samedi 7 janvier 2017

IMPORTANCE DE LA PRIMAIRE DE LA GAUCHE

Les débats actuels entre les candidats socialistes à la primaire de la gauche mettent en évidence, comme il est normal, les différences entre les programmes, mais devraient laisser entrevoir une possibilité de synthèse or, ce ne parait pas être le cas.
Avant les débats il était assez commun de croire qu'il y avait deux visions différentes de la société, l'une sociale libérale représentée par Manuel VALLS et Vincent PEILLON, l'autre dite socialiste traditionnelle représentée par Arnaud MONTEBOURG et Benoît HAMON.
Au fil des débats et des interventions des uns et des autres, les choses paraissent beaucoup moins claires.
Manuel VALLS représente toujours la ligne sociale libérale, mais essaie de se cacher derrière une nouvelle personnalité, en reniant éventuellement ses positions antérieures, moins agressive et moins rugueuse, pensant se présenter comme l'homme de synthèse, ce qui lui ressemble assez peu étant donné la fermeté dans laquelle il s'est toujours complu pour défendre des positions souvent minoritaires.
Vincent PEILLON parait être arrivé "comme un cheveu sur la soupe", pour jouer le rôle que François HOLLANDE devait assurer, c'est à dire celui du rassembleur autour d'une idée sociale libérale, car il n'avait jamais pris des positions aussi tranchées que l'ancien Premier Ministre, qu'il pouvait d'autre part gêner dans la course à l'investiture, ce qui aurait pu ressembler, pour le Président de la République, a une vengeance par procuration.
Arnaud MONTEBOURG est celui qui parait être le plus représentatif des idées traditionnelles de la gauche, teintées de protectionnisme, après avoir disparu de la vie politique pendant deux ans, au cours desquels on aurait pu penser qu'il croyait perdu le combat qu'il menait précédemment.
Benoît HAMON que l'on présente, parfois hâtivement, comme le plus pur représentant de la gauche traditionnelle, est en réalité celui qui cherche, pas toujours très adroitement, mais certainement avec beaucoup de conviction, à faire perdurer les idées de gauche dans une société entrain de subir d'énormes mutations. Ainsi, sans porter de jugement de valeur, il est certainement celui qui à le plus longtemps réfléchi avant de proposer un programme.
A la fin du débat des primaires, un vainqueur sortira, pourra-t-on dire qu'il représentera la synthèse des idées de la gauche? on peut en douter, mais quel qu'il soit, il aura été pas mal égratigné par ses concurrents. Peut-on alors croire que lors du scrutin présidentiel il récupérera toutes les voix auxquelles la primaire aurait pu le laisser espérer? rien n'est moins certain.
Si Manuel VALLS ou Vincent PEILLON arrive en tête, bien des suffrages se porteront sur Jean-Luc MELENCHON, et il y a de fortes chances que le second tour  voit un duel entre la droite et l'extrême droite.
Si par contre Arnaud MONTEBOURG ou Benoit HAMON sort vainqueur, alors ce sera Emmanuel MACRON qui récupérera des voix qui lors de la primaire s'étaient portées sur les autres candidats, faisant de ce dernier un participant possible au second tour de la présidentielle.
Ainsi, on peut penser que cette primaire de la gauche, qui aura certainement moins de succès que celle de la droite, pourrait avoir une incidence considérable sur le scrutin final.

vendredi 6 janvier 2017

GUERRE DE CROYANTS

François BAYROU, chrétien affiché, a vertement critiqué François FILLON sur I Télé à qui il reproche d'avoir dit:" Je ne peux pas porter atteinte à la sécu parce que je suis chrétien"
Quelle différence entre les deux hommes, l'un François FILLON instrumentalise la religion pour attirer à lui les voix des chrétiens, l'autre François BAYROU, tout en partageant les mêmes croyances religieuses, défend la laïcité. C'est tout à son honneur.
François BAYROU affirme qu'il "se refuse à considérer chrétiens, athées et agnostiques comme corps électoral", c'est une belle leçon d'anti communautarisme dont bien d'autres, religieux ou non devraient s'inspirer. Ce jugement mérite d'autant plus être pris en exemple qu'il vient de la part d'un membre revendiqué de la communauté chrétienne qui met les lois de la République et le respect des principes de laïcité au dessus de toute loi confessionnelle.
C'est cela être citoyen de la République.

