente plus à une constatation qu'à un regret.
Ainsi, ce jeune candidat à l'élection présidentielle ne serait ni moderne ni innovant? Se contenterait-il de faire la synthèse de toutes les idées de droite comme de gauche, dont on nous a rebattu les oreilles depuis qu'on n'ose remettre en cause la dérive ultralibérale du capitalisme?
L'appréciation de Nicolas BOUZOU est particulièrement intéressante car elle induit l'idée, peut-être contre son gré, que la modernité est incompatible avec l'excès de libéralisme.

jeudi 2 mars 2017

LA GAUCHE APRES MAI 2017

Contrairement à ce qui se pratique habituellement où l'on dit que pour l'élection présidentielle au premier tour on choisit et au second on élimine, en 2017avec la présence quasi-certaine de Marine LE PEN au second tour, bien des électeurs seront dans l'obligation d'éliminer dès le premier tour.
A ce compte là il sera donc impossible de mesurer le poids politique des candidats dont l'élection sera peu probable, et c'est notamment le cas pour les candidats de la gauche s'il n'y a pas d'accord, comme c'est fort probable entre Benoît HAMON et Jean-Luc MELENCHON. Sans cet accord l'accès au second tour pour la gauche est quasi-impossible, si bien que les électeurs de Benoît HAMON qui voudront avant tout éviter un duel des droites LE PEN/FILLON, reporteront leurs voies sur Emmanuel MACRON qui leur paraitra être le moindre mal.
De ce fait, Benoît HAMON risque fort de pâtir de cette situation en réalisant un score bien inférieur à ce qu'il pourrait espérer dans d'autres conditions. Il se trouvera donc dans une situation très compliquée, car les membres du Parti Socialiste n'oublieront pas de lui faire remarquer ses mauvais résultats qui, somme toute ne seront que des résultats de circonstance, et qui n'auraient pas été meilleurs avec un autre candidat.
Cette analyse biaisée sera certainement suffisante pour que la recomposition de la gauche, qui devrait se faire compte tenu des résultats de la primaire, ne se fera pas car les dirigeants actuels du P.S. auront toute facilité pour montrer que l'aile gauche de ce parti n'a pas su porter la gauche à la victoire, sans tenir compte du fait que la réalité de l'échec viendra de la division de cette partie de l'échiquier politique.
On peut craindre alors qu'après mai 2017, les bancs de la gauche à l'Assemblée Nationale soient peu garnis et qu'en dehors de l'extrême droite il n'y ait la place que pour la droite ultralibérale et le centre libéral.
Beau résultat Messieurs les leaders de la gauche, face à une droite et une extrême droite fragilisées par les affaires, vous aurez été incapables de profiter de la situation. Je me souviens avoir entendu dire, il y a quelques années, que la droite française était la plus bête du monde, je crois qu'elle ne va pas tarder à être battue. Au moins sur ce plan là, la gauche aura gagné.

COMMENT COMPRENDRE FRANCOIS FILLON ?

François FILLON empêtré dans les affaires depuis plus d'un mois clame son innocence et fait preuve d'un sang froid et d'une détermination incroyable.
Il cherche par tous les moyens à échapper à la justice en ne reconnaissant pas la compétence du Tribunal National Financier, ce qui ne l'empêcherait pas, s'il avait raison, d'être jugé par d'autres instances. Ce qui paraît assez clair est qu'il cherche à gagner du temps, je n'en veux pour preuve que sa déclaration du premier mars où il reproche à la justice sa précipitation.
C'est là que je comprends mal son attitude. S'il est innocent, comme il le prétend, compte tenu qu'il veut accéder à la plus haute fonction de l'Etat, il devrait au contraire demander à être jugé le plus rapidement possible pour être blanchi avant le scrutin, et non pas imposer à la France, s'il était élu Président de la République, d'être gouvernée par un Chef d'Etat soupçonné de diverses malversations.
Son attitude est celle d'un justiciable ordinaire, apeuré à l'idée de devoir se rendre au tribunal, alors que la forte personnalité qui se dégage de son comportement actuel semble le mettre à l'abri de telles craintes.
Je comprendrais même que son parti engage une démarche auprès du Conseil Constitutionnel pour que l'élection présidentielle soit reportée de manière à ce qu'une partie importante de l'électorat ne soit pas représentée par un candidat sur lequel pèsent de tels soupçons.
Ainsi, cette élection sera toujours entachée de doutes qui ne seront jamais levés.
Si François FILLON est élu, la France aura-t-elle à sa tête un Président honnête et loyal ?
Si François FILLON est battu, l'heureux élu l'aurait-i été si les affaires n'avaient pas impacté cette élection ?
Si le Front National arrive au pouvoir, qui en aura la responsabilité ? Sera-t-elle due aux affaires ou sera-t-elle partagée ?
Nous nous dirigeons à petits pas vers un quinquennat dont il sera toujours possible de mettre en cause la légitimité.