dimanche 13 mars 2016

PROTHESES

Après que les vedettes du yé-yé aient, pour l'un hurlé et pour l'autre, aperçu la terre du haut du mat de son bateau, pour nous vendre des lunettes, c'est maintenant le moment de s'occuper de notre audition. L'âge aidant certains artistes se recyclent dans la publicité, avec une certaine crédibilité en raison de leur âge, pour nous vendre des prothèses auditives pendant que des émissions, plus sérieuses en faisant appel à certains médecins médiatiques, prennent le relai.
Soyons heureux, tout ce monde s'occupe de nous. Si ce n'est pas pour notre bonheur, c'est au moins pour nous vendre des prothèses.
Ainsi on ne devrait bientôt plus pouvoir dire comme Pierre DESPROGES: "Les aveugles lisent en braillant, au risque de réveiller les sourds".

samedi 12 mars 2016

TROP TARD

C'est en début de quinquennat et en prenant tout le temps nécessaire qu'il fallait traiter le problème du chômage en révisant le code du travail, au lieu de cela, on assiste à un épiphénomène de fin laborieuse de mandat où l'on demande à une jeune ministre de peu d'expérience de porter une loi, dont on dit, qu'il n'y a pas si longtemps que cela, elle ne partageait pas les idées.
Il est grand temps de siffler la fin de la récréation, trop tard pour bien travailler. Il faut essayer de sortir de cette impasse, soit en annulant le projet soit en y apportant une bonne dose de sécurité pour les salariés, et en faire une sorte de loi provisoire de transition. Le choix entre les deux méthodes dépendant certainement de l'importance de la mobilisation dans la rue.
Après, et dans mon esprit c'est pour le prochain quinquennat, il faudra constituer un équipe solide de réflexion, que je me garde bien d'appeler commission, tellement les propositions de ces structures sont si souvent enterrées.
Cette équipe me parait assez facile à constituer, mais elle doit l'être avec soin et discernement, car la vision et la pratique des hommes politiques est à cent lieues des réflexions des économistes, sociologues, philosophes et surtout des nouvelles structures de réflexion que sont les "think tank", qui savent prendre en compte l'évolution de notre société vers le numérique, et son incidence dans le monde du travail en se projetant vers l'avenir.
Cette équipe devra s'inspirer de ce qui se fait de mieux en d'autres lieux comme au Danemark, en Suède ou dans la Silicon Valley, et oublier de prendre pour modèle les pays dont on dit qu'ils ont choisi l'emploi plutôt que le chômage, mais qui ont créé des travailleurs pauvres.
Une fois le travail accompli, pour transférer son contenu vers les décideurs politiques, il sera certainement nécessaire de faire appel à des politologues et à d'excellents communicants.
Enfin il faut souhaiter le rajeunissement de la classe politique pour qu'une loi porteuse d'espoir en l'avenir la soit par ceux qui auront assimilés la puissance des nouvelles technologies, sans oublier que le bonheur de l'homme doit toujours rester au centre du débat.

vendredi 11 mars 2016

ENERGIES FOSSILES, RENOUVELLABLES, POLLUANTES OU NON

Si l'on classe les énergies par leurs sources de fonctionnement, il y a, d'une part, les énergies fossiles (houille, pétrole, gaz, uranium et quelques autres) et d'autre part les énergies renouvelables ( solaire, éolienne, hydraulique, géothermique...)
Si le classement se fait en fonction des critères de pollution, les énergies fossiles sont alors polluantes et les énergies renouvelables réputées propres. Mais, vis à vis de l'action sur le climat, l'uranium, élément de base de l'énergie nucléaire, change de catégorie.
Le nucléaire est de ce point de vue est moins polluant que le solaire à cause de l'énergie nécessaire pour construire les panneaux photovoltaïques, essentiellement produits en Chine, dont le charbon est la principale source d'énergie.
Tout le débat autour du nucléaire vient de là et des risques que l'utilisation du nucléaire fait courir.
Actuellement le nucléaire est à l'origine de bien des débats, et ce n'est pas nouveau, souvent stériles et pas toujours objectifs. L'affrontement entre deux de nos ministres en est la preuve ainsi la plainte de la Suisse craignant la pollution des eaux par la centrale de Bugey, alors que cette dernière est située, du point de vue hydraulique, en aval de ce pays.
D'autre part, les coûts exorbitants des centrales de nouvelle génération(EPR) commencent à faire que le doute s'installe chez les plus ardents défenseurs, voir la démission du Directeur financier d' EDF.
Le problème du nucléaire est notamment le traitement des déchets et les risques environnementaux qui peuvent être dus à des cause géologiques (séismes) ou climatiques (inondations).
Il me semble que pour le traitement des déchets on puisse faire deux observations:
- on n'a pas l'impression que cette importante question fasse l'objet de recherches priotaires,
- on reste, comme type d'exploitation de cette énergie, sur la fission nucléaire, alors que des chercheurs allemands viennent de provoquer la fusion nucléaire qui génère beaucoup plus d'énergie, beaucoup moins de déchets qui sont de plus moins actifs et de périodes plus courtes.
En ce qui concerne les risques environnementaux, en France il suffit de s'adresser au BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière) pour connaître les zones où le risque sismique est absent.
Pour les risques d'inondations, il est très facile de connaître le niveau maximal d'élévation des eaux en prenant les hypothèses les plus pessimistes du réchauffement climatique et d'en tenir compte pour mettre les centrales à l'abri de ce risque.
Reste la sécurité vis à vis d'une éventuelle agression ou d'un accident. Il existe des experts suffisamment compétents pour mettre au point des procédures sécuritaires, et des professionnels et chercheurs dans le domaine du génie civil pour construire des centrales invulnérables.
Encore une fois, j'ai l'impression d'assister à des batailles idéologiques et d'arrière garde qui font s'affronter des politiques avec des hypothèses du passé  et qui ne me donnent pas l'impression d'avoir confiance, ni en l'avenir ni dans le pouvoir de la recherche.
C'est comme cela qu'une société se sclérose.

jeudi 10 mars 2016

L'EPOPEE DU BANLIEUSARD

J'habite à 13 km du centre ville de Bordeaux, je dispose près de chez moi d'une grande surface de distribution.
Récemment mon épouse voulait s'acheter un vêtement, je l'ai accompagnée "en ville". En bon citoyen, j'ai pris le transport en commun pour ne pas accroitre la pollution des villes, bien que de toute façon on ne puisse ni circuler ni se garer facilement. J'étais tout content de respecter l'air du temps et d'essayer de fuir ces abominables temples de la consommation que sont les grandes surfaces.
Je suis parti de chez moi en voiture, car le bus qui passe à 200m de chez moi circule avec une fréquence d'une demi-heure, très gênant pour le retour, et me suis garé. Où? Sur le parking de la grande surface.
Après 10 minutes d'attente et 45 minutes de trajet, particulièrement inconfortable dans un bus articulé qui absorbe mal les chaos provoqués par le franchissement des ralentisseurs de vitesse, et qui balance les voyageurs de gauche à droite à chaque rond point, nous voilà en ville.
Apparemment les boutiques  et les grands magasins sont organisés pour vendre une marque et non un produit. Ainsi, si vous voulez une robe allez chez X ou chez Y où le vêtement vous sera présenté en peu  de modèles et en peu de tailles. Donc, impossible de s'adresser au rayon "robe", "pantalon", ou "veste" etc. ça n'existe pas.
Après un long périple, la lassitude aidant, nous sommes revenus "bredouilles" et mon épouse a trouvé son bonheur, savez-vous où? Dans la galerie marchande de la grande surface.                                   J'ai trouvé que ma bonne volonté n'était pas récompensée, ça ne peut venir que de moi, j'ai du mal m'y prendre.
J'ai réfléchi à une autre méthode, pourquoi ne pas vivre en ville, laisser la voiture dans un garage de banlieue utilisé un VTC ( je n'ai pas encore choisi entre Uber et un Vélo Tout Chemin), pour rejoindre ma voiture le jour où j'envisagerai de me déplacer hors de l'agglomération. Et les achats, comment régler le problème? Eureka, il y a  internet, mais tout compte fait ça ne me lave pas de toute culpabilité vis à vis du petit commerce. Et puis, pourquoi réfléchir à l'inaccessible, j'ai oublié que, n'ayant pas accès au logement social, la ville n'était pas à la portée de la classe moyenne si elle n'accepte pas de prendre le risque de voir son balcon s'effondrer.
Alors, je continuerai à vivre dans ma banlieue et je n'irai en ville que pour "sortir" le soir de préférence ou, peut-être pour des raisons économiques lorsque j'aurai besoin de médicaments non remboursés et trop couteux, car le seul exemple d'économie possible en centre ville, je pense, est de fréquenter une pharmacie du genre "discount" qui pratique des réductions allant jusqu'à 40% sur certains médicaments?
Zut! j'ai rechuté, me revoilà entre les mains de la grande distribution.
Et maintenant, au bout du compte, je regrette de ne pas avoir le talent d'un Jacques TATI ou d'un Pierre ETAIX pour décrire le fonctionnement de notre société.

mercredi 9 mars 2016

FRAUDE FISCALE

J'ai eu la satisfaction, en écoutant les informations du 4 mars, et en lisant la presse que notre administration des finances, en faisant la chasse aux fraudeurs, avait réussi à identifier 22,5 milliards de fraude fiscale. Mais, déception, immédiatement après, un commentateur faisait remarquer que l'on ne devait prévoir de récupérer que la moitié de cette somme, car des procédures, des arrangements et des négociations sont toujours possibles et indiscutablement envisageables.
Ceci m'a rappelé que lorsque j'étais en activité, bien que salarié, j'avais subi trois contrôles fiscaux. L'un d'entr'eux avait révélé que j'avais oublié de déclarer 900 francs, soit 135 euros, dus à la rémunération d'une participation à une action de formation. J'ai donc subi un redressement fiscal sans qu'une négociation ne me soit proposée.
Pour le fisc, il n'y a pas de petits profits, il n'y a que de grosses fraudes.

mardi 8 mars 2016

FAIT MAISON ET CIRCUIT COURT

J'apprécie de manger de la bonne cuisine plutôt que des plats surgelés ou réchauffés. Je comprends que l'on essaie de valoriser les circuits courts pour la distribution de produits alimentaires. Mais, je ne souhaite pas être naïf au point de croire que le respect de ces deux exigences soit obligatoirement un gage de qualité.
Il m'est arrivé dans un restaurant de consommer du "saumon fumé par nos soins", visiblement, si j'avais affaire à un professionnel de la restauration, ce n'en était pas un pour le fumage et encore moins pour la découpe, quant au saumon il avait bien du voyager. Une autre fois, un petit producteur du Bazadais m'avait fourni, par l'intermédiaire d'un ami, bien sûr, qui se flattait de le connaître, un fromage qui ne me fera jamais oublier la Normandie, l'Auvergne et la Savoie. Il m'est arrivé aussi de trouver en grande surface de l'excellent charolais et de fréquenter une petite boucherie vendant " les produits d'une association de producteurs" où le tournedos était plutôt ferme. Je consomme, par ailleurs, aussi bien du jambon de Bayonne que du Pata Negra, mais avec un faible pour ce dernier.
Ces exemples ne visent absolument pas à discréditer "les circuits courts" et "le fait maison" mais à faire remarquer que ce type d'étiquetage, tout en étant sincère, n'est pas une garantie de satisfaction, et, que comme toutes les bonnes intentions il peut-être victime de dévoiement.

lundi 7 mars 2016

"CE SOIR OU JAMAIS"

Je suis un téléspectateur assidu de l'émission "Ce soir ou jamais" de Fréderic TADDEÏ que je considère comme la meilleure émission de débat sur les problèmes de société.
Le sujet de ce vendredi 4 mars était bien évidemment le projet de loi sur la réforme du code du travail. Comme d'habitude, Frédéric TADDEÏ présentait les "pour" et les "contre". Traditionnellement, chacun campe sur ses positions, et il appartient au téléspectateur de se faire une opinion en appréciant la qualité et la véracité des arguments présentés.
Ce 4 mars, l'émission a pris une toute autre allure. A  deux exemptions près parmi les invités et sur lesquelles je reviendrai, il s'est dégagé une espèce de consensus. Les "pour" pensaient qu'il y avait de bonnes choses sur le plan de la flexibilité mais reconnaissaient que le volet sécurité était à traiter, les "contre" n'acceptaient pas que la flexibilité soit prioritaire, mais qu'une fois la sécurité acquise, la flexibilité pouvait être une bonne chose. Certains ont même avancé l'idée qu'en 15 jours, délai que le pouvoir s'est donné pour revoir sa copie, ces modifications étaient possibles.
Pour ma part, je pense que raisonner ainsi est répondre à un état d'urgence, certainement nécessaire, mais qui ne règle pas le fond du problème.
C'est sur cette idée que deux invités se sont distingués. Alain RENEAULT, philosophe canadien, pense qu'il faut refuser le carcan de la mondialisation qui n'est qu'un outil inventé par le capitalisme ultralibéral et financier pour réaliser et confisquer d'énormes profits non redistribués. Dania FOLLIPPOVA, économiste, insiste sur le fait que l'évolution de la société et l'avènement du numérique, avec sa puissance, nécessite de repenser complètement le monde du travail, et que tous les outils sont là pour que chacun trouve dans le travail un espace d'expression, de bien être et d'indépendance pour que l'on accepte la remise en cause de ses structures archaïques.
Sous ces deux angles là, on sort enfin du débat "à la petite semaine" qui consiste à mettre des pansements sur les blessures générées par la fin du XX° siècle et on s'engage enfin dans une vision positive d'une nouvelle société qui, qu'on le veuille ou non, se mettra en place. Participons y activement, ne laissons pas les pseudo élites le faire pour nous et confisquer de nouveau les nouvelles richesses que les progrès actuels peuvent laisser espérer.
Bien évidemment quand je parle de richesses, je ne regarde pas que l'aspect financier, car il est grand temps que l'homme ne soit pas jugé qu'à l'aune de l'épaisseur de son portefeuille.