jeudi 5 janvier 2017

TROUBLE PROFOND

Chaque année les premiers froids apportent à la télévision les premières images des sans abris devant passer la nuit dehors dans des températures glaciales. Chaque fois également ces images me choquent, me gênent, me troublent et par association d'idées en appellent d'autres.
Je revois la "jungle de Calais"et son démantèlement assez bien réussi par les pouvoirs publics qui ont trouvé des logements décents à des malheureux, cela me réconforte.
Je revois les Resto du Cœur et la Banque Alimentaire, j'admire les bénévoles qui s'en occupent tout en sachant qu'ils accomplissent une tâche qui devrait revenir au pouvoirs publics, cela m'interroge.
Je revois ces rayons de nourritures et gadget pour animaux dans les grandes surfaces, devant lesquels les clients hésitent de peur de ne pas acheter le produit convenant exactement à leur cher animal de compagnie, cela me gêne.
Je revois ces hôtels de luxe pour animaux, souvent enrubannés, cela me choque.
Je revois ces images d'expositions de richesses personnelles dépassant parfois celles de certains Etats, cela me hérisse.
Toutes ces images se mélangent et se brouillent dans ma tête en créant un trouble profond.
J'ai honte de notre société, j'ai honte de notre pays, je ne suis pas fier de moi.
Pourtant, je croyais avoir été un bon citoyen, m'inscrivant à un syndicat dès le premier jour de mon premier emploi pour y prendre ensuite des responsabilités. J'ai manifesté pour des causes nationales, étrangères et internationales. Je me suis engagé dans la marche de différentes organisations. J'ai participé à tous les scrutins qui m'ont été proposés, je ne me suis jamais abstenu. Bien que déçu, y compris lorsque le résultat me laissait supposer que j'avais fait le bon choix, je continuerai à me rendre aux urnes chaque fois qu'on me le proposera, mais je commence à me demander si c'est par devoir, réflexe, habitude ou pour avoir bonne conscience.

mercredi 4 janvier 2017

REVITALISATION DE LA DEMOCRATIE

L'Obs dans sa version numérique vient de publier une vidéo où il propose sept idées pour revitaliser la démocratie. On y trouve:
1-Mandat unique des élus non renouvelable.
2-Révocation des élus.
3-Tirage au sort des représentants du peuple pour tout ou partie de l'Assemblée
4-Loi participative: rédaction de lois par les citoyens (plate-forme numérique)
5-Référendum d'initiative populaire après pétition
6-Démocratie directe: pas d'élus, décisions prises par tous les citoyens réunis.
7-Financement participatif: les citoyens financent les projets de leur choix
Dans cette liste qui est constituée de propositions certes intéressante, il faut certainement faire un tri entre ce qui est applicable à un pays et ce qui pourrait être envisageable pour une collectivité locale , voire même un quartier ou un lotissement.
Mais plus important que cela, certains points font appel à un besoin d'information, d'éducation et de connaissances de niveau convenable, ce qui passe par une refonte complète de notre enseignement qui ne brille pas par son rang au sein du classement des pays développés.
Ainsi:
-Le point N° 1 (mandat unique) pourrait être appliqué en toutes circonstances
-Le point N° 2 (révocation des élus)  nécessite d'éviter des cabales partisanes et de savoir repérer les manœuvres de désinformations et les polémiques.
-Le point N° 3 (tirage au sort) ne peut s'adresser qu'à une société plus mûre, plus instruite et informée avec plus d'objectivité que celle que nous connaissons
-Le point N° 4 (loi participative) demande de fixer un seuil minimum d'adhésion à la proposition avant que celle-ci soit soumise à l'assemblée
-Le point N° 5 (référendum d'initiative populaire) exige que l'on fixe un seuil minimum de signatures, ainsi que leur répartition au vu de différents critères comme par exemple: géographiques, professionnels, classes d'âge...
-Le point N° 6 (démocratie directe) ne peut s'appliquer que pour des collectivités de tailles réduites
-Le point N° 7 ( financement participatif) s'apparente plus au financement d'un projet d'aménagement décidé par une collectivité d'habitation comme un quartier ou un lotissement qu'à une entité plus importante.
Mais, tout compte fait, si une société était capable de fonctionner suivant ce type de propositions, c'est qu'elle ferait preuve d'une grande maturité et d'une grande sagesse et, dans ce cas bien des systèmes pourraient lui convenir. On n'en est malheureusement pas là, et il ne faut pas confondre les outils, c'est à dire ce qui vient d'être évoqué, et l'ouvrage qui est le fonctionnement du pays.
Commençons simplement à réfléchir aux différents modes de scrutin pour faire en sorte que les élus soient ceux que la majorité des électeurs souhaite et ne pas laisser croire que l'artifice qui consiste à exclure les abstentionnistes et à ne pas comptabiliser les bulletins blancs soit le gage que l'heureux élu soit choisi par plus de 50% du corps électoral. 

mardi 3 janvier 2017

QUELLE CRISE ?

L'émission "C'dans l'air" du 31 décembre 2016 présentée par Caroline ROUX sur la 5 essayait de faire le bilan de l'année 2106.
Cynthia FLEURY était l'une des invités, elle a, à mon sens, fait preuve d'une hauteur de vue que l'on rencontre assez peu souvent actuellement, mais pour tout dire, cela ne m'a pas étonné.
Lorsque le sujet abordé a été celui de la crise mondiale actuelle, elle a réagi en tant que psychanalyste en expliquant, certainement mieux que je ne vais le traduire, que la crise dont on parle tant n'existe pas.
Pour elle une crise est par essence passagère, après avoir atteint son maximum elle disparait, or, actuellement ce que nous prenons pour une crise n'en n'est pas une, c'est un changement de société et dans ces conditions les sociétés réagissent comme les individus face à un obstacle.
Il y a ceux qui affrontent l'obstacle, prennent les dispositions nécessaires pour s'y préparer et mettent ensuite en œuvre des moyens nouveaux, pertinents et suffisants pour le franchir.
Il y en a d'autres qui ayant peur de l'obstacle et se sentant incapables de le franchir, se replient  sur eux-mêmes et essaient de s'installer dans une situation nouvelle avec de vieilles recettes inadaptées.
Pour Cynthia FLEURY notre société ferait partie de cette catégorie là. La peur de l'avenir et le manque d'imagination favorisent la montée des idées extrémistes qui recherchent des boucs émissaires, et constitue  des groupes qui se replient sur eux mêmes et sont conduits à l'isolement.
A titre d'exemple elle cite le problème de l'immigration. Il faut considérer ce phénomène comme un fait qui ne peut que se pérenniser pour de multiples raisons, politiques, économiques, climatiques... Il faut donc prendre cette situation en compte comme un problème à régler, car il est inévitable, en envisageant des solutions pour l'accueil des émigrés mais certainement pas en fermant les frontières pour générer des conflits de toutes sortes internes et externes.
Dans un domaine plus général elle s'est plainte, et elle a oh combien raison, du manque d'engagement des intellectuels dans la vie politique et a osé affirmer, face aux autre participants à peu près ceci: les cerveaux ont déserté la vie politique, je pense que cela ne vous a pas échappé.
Bravo Cynthia FLEURY, cela fait plaisir à entendre, il faut espérer que bien du monde vous entendra pour que vos propos fassent sortir la société de sa léthargie.

lundi 2 janvier 2017

LA MEMOIRE DES JOURNALISTES

A la télévision l'A2 produit actuellement "L'émission politique" au cours de laquelle cette chaine reçoit les principaux candidats à l'élection présidentielle.
La candidature subite de Vincent PEILLON a du poser des problèmes aux programmateurs si bien que ce dernier s'offusque de risquer de ne pouvoir être invité.
Je trouve étonnant que Vincent PEILLON ait une mémoire aussi défectueuse, ne se rappelle-t-il pas que lors d'une émission politique présentée par Arlette CHABOT, et dont il était l'invité, il lui avait fait faux bond à la dernière minute laissant celle-ci fort désemparée. Il est possible, mais non certain, que les caprices de ce Monsieur ne lui rendent pas service et que les journalistes aient plus de mémoire que lui pour éviter de recevoir un invité aussi imprévisible.
Au fait, sa candidature n'était-elle pas également imprévisible? Serait-ce un trait de son caractère qui lui permettrait de penser que son élection le soit aussi?

dimanche 1 janvier 2017

LE PARADIS VU PAR LES SAGES

En moins de deux semaines le Conseil Constitutionnel vient de retoquer deux propositions de loi.
-La première fois il s'agissait de la loi dite Sapin 2 qui voulait imposer aux multinationales de publier leurs comptes pays par pays  pour contrôler plus facilement l'évasion fiscale.
*Retoquée  au motif "d'atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprise".
-La deuxième fois, c'est au tour de la taxe dite "Google" d'essuyer le refus de cette docte assemblée. Cette fois le but était d'éviter" le détournement des profits... au détriment de l'état et de ses services publics, entreprises locales concurrentes et des citoyens" c'est à dire d'interdire de choisir le pays dans lequel une entreprise souhaite bénéficier du régime fiscal.
*Retoquée au motif que "l'administration ne peut avoir le pouvoir de choisir les contribuables qui entrent ou non dans le champ d'application d'impôt sur les sociétés".
En cette période où l'on sent monter de toute part une odeur de religiosité, les multinationales n'auront rien à craindre de l'atteinte à leurs paradis.
Bonne année quand même. 2017 sera une année sans impôt mais ça ne changera rien pour nous.      De quoi aurions nous droit de nous plaindre?