mardi 7 juin 2016

UNE ABSENCE A GAUCHE

Il y  a beaucoup de mouvement dans ce que l'on appelle "la gauche de la gauche". L'entente n'est vraiment pas cordiale mais des ponts existent.
Ainsi, Marie-George BUFFET et Clémentine AUTAIN assistent au meeting de Jean-Luc MELANCHON, Benoit HAMON rencontre Pierre LAURENT lors de la fête du Parti Communiste pendant qu' Arnaud MONTEBOURG reste à l'affut.
Tout ce monde voudrait bien s'allier mais chacun, soit en voulant être à le tête du regroupement, soit en pensant aux élections législatives, où le plus sûr moyen d'être élu est de s'associer au Parti Socialiste, bien que les places soient très chères et certainement rares, n'ose se prononcer.
Dans tout ce paysage une voix manque, celle de "Nouvelle Donne" portée par Pierre LARROUTUROU qui avait pourtant réussi, lors des élections régionales, à constituer une liste dans chaque région. Attend-il que le ciel s'éclaircisse ou se tient-il, faute de moyens, en dehors du débat? C'est bien dommage, car même s'il ne peut se présenter, il est une voix d'un économiste de gauche qui mérite d'être entendu, elles ne sont pas si nombreuses.

UNE LOI SCELERATE

Depuis déjà bien longtemps j'écris pour me plaindre de la politique du gouvernement vis à vis de la manière dont il veut modifier du code du travail et vois dans la loi "EL KHOMERI" une profonde malhonnêteté au détriment des travailleurs.
Quelle ne fut pas ma satisfaction de lire ce dimanche 5 juin dans le journal Sud-Ouest Dimanche la chronique de Jean Claude GUILLEBAUD apportant des arguments à ce que je pressentais sans que je sois capable d'aller chercher, faute de connaissances, chez les grands esprits les éléments dont j'avais besoin.
C'est en citant Alain SUPIOT juriste, professeur au Collège de France qui passe pour" le meilleur spécialiste français  du droit du travail" que Jean Claude GUILLEBAUD m'a fourni les éléments convainquant qui me manquaient.
Je ne commenterai, ni n'essaierai de modifier en quoique ce soit les citations que Jean Claude GUILLEBAUD a lui même rappelées. Je me contenterai de les rapporter ci-dessous.
- La loi El Khomeri "attise la course au moins disant social"
- "Les entreprises créent des emplois quand leurs carnets de commandes leurs permettent et non parce qu'-elles y sont encouragées par la perspective de pouvoir licencier"
- "L'une des causes de l'atonie actuelle de l'activité réside dans l'aggravation des inégalités, qui appauvrit un nombre croissant de citoyens et provoque la stagnation de l'économie"
- La loi El Khomeri a pour fonction d'envoyer aux marchés "les signaux qu'ils attendent, en diminuant les garanties juridiques dont bénéficient les salariés"
Puis, après ces arguments essentiels l'article insiste sur la différence entre les notions de "transformisme", formule avancée par un syndicaliste italien Bruno TRENTIN "qui consiste à s'adapter tant bien que mal aux conditions extérieures" et le "réformisme" qui "consiste à agir pour faire advenir une société plus juste qui fasse profiter le plus grand nombre du progrès technique"
Voilà, tout est dit. Je n'ai rien apporté au débat, j'ai simplement voulu que mes lecteurs profitent des informations que m'a fournies l'article que j'ai eu la chance de lire.

dimanche 5 juin 2016

EN SANDWICH

Malgré ses hauts revenus, et bien que je n'aie pas ses compétences, je ne voudrais pas être à la place de Guillaume PEPY.
Voilà un homme qui a été nommé par le gouvernement à la tête de la SNCF pour faire entrer celle-ci dans le jeu de la libre concurrence imposé par la dure loi des marchés, et qui se trouve désavoué par ceux qui l'on nommé parce qu'il leur reste quelques souvenir de ce qu'est le socialisme.
En réalité, pour imposer la loi "Travail", que François HOLLANDE considère comme un marqueur de son quinquennat, bien qu'il n'ait jamais proposé d'intervenir sur ce sujet dans son projet initial, il est prêt à désamorcer tous les conflits.
S'il pouvait avoir encore la bonne idée de proposer des lois qui mobilisent la rue, peut être que ses reculades successives l'amèneraient à mener la politique pour laquelle il a été élu.
Ainsi Guillaume PEPY se trouve "pris en sandwich" entre la politique que l'on lui demande de mener et celle que le gouvernement se trouve obligé d'appliquer.
Le vrai problème est que tous les décideurs hésitent entre deux voies sans issues: le retour au passé, mais les trente glorieuses ne reviendront pas, ou la fuite en avant vers de plus en plus de dérèglementation et de concurrence sauvage conduisant au creusement des inégalités et au pillage des ressources de la planète.
Un peu d'imagination Mesdames et Messieurs les politiques, prenez en compte le fabuleux outil que représente le numérique pour faciliter la vie et le lien social, au lieu d'avoir toujours pour seule ambition plus de productivisme, plus d'enrichissement des uns et d'exploitation des autres.
Mettez partout de l'éthique et de l'humanisme, les sages doivent prendre le pouvoir sur les ambitieux et interdire les effractions dans la vie privée dans les seuls buts mercantiles que les nouveaux outils permettent.

samedi 4 juin 2016

EN TANDEM A L'ELYSEE

Qu'ils étaient émouvants ces deux vieux copains se jetant des fleurs à la tribune du congrès des maires de France. Monsieur le Président François BAROIN invitait Monsieur l'ancien Président de la République pour se flatter mutuellement.
On les voyait en marche, l'un pour l'Elysée, l'autre pour Matignon comme s'ils avaient toujours eu des projets communs.
Mais, au fait, je suis mauvaise langue, ils en ont un, l'envie de faire échouer Alain JUPPE dans sa course à l'Elysée. Cet aspect négatif de leur contrat fait un peu vite oublier leur affrontement de 1995 lorsque l'un suivait aveuglément Edouard Balladur et l'autre Jacques Chirac.
L'ambition aidant, les choses ont bien changées, l'un a besoin de l'autre pour que la sympathie qu'il inspire fasse oublier ses récentes prestations et l'autre ne peut que suivre l'un car il ne se voit pas jouer les premiers rôles.
Ainsi se forme un tandem improbable, comme on le voit dans les courses handisport où l'on a suffisamment de sympathie pour le passager du tandem et ainsi souhaiter la réussite de l'équipage. Mais il ne faut pas oublier que dans la compétition qui se prépare, après les qualifications rien n'interdit au pilote de changer de passager.
Verrons nous donc arriver un tandem à l'Elysée comme nous avons vu récemment une cycliste quitter la place Vendôme?

LE SPORT ECOLE DE LA VIE

Jusqu'à ce jour je croyais que le sport par son esprit de compétition, la solidarité et l'abnégation qu'il impose était, comme on me l'avait appris, l'école de la vie.
Quelle ne fut pas ma déception de voir d'une part Nicolas DE TAVERNOST, propriétaire du club"Les Girondins de Bordeaux", trouver tout naturel de gagner 1,4 millions d'euros par an soit environ 100 fois le SMIC, sans se poser aucune question sur la disproportion entre son salaire et ceux des gens qu'il emploie, et d'autre part Karim BENZEMA, après s'être fait remarquer par les exploits non sportifs que l'on sait, se présenter en victime du racisme, parce qu'un sélectionneur qui pense que le sport doit être associé à une certaine éthique, s'est passé de ses services.
Un bon conseil: si cela vous plait faites du sport, mais restez amateurs.

vendredi 3 juin 2016

LE CHOC DES GENERATIONS

L'émission "L'angle éco" de François LENGLET de l'A2 traitait ce mardi 31 mai d "La guerre des âges".
Partant du principe que les revenus des retraités sont en moyenne supérieurs à ceux des jeunes actifs, tous les poncifs y sont passés en prenant comme cadre de l'émission une croisière de luxe fréquentée uniquement par des têtes blanches.
J'en cite quelques uns:
- La facilité d'accès à la propriété pour les babies-boomers.
- Les fonds de pension américains exigeant par leur actionnariat de fortes rentabilités des entreprises françaises les conduisant à se délocaliser.
- L'invasion des Iles Baléares par les retraités allemands , alors que les jeunes travailleurs espagnols vont apporter leur main d'œuvre à l'Allemagne.
- Le coût de la santé et des prestations sociales, etc. etc.
Le tout confirmé, sans apporter aucune solution par notre prix Nobel de l'économie Jean TIROLE.
Comble de l'absurdité, pour présenter des pistes de solutions suivant leur âge, les personnels politiques interviewés sont allés de Nicolas DUPONT-AIGNAN à Florian PHILIPPOT, on doit pouvoir trouver mieux comme échantillonnage.
De très nombreuses personnes ont été questionnées, mais, sans proposer de solutions, seules deux femmes ont simplement fait remarquer que le travail était totalement à repenser en raison de la performance des outils numériques, il s'agit d'Emmanuelle DUEZ et de Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, une troisième Aurélie FILIPPETTI, elle, proposait ce que l'on peut appeler l'internationalisation de l'enseignement.
A part cela, seul Joseph STIGLITZ, prix Nobel d'économie en 2001 a permis, par une intervention de deux minutes d'éclairer une pauvre émission de trois heures en expliquant que la cause de tous ces maux trouve son origine dans l'ultralibéralisme du modèle économique que Margareth TCHATCHER et Ronald REAGAN ont imposé au monde entier.
S'il fallait, après l'intervention des deux prix Nobel sus cités, une preuve que l'économie n'est pas une science exacte mais une discipline à la disposition d'une idéologie, en voilà une!

jeudi 2 juin 2016

NOUVELLE LUTTE DES CLASSES

On croyait cette notion en partie oubliée bien que l'on sache qu'une oligarchie financière accapare la  majeure partie des richesses sur terre.
Mais, voilà qu'un ministre dit de gauche se laisse aller à prendre des positions carrément hostiles à "la classe ouvrière"
Chacun peut faire par maladresse quelques erreurs et par quelques lapsus révélateurs exprime le fond de sa pensée, mais je crois qu'Emmanuel MACRON, puisque c'est de lui dont il s'agit, est trop intelligent et a suffisamment de sang froid pour que ses déclarations provocatrices ne soient pas innocentes et viennent rechercher auprès de l'électorat de droite les voix dont il peut avoir besoin pour accéder au pouvoir suprême sans encore en connaître avec précision l'échéance.
Il est utile de rappeler quelques unes de ces interventions pour que chacun puisse apprécier en quel estime cet homme de gauche tient les travailleurs.
-il a traité les ouvrières de GAD d'illettrées,
-il pense que l'autocar rendra les déplacements des "pauvres" plus faciles,
-pour lui la vie d'entrepreneur est souvent plus dure que celle d'un salarié,
-face aux grévistes en tee-shirts, il leur conseille de travailler plus pour se payer "un costard",
-il conseille aux jeunes français d'avoir envie de devenir milliardaires, car l'économie du net est réservée aux superstars.
Ainsi on ne peut être plus méprisant pour les illettrés, les pauvres, les salariés et les grévistes en exprimant clairement son choix de favoriser les élites